Les territoires nocturnes de Niamey : entre recompositions spatiales des activités et nouvelles pratiques

Résumé:

Résumé

Niamey, ville capitale du Niger, aurait une population de 1 324 670 habitants en 2020, selon les projections de l’Institut National de la Statistique (INS). Elle occupe à elle seule 39% de la population urbaine du pays même si son rythme de croissance a baissé de 4,7 % entre 1988 et 2001 à 2,9% entre 2001 et 2012. Avec la croissance urbaine, le centre-ville continue de s’étendre sur les quartiers péricentraux qui voient leur fonction d’habitat laisser place à une fonction de services, ludique et de commerce. Désormais, les quartiers de la zone péricentrale sont le haut lieu de la vie nocturne où se créent marchés de nuit, espaces ludiques et divers territoires autour d’activités parfois souterraines. Aussi discrète soit-elle, la vie nocturne dans les quartiers périphériques mérite d’être scrutée. La présente étude est originale parce qu’elle apporte, pour la première fois, un éclairage sur la vie nocturne à Niamey en mettant en relief les territoires nocturnes de la ville Niamey. L’objectif est à la fois de raconter la vie nocturne de cette ville et d’interroger les territoires nocturnes qui s’y individualisent du fait du commerce, des activités ludiques, de la drogue, de la prostitution ou de l’insécurité. Cela passe par le recueil de divers récits à travers des entretiens semi-directifs avec des acteurs divers. Elle commande aussi d’établir une cartographie des territoires nocturnes en question. Les résultats montrent l’ignorance de la vie nocturne de la part des services municipaux, la présence de territoires diffus de la drogue et une recomposition territoriale des activités nocturnes qui ont tendance à quitter le centre-ville en faveur des zones péricentraux voire périphériques.

Abstract

As the capital city of Niger, the population is estimated to reach 1,324,670 inhabitants in 2020, according to projections by the National Institute of Statistics (INS). This population occupies 39 percent of the entire country urban space although its growth felt from 4.7 percent between 1988 and 2001 to 2.9 percent between 2001 and 2012. With urban growth, the city center continues to extend over the pericentral districts which see their function of habitat giving way to a function of services, games and business. Hense, the districts of the pericentral zone are the hotspot for nightlife where night markets, play areas and various territories are created around activities that are sometimes underground. As discreet as it is, the nightlife in the outskirts deserves to be scrutinized. The originality of this study lies in the fact that it brings to light the lifestyle taking place in Niamey by highlighting the nocturnal areas of the city of Niamey. The objective is both to tell the story of this city’s nightlife and to question the nocturnal territories that stand out there as a result of commerce, leisure activities, drugs, prostitution or insecurity. This involves collecting various stories through semi-structured interviews with various actors. It also requires the establishment of a cartography of the nocturnal territories in question. The results show the ignorance of nightlife on the part of municipal services, the presence of diffuse drug territories and a territorial reorganization of nightlife activities which tend to leave the city center in favor of pericentral or even peripheral areas.

Keywords: territories, nocturnal activities, city, Niamey, Niger

Introduction

D’après les projections de l’INS, la population de Niamey qui est 1 015 430 habitants en 2012, passerait à 1 324 670 habitants en 2020, puis à 1 535 448 habitants en 2025 avant d’atteindre 1 988 369 habitants en 2035. En 2012, les résultats du recensement montrent que la Ville de Niamey abrite à elle seule, 39,4% de la population urbaine du Niger (INS, 2014, p. 23), preuve que la macrocéphalie de la ville capitale du Niger persiste malgré la décentralisation. Niamey continue de croitre rapidement même si le taux d’accroissement intercensitaire annuel moyen baisse de 4,7% entre 1988 et 2001 à  2,9% entre 2001 et 2012 (INS, 2014, p. 23).

Cette croissance démographique va de pair avec la croissance spatiale marquée par un étalement urbain dû à une mobilité résidentielle centrifuge des ménages et aux lotissements effrénés. La ville fait un périmètre de 87 km et une superficie de 34 496 ha en mars 2020 d’après nos estimations à partir de Google Earth pro. Cette croissance spatiale a été aussi soutenue par les réalisations d’équipements et infrastructures dans le cadre du programme Niamey Nyala1. On peut citer entre autres trois échangeurs, des espaces squares, la réhabilitation d’infrastructures routières, l’électrification des grandes artères avec des lampadaires solaires.

Avec la croissance urbaine et les réalisations du programme Niamey Nyala, la vie nocturne prend de plus en plus de l’ampleur. Ce qui occasionne l’émergence de nouvelles pratiques nocturnes et la cristallisation de territoires nocturnes autour de la drogue, du bruit, du commerce et de l’animation. Dans ce contexte, il est plus qu’indispensable d’étudier les territoires nocturnes de Niamey en interrogeant les recompositions spatiales des activités et  les nouvelles pratiques. En effet, il s’agit d’une étude qui met en exergue les dimensions variables de la nuit en abordant le vécu des usagers et les urbanités, en mettant l’accent sur les effets du programme d’aménagement de la ville de Niamey, le développement de l’éclairage public et l’absence de planification de vie nocturne.

Cette étude se justifie par le fait que la vie nocturne prend sans cesse de l’importance à Niamey et qu’elle mérite d’être explorée et interrogée car, comme le précise le rapport de l’Union des villes suisses (2012, p. 6), « la question de la vie nocturne est en effet, aussi, une question du vivre ensemble » mieux on y lit que « la vie nocturne influence la qualité de vie de cette même ville » (L’Union des villes suisse, 2012, p. 7). Comment donc assurer une qualité de vie aux citadins en ignorant une dimension importante de leur existence ? Et pourtant, comme le souligne L. Gwianzdzinki (2018), dans le Bulletin Internet Fabula,

« rares sont les chercheurs qui aient trouvé le sujet digne d’intérêt et plus rares encore sont ceux qui l’aient abordé comme un objet géographique ». Cela est d’autant plus curieux que cet auteur, parmi les précurseurs de la géographie de la nuit, a bien attiré l’attention des gestionnaires de la ville et autres chercheurs sur le développement des activités nocturnes qu’il exprime en ces termes :

« Depuis le début des années 90 et quels que soient les pays ou les cultures, on assiste bien à une colonisation progressive de la nuit par les activités économiques : mise en lumière, développement des commerces, guichets automatiques, services 24h/24… » (L. Gwianzdzinki, 2007, p. 1).

1 Programme politique d’aménagement de la ville de Niamey initié par le président de la République du Niger de 2011 à 2020.

Malgré cela chercheurs et planificateurs africains restent muets et ignorent cette dimension de la vie urbaine qui prend de l’importance. Scruter la vie nocturne des villes africaines pourrait pourtant donner lieu à des découvertes intéressantes car comme le précise F. Thomas (2016, p. 10), « le prisme des sociabilités et des loisirs urbains nocturnes s’avère pourtant très fécond pour éclairer les enjeux liés à la production des citadinités dans ces espaces.» Ces enjeux sont cruciaux qu’il y a lieu de s’y appesantir et c’est ce que le présent article prétend dans un contexte où le débat sur la vie nocturne dans la ville de Niamey est quasi absent. L’étude s’appuie sur le postulat selon lequel la dynamique socio-spatiale de la ville de Niamey a engendré des mutations fonctionnelles du centre-ville et l’intensification des activités nocturnes.

1.    Méthodologie

L’observation du terrain s’est étalée sur quatre nuits du vendredi 6 au lundi 9 mars 2020. Les vendredi et samedi soirs sont les moments les plus animés en termes d’activités nocturnes dans la ville de Niamey. Par contre, la nuit du dimanche, qui est aussi veille d’un jour ouvrable et la nuit du lundi, qui est aussi jour ouvrable, présentent un contraste par rapport aux nuits précédentes ; ces deux nuits sont en effet peu animées comparativement à celles du vendredi et du samedi. Cela permet de voir la vie nocturne de la ville sous deux visages différents. La méthode consiste à se rendre dans le centre-ville, la zone péricentrale et la zone périphérique pour déceler les constances et les ressemblances entre ces lieux.

Pour ce faire, des personnes bien indiquées sont mises à contribution pour collecter des informations purement qualitatives. Il s’agit des taximen qui ont une parfaite connaissance de des espaces urbains dont ceux en lien avec notre centre d’intérêt. Concernant ces cibles, il a été jugé plus opératoire de sillonner les 5 Arrondissements communaux avec 5 taximen permanenciers qui assurent le service de minuit à 6 heures du matin. Un contrat de circulation sur la base d’un plan préalablement établi leur a été proposé, à raison d’un conducteur de taxi par commune. Les 5 taximen ont été mis à contribution pour, d’une part, faciliter le circuit dans chaque Arrondissement communal et, d’autre part, répondre à nos questions. Cette démarche a permis de rencontrer, sur les lieux d’activités nocturnes, des gens qui ont accepté d’être interviewés. Cette étape a aussi permis de relever de nouvelles pratiques nocturnes et d’observer l’explosion de l’offre et la demande de services nocturnes.

Par ailleurs, deux responsables de la gestion urbaine de Niamey ont été enquêtés à savoir : le Directeur Général du Développement et de la Prospective Ville et le chef du service de la planification. Ces responsables sont supposés connaître les lieux d’activités aussi bien diurnes que nocturnes. En outre, cinq commissaires de police, à raison d’un par Arrondissement communal, ont également été interrogés. L’implication de ces responsables policiers se justifie par le fait qu’ils connaissent, mieux que quiconque, les espaces de toutes sortes activités dans la ville. L’enquête a concerné aussi deux agents de station services TOTAL, deux propriétaires de salon de coiffure, cinq prostituées, ainsi que trois boutiquiers. Dans l’exercice de leurs fonctions respectives, ces personnes cibles travaillent la nuit, soit volontairement, soit par contrainte contractuelle.

A cela s’ajoutent les focus groupes avec neuf fadas (lieu de rencontre des jeunes), dont trois dans le quartier populaire du centre-ville de Lacouroussou, trois dans le quartier péricentral de Kalley nord Abidjan (plus précisément au quartier Soni) et trois dans le quartier périphérique de Dar es-Salaam. Pour les dealers, nous avons eu recours à deux clients qui ont accepté l’entretien. Ce qui fait au total 30 entretiens visant à raconter la nuit à Niamey afin d’en faire récit. L’exploitation des données qualitatives a permis de faire la cartographie des territoires marqués par les activités nocturnes. Avant de présenter les résultats de travail, il y a lieu de présenter la zone d’étude.

La ville de Niamey s’étend sur 239 km2 entre 13°20 et 13°35 de latitude Nord et entre 2°00 et 2°15 de longitude Est. Elle est située dans la partie ouest du Niger. Enclavée dans le département de Kollo, la ville de Niamey est limitée au nord-est par le canton de Hamdallaye, à l’est par le canton de Liboré, au sud par le canton de Lamordé et la commune rurale de Youri et à l’ouest par celui de Karma (carte n°1).

Carte n°1 : Carte de localisation de la ville de Niamey

2.    Résultats

2.1.           Les recompositions spatiales des activités nocturnes

2.1.1       Dualité de la vie nocturne de Niamey avant les années 2000

L’évolution de la ville de Niamey est marquée par une recomposition des espaces de travail, de mobilité et de loisir nocturne. Jadis, la vie nocturne à Niamey présentait deux visages distincts : le centre-ville animé jusqu’au petit matin et le reste de la ville qui dort.

En effet, jusqu’au milieu des années 1990, le centre-ville concentre le travail de nuit du fait de la concentration des services publics et privés, de la présence de l’hôpital national et autres centres de santé assurant une permanence nocturne. Il concentre également l’éclairage public et les lieux de loisirs et ludique de renom. C’est aussi le lieu des grands restaurants comme celui de la petite restauration nocturne. A partir de 22 heures, les prostituées commencent à coloniser, au compte-gouttes, les rues plus ou moins sombres pour la discrétion des clients. Il faut partir au centre-ville de Niamey où se trouvent toutes les boites de nuit, les grandes discothèques ainsi que les bistros et autres bars-dancing tels que ‘‘la Croisette ’’, Cristal … formant la « rue de la joie. » Toutes ces composantes font que le centre-ville de Niamey polarise jeunes et adultes des quartiers péricentraux et périphériques.

Dans ces quartiers, l’atmosphère de la vie nocturne est tout autre. En effet, la vie nocturne des quartiers péricentraux est ponctuée de rares marchés de nuit (Yantala Tchini Habou2, Talladjé Kokorbado) dont l’animation s’arrête généralement à minuit. A cela s’ajoute la présence des fadas de jeunes du quartier qui jouent la musique à fond autour du thé. Il n’est pas rare d’y trouver une ou deux fadas le long d’une rue mal éclairée avec souvent un tapage  insupportable qui perturbe la quiétude des paisibles citadins avoisinants. Lieu d’insertion sociale pour les jeunes du quartier, la fada est animée par la musique, les causeries et divers jeux. Elle est parfois un espace de pratiques délinquantes. Pour tenir toute la nuit, les jeunes posent du thé et souvent préparent du riz ou du haricot. Plus on va vers la périphérie, le nombre de fadas diminue puisqu’on rentre dans le domaine du grand silence des territoires  qui dorment dès 22 heures. Les quartiers manquent d’éclairage public ; en plus le tissu urbain n’est pas continu car on note beaucoup de parcelles vides ou en chantier. C’est le domaine prisé des voleurs car même la patrouille de la police s’y hasarde rarement à cause des rues sablonneuses non aménagées.

2 Terme qui veut dire « marché de nuit » en langue Zarma

2.1.2       Diffusion des activités nocturnes entre 2000 et 2010

Au début des années 2000, progressivement le centre-ville perd le monopole des activités et de l’animation nocturnes. A cette période, le centre-ville est, de plus en plus, soumis à des mutations foncières et fonctionnelles. La fonction d’habitat des quartiers centraux comme Zongo, Lacouroussou, Maourey, Daizeybon, Banizoumbou, recule au profit de grands chantiers d’immeubles de trois à quatre étages surplombant l’habitat traditionnel taudifié. Ces chantiers durent souvent quatre ans et constituent un hiatus dans le paysage normalement continu du centre-ville. Une fois construits, ces immeubles reçoivent plutôt des commerces et autres services dont la plupart ferment le soir. Par ailleurs, la rue de la joie a perdu de l’influence avec la disparition du bar dancing « Croisette », de la boîte de nuit Takoubakoye, de la salle de projections de films (Vox) et autres lieux ludiques dont plusieurs bars restaurants qui en constituaient le pôle de l’animation. Ensuite, avec le recul de la fonction résidentielle, les quartiers du centre-ville perdent le statut de lieu d’accueil pour les contingents de migrants qui viennent à Niamey pour s’adonner, entre autres, au petit commerce informel dans les rues.

Pendant ce temps, les commerces et les activités ludiques se déploient, au fur et à mesure, dans les quartiers péricentraux qui sont en cours de densification. Sous l’effet de la densification, les quartiers de la zone péricentrale expriment un besoin énorme en matière de services urbains de jour comme de nuit. Aussi, restaurants chics, bistros, petits commerces, salles de jeux, marchés privés, bars et hôtels, artisanats… viennent s’ajouter à la nuit des fadas. Les prostituées commencent à personnaliser des rues jadis désertes pendant la nuit. Quant à la circulation automobile, elle reste soutenue jusqu’à 22 heures plus au centre et à 20 heures à la lisière du péricentre.

Des bars voient le jour dans les quartiers péricentraux voire périphériques. A cela s’ajoute le développement de la vente en détail de l’alcool avec l’apparition de « cave de vin » en plein quartier. En outre, avec l’étalement de la ville, il y a eu beaucoup de stations-services y compris dans la grande périphérie. Ces dernières servent également de magasins d’alimentation. Désormais, on note une diffusion des activités nocturnes au niveau du centre- ville et de la zone péricentrale. Cependant, les quartiers périphériques restent encore peu animés au-delà de 22 heures.

2.1.3       Explosion des activités nocturnes à partir de 2010 avec la mise en place de nouvelles infrastructures

En plus de l’uranium, le Niger devient pays pétrolier en 2008. Selon la Banque africaine de développement, la croissance du PIB réel est de 6 % en moyenne sur la période 2016–2018 (…). Elle précise que

« malgré les avancées obtenues dans l’éducation et la santé, et une réduction de la pauvreté (de 48 % en 2011 à 40 % en 2016), les principaux indicateurs de développement humain restent faibles. Le taux de chômage, qui est plus marqué chez les jeunes, est passé de 13 % en 2011 à 17 % en 2017. »3.

3 Banque africaine de developpement, …Perspectives économiques au Niger, www.afdb.org › west-africa › niger › niger-economic-outlook

La croissance économique a favorisé  la réalisation de plusieurs investissements dans les grandes villes du pays à travers les fêtes tournantes du 18 décembre, date anniversaire de la proclamation de la république et pour ce qui concerne Niamey, on parle du Programme Niamey Nyala.

Le Programme Niamey Nyala est un programme politique conduit par le Président de la République pour la capitale. Il vise le décongestionnement, l’embellissement et la salubrité de la ville. Aussi, prévoit-il l’aménagement et le bitumage de 70 km de voirie dont le lancement a eu lieu le 15 Janvier 2015. Tour à tour, des échangeurs ont été construits pour une bonne mobilité dans la capitale :

  • le premier échangeur est celui du Carrefour du Boulevard Mali-Béro et de l’Avenue  du Zarmaganda, (2011 à 2013) ;
  • le deuxième échangeur, celui de la place des Martyrs et ses voies d’accès, (2014 à 2016).
  • le troisième échangeur comporte la construction de trois grands ouvrages, notamment

« l’Echangeur Diori Hamani » à trois niveaux au carrefour Ecole DIORI, avec un passage souterrain, long de 126 m ; un pont-cadre à la traversée de l’agglomération du marché Katako pour séparer le flux du trafic en transit et celui à destination du marché, long de 36 m ; et un pont à poutres métalliques sur le ravin de « Gountou Yéna », dans le prolongement du Boulevard de la Liberté, long de 90 m.

A cela s’ajoute l’aménagement du canal de « Gountou-Yéna », la construction de quatre passerelles pour piétons, la construction et l’aménagement des voies de déviation (6,4 km dont 2,6 km de routes neuves et 4 km en renforcement), l’aménagement de trois parkings pour assurer le stationnement des automobiles et la construction d’un troisième pont sur le fleuve Niger (M. Oumarou et M. Souley, 2017 4).

4 Source : http://lesahel.org

Le programme Niamey Nyala a aussi eu comme conséquences la diffusion de l’éclairage public qui n’est plus une exclusivité du centre administratif et des grandes artères des quartiers populaires centraux. Désormais, les grandes rues de la zone péricentrale voire périphérique, l’emplacement des échangeurs, des places publiques Wifi, des marchés privés, etc. sont dotés d’alignements de lampadaires.

Parallèlement, les nouveaux milliardaires et la diaspora continuent d’investir dans les quartiers centraux et péricentraux en érigeant des immeubles de deux à trois étages accueillant commerce et autres activités tertiaires. Le phénomène est perceptible même sur les grandes artères de la zone périphérique de la ville. Ainsi, activités de vente de véhicules, supermarchés, boulangeries pâtisseries, restaurants huppés, ateliers de maintenance électronique, sièges d’ONG ou projets de développement, etc., foisonnent dans les rues aussi bien au centre-ville qu’à la périphérie. L’idée de la périphérie qui dort à 21 ou à 22 heures semble désormais révolue.

Dans ce contexte, la vie nocturne prend de plus en plus de l’ampleur et la diffusion des activités gagne la périphérie avec des marchés de carrefour tandis que la vie des fadas se renforce avec nuisances sonores et activités délinquantes (consommation de stupéfiants, petits larcins, etc.) La prostitution, loin d’abandonner ses territoires traditionnels tend à se répandre surtout dans la zone péricentrale. Quant à la consommation de la drogue et autres stupéfiants, longtemps restée l’apanage des hommes et circonscrite aux zones sombres, elle se démocratise et ne concerne pas que les habitants des zones sensibles. Des jeunes filles sans pudeur s’y adonnent aussi. La dépravation des mœurs tant décriée dans les articles de journaux de la place s’affiche de jour comme de nuit et y compris les filles qui ne se cachent plus pour prendre l’alcool ou la drogue en pleine rue.

Cette explosion des activités nocturnes entraine l’émergence de nouvelles pratiques et, en plus de la diffusion des activités sur l’ensemble de la ville, la cristallisation de territoires nocturnes autour de la drogue, du bruit, du commerce, de l’animation, etc.

2.2.           Les nouvelles pratiques

2.2.1.        Les Fadas

F. Boyer (2014, p. 2) fait la genèse des fadas en écrivant ceci : « Proprement urbain, le phénomène des fadas est apparu dans la capitale nigérienne à partir des années 1990 à la suite de la Conférence Nationale. » Après avoir fait cette genèse, l’auteure définit les fadas en ces termes : « Groupes aux formes et à l’organisation polymorphes, les fadas peuvent s’appréhender comme des espaces autres ; se réunissant à la nuit tombée, elles mettent en question  le  jeu  de  la   visibilité  /   invisibilité  de  la  jeunesse  dans   l’espace  urbain»     (F. Boyer, 2014, p. 3). En effet, à la tombée de la nuit, au moment où certains commerces et autres kiosques ou marchés ferment, l’animation nocturne se rabat sur les quartiers populaires du centre-ville dans lesquels la rue sert de lieu de rendez-vous coquins pour les amoureux. Généralement, c’est le jeune homme qui se rend chez sa copine. Aussi, à la devanture de la maison, aperçoit-on la silhouette du couple sous la lumière faible des rares ampoules.

Les fadas, réunion sans objet particulier, sont constituées de jeunes hommes, écoliers, étudiants, chômeurs, sans emploi. Ils se rencontrent notamment le week-end entre amis pour une veillée qui peut aller jusqu’à 3 heures voire 4 heures du matin. Cette veillée se fait autour du thé (la théière sur le braséro) souvent accompagné d’une préparation de soupe de haricot, parfois mélangé à de la semoule de manioc (garin rogo).

Ces jeunes issus de familles modestes n’ont pas les moyens d’aller en boîte de nuit ou de fréquenter les restaurants chics de la ville. Pour ces jeunes de quartiers pauvres qui ne disposent pas de gymnases et qui n’ont pas les moyens de s’inscrire dans un club quelconque, la nuit est aussi le moment de s’adonner à la musculation (haltérophilie). L’enjeu est de développer ses muscles pectoraux et biceps pour mystifier les autres dans un quartier où la loi du plus fort règne. Pour ce faire, les jeunes conçoivent eux-mêmes des haltères avec des matériaux de récupération (barre de fer, ciment, boîte de lait, etc.)

En tout cas, cette veillée à un double avantage d’abord, elle permet de se distraire avec ses amis en «tuant le temps», ensuite elle permet aux jeunes désœuvrés, fils de pauvres d’aller au lit seulement à trois heures ou quatre heures du matin pour ne se réveiller qu’à 11 heures. Ce qui évite d’avoir à chercher un petit déjeuner qui n’est pas toujours garanti (qui dort déjeune). En plus, cette heure est proche de l’heure du repas de midi, que le père de famille s’efforce d’assurer généralement.

Pendant la veillée, les jeunes font également du tapage nocturne. Leurs cris et pas de danses, la musique (reggae, rap, artistes locaux) qu’ils mettent à fond avec des amplificateurs de son, constituent des facteurs de bruit dérangeant des riverains qui sont généralement leurs parents.

« A 200 voire 300 m, on entend les décibels de leur boucan » déclare un habitant du quartier Soni (Kalley-Nord Abidjan). Ce bruit est interrompu quelques fois par le passage de la patrouille de la police qui met tout le monde sur ses gardes aux heures indues.

Moyennant une somme modique, symbolique permettant seulement d’acheter du thé et de faire le watcha (soupe de haricot ou haricot mélangé à du riz) pendant la veillée, les jeunes servent de main d’œuvre pour assurer la vidange des fosses septiques placés généralement à la devanture de la maison. Cette fosse, qui peut être à ciel ouvert ou recouverte de simples morceaux de tôle ou de dalle défectueuse, est ainsi vidangée en pleine nuit. L’eau vanne, recueillie avec un vieux sceau ou un bidon usé mini d’une corde, est finalement déversée dans la rue et son odeur nauséabonde se répand dans tout le voisinage. Sinon, l’eau du puisard  plein ruisselle pendant plus d’une semaine, rendant la rue impraticable pour celui qui n’est pas du milieu. La vidange du puisard pollue l’air du quartier et la rue qui sert aussi de « dortoir » pour les jeunes hommes.

Durant la veillée, les jeunes assurent de facto la sécurité du quartier car leur présence dissuade les malfrats. Il leur arrive de pourchasser de probables malfrats en s’érigeant en groupes ou brigades d’autodéfense. Cela tourne parfois au drame suite à une bavure car ils peuvent frapper à mort le suspect. Ils ne prennent jamais l’initiative de le livrer à la police, préférant la justice populaire.

2.2.2.      De la fada au mercenariat

Le problème d’éducation fait que beaucoup de jeunes des quartiers populaires quittent l’école très tôt et n’ayant pas d’emploi, ils versent dans la délinquance en faisant du quartier leur territoire. De jours comme de nuit, ces jeunes sont dans le quartier ; ils n’en sortent que rarement. Leurs présences se manifeste à travers les rapts, l’abus de la drogue appelée « crack » et du « chicha ». Frappés par le chômage, ils s’adonnent au petit larcin dans le quartier et parfois à des scènes de viol collectif sur des filles du quartier ou du voisinage. Ces jeunes qui ont vu leurs parents évoluer dans le chômage ou vivre avec des petits métiers, ne témoignent aucun intérêt pour la recherche d’emploi.

La cour de l’école du quartier (Exemple de l’école Balafon) qui servait de lieu de répétition pour les élèves et étudiants tend à devenir un lieu de consommation de drogue et de débauche. La directrice de l’école Balafon s’en plaint énormément d’ailleurs. Pour gagner de l’argent, certaines fadas se lancent dans le mercenariat. Ils servent ainsi de mercenaires pour les noctambules fortunés (fils à papa) et même les hommes politiques véreux qui voudraient éliminer un adversaire.  Ces jeunes offrent leurs services moyennant une somme modique    30 000 à 60 000 FCFA pour frapper à mort la ou les personne(s) ciblée(s). Par exemple, quand il y a une crise de leadership dans un parti politique, chacun amène ses mercenaires (fadas) loués dans les quartiers populaires pour intimider l’adversaire ; car ces jeunes aux pectoraux et aux biceps gonflés sont extrêmement violents. De ce fait, ils arrivent à faire parler d’eux en défrayant la chronique avec de multiples faits divers.

2.2.3.      Prolifération de l’activité de gardiennage

Pendant la tenue de la Conférence Nationale Souveraine en 1990, des mesures gracieuses en faveur de plusieurs détenus de la prison civile de Niamey furent prises. Cette Conférence a mis en cause le rôle de la police dans la répression et la corruption pendant le régime d’exception (1974-1990). Ainsi, la dénonciation de la police a eu pour conséquence sa démobilisation qui favorisa la constitution de bandes de malfrats opérant de jour comme de nuit. Les délits et les infractions de toutes sortes se sont multipliés, face à la faiblesse des moyens de la police et un Etat économiquement affaibli contraint à l’austérité budgétaire. Cette situation a favorisé l’émergence des stratégies sécuritaires alternatives dont la mise en place des sociétés privées de sécurité au Niger, particulièrement dans la capitale Niamey où leur nombre passe de deux en 1995 à 29 en 2005. Au mois de mars 2014, le Niger en comptait 106 selon la Direction de la Sécurité Publique du Ministère de l’Intérieur et plus de 80% ont leur siège à Niamey (H. Abdou, 2016, p.14).

Leurs domaines d’intervention sont le gardiennage, l’entretien et la désinsectisation (GED services); la gestion des parkings privés (Turki Services); la sécurité, l’incendie, le gardiennage, la vente et la recharge des extincteurs (EPSIG); la sécurité industrielle, l’escorte et la protection des hautes personnalités, le gardiennage des bâtiments publics et privés et la couverture des manifestations sportives et commerciales (SPAN), la formation et  le  recyclage des vigiles (Kariya, Kabrin Kabra), etc. (H. Abdou, 2016, pp. 20-23). Aussi, dans son numéro paru le 18 avril 2011, Jeune Afrique y consacre un article, dans un dossier dédié au Niger. Cet article présente ces sociétés comme un business de la sécurité en parlant d’un marché de la sécurité orienté vers des institutions nationales et internationales ainsi que des particuliers. D’après ce journal, les tarifs mensuels vont de 75 000 à 300 000 F CFA (115 à 457 euros) par agent, en fonction de son profil, de son équipement, généralement composé d’une matraque, de gaz lacrymogènes et de menottes (photo n°1). En réalité, ces dernières assurent des services variés comme le gardiennage, la sécurité, la vidéosurveillance, la manutention, le placement, etc.

Photon n°1 : Agent de sécurité d’une société de gardiennage

Source : SOGES Niger, 2018

Source : SOGES Niger, 2018

A côté de ces agences de sécurité formelles, il y a le secteur informel très sollicité par les particuliers qui louent les services d’un gardien qu’ils hébergent chez eux moyennant une modique rétribution. Souvent celui-ci s’installe avec sa famille dans la maison ou  dans l’office en question. Dans ce cas le gardien dispose d’armes blanches (coutelât, gourdin, machette, etc.) et des gris-gris ou talisman pour avoir la protection des génies et de dieu face aux voleurs et autres malfrats. A cela s’ajoutent les gardiens des services étatiques qui profitent, tard la nuit et en toute discrétion, pour louer, à 1000 à 2000 FCFA, leur local (guérite) ou un hall du bâtiment à des amoureux vagabonds, transformant ainsi le service en lieu de passe. Il s’agit d’un business qui rapporte parfois plus que leur salaire de misère. Cela se voit surtout les weekends.

2.2.4.      Les stations-services Total se mettent à vendre de l’alcool

Lors de nos enquêtes nocturnes, un soir de jour ouvrable, nous avons recensé douze fadas à Soni dans le quartier Kalley Nord Abidjan, dont trois sont mixtes, constitués de jeunes filles et garçons. Un membre d’une fada tient les propos suivants :

« Dans notre quartier Soni (Kalley Nord Abibjan), il y a un marché de nuit, à côté de la pharmacie, qui anime jusqu’à 23 heures voire minuit où nous trouvons des galettes, de l’arachide grillée et la petite restauration (plat de riz, haricot, pâte de mais, etc.) proposés par des femmes. Il y a aussi de la viande grillée proposée par des hommes auxquels s’ajoute un vulcanisateur. Non loin de ce petit marché nocturne, aux environs de 00h, nous nous attroupons garçons et filles au niveau de la station-services (essence et gasoil) ».

Il faut dire que depuis 2017, les stations-services « TOTAL » s’adonnent aussi à la vente d’alcool faisant de la concurrence aux bars-dancing traditionnels et formels. Par ce fait, ils attirent les jeunes qui associent à l’alcool, le « chicha » et le crack. Souvent, ce sont des émeutes qui s’y déclenchent et l’on n’hésiterait pas à utiliser son coutelât sur l’adversaire.

Après la fermeture des caves de vin, les jeunes se dirigent vers les stations-services ‘Total’  qui tendent à devenir de véritables lieux d’animation nocturne.

2.2.5.      Consommation de drogues dures (le crack), d’alcool et de « chicha »

Le début des années 2000 est marqué par l’apparition de plusieurs caves de vin (kiosques où l’on vend de la bière, du sodabi5 et des liqueurs, etc.). Ces caves qu’on retrouve dans les quartiers populaires du centre-ville et de la zone péricentrale, ont l’avantage de vendre la bière en détail. Aussi, l’on s’y procure un verre, un demi-verre voire un huitième de verre d’alcool selon sa bourse ; ce que ne fait aucun bar formel. Ces caves sont aussi le lieu de bagarres rangées entre ces jeunes

5 Alcool traditionnel

Depuis les années 2016, ces caves tendent aussi à être supplantés par le marché du crack qui est plus diffus et discret dans les villes. Il s’agit d’une économie véritablement souterraine qui fait des désastres au sein de la jeunesse. En effet, le marché du crack prend de l’ampleur et les jeunes en deviennent de plus en plus dépendants. Ils sont prêts à tout pour l’obtenir allant jusqu’à monnayer leurs téléphones portables ou leurs motos. Sinon, ils sont prêts à tuer pour avoir de l’argent et s’en acheter une dose, à raison de 5000 FCFA. L’abus de cette drogue dure et chère est également constaté auprès des jeunes des quartiers aisés de la ville. Le crack est une drogue qui provient de Lomé au Togo et d’accra au Ghana.

Déscolarisés et désœuvrés, les jeunes, sous l’effet de cette drogue, se mettent à attaquer les noctambules qui se hasardent sur leur chemin généralement à partir des heures tardives. Quant aux filles qui les croisent, elles courent le risque de viol collectif, car ces jeunes aguerris n’ont plus peur de la prison.

Leur situation s’aggrave du fait de l’absence de mouvement associatif d’entraide ou encadrement. A cela s’ajoutent l’absence des programmes sociaux efficaces pour les quartiers sensibles et l’ignorance du phénomène par le service social de la mairie. La persistance d’une telle situation engendre des risques de métamorphose où les attaques occasionnelles et souvent maladroites pourraient évoluer pour donner lieu à des organisations criminelles connectées (de réseaux multiformes ou une nébuleuse). Cela pourrait aussi constituer un terreau où le djihadisme peut recruter. Un jeune d’une fada déplore cela en ces termes : « nos territoires n’intéressent pas la mairie le jour à plus forte raison la nuit ».

2.2.6.      Eclairage public et espaces squares dotés de wifi

L’occupation des espaces squares est une nouvelle pratique nocturne urbaine à Niamey. Avant le programme Niamey Nyala ces espaces servaient essentiellement d’ornement et ne sont pas accessibles au public même le jour car généralement clôturés. Mais, dans le cadre du programme Niamey Nyala, l’aménagement des places et espaces publics tels que place Lt colonel Hassane Anaoutab, ex café du dallol, place du château 1, place Monteil à la devanture du commissariat central, dotés de wifi gratuit et bancs permettent aux jeunes et tout habitant, de se retrouver pour discuter, se connecter, télécharger, etc.

Bien éclairés, ces espaces sont désormais accessibles à tout moment car ouverts (libre de clôture). Les jeunes y pratiquent des jeux sportifs divers. C’est le cas au niveau de l’espace square sis 2e échangeur. D’autres y viennent pour fuir la canicule et le bruit des quartiers bondés. Le phénomène est si visible qu’un enquêté du quartier Dar Es-salam s’exprime ainsi :

« Au centre-ville comme dans le quartier Plateau, l’animation devient de plus en plus intense à proximité de ces espaces square wifi qui attirent les jeunes de 12 à 30 ans. Ils sont pour la plupart des élèves et étudiants qui viennent se défouler et échanger entre eux sur des sujets qui les préoccupent. »

En réalité, la plupart vient à cause de l’ambiance car la connexion est jugée faible par les usagers. Il y a des crieurs de café, des revendeurs d’accessoires de téléphones portables de toutes marques (chargeurs, batteries, pochettes, etc.) et de lampes led, de la nourriture et des prostituées qui rodent. Au niveau du deuxième pond, à côté du quartier Gamkallé, il y a des élèves ou étudiants qui viennent réviser leur leçon sous l’éclairage public, d’autres jeunes y viennent avec leur moto pour faire des acrobaties. D’autres personnes y vont pour faire du jogging ou pour préparer le concours de la gendarmerie. De plus, on observe des fadas qui se constituent à ce niveau, soit pour prendre de l’air car les rues des quartiers sont trop serrées, soit pour profiter de l’éclairage public et voir des amis. Il faut, cependant, préciser que la présence de l’éclairage public n’arrange pas tout le monde, notamment sur les grandes artères périphériques ou la plupart des lampadaires solaires sont vandalisés par les voleurs qui enlèvent leur batterie.

2.2.7.      Les cours de nuit, une pratique de plus en plus répandue à Niamey

Les cours de nuit se font entre 19 et 22 heures. Il y a un développement de ces cours orientés vers les personnes qui ne sont disponibles que les soirées, en leur offrant la possibilité de suivre des programmes de formation, des formations à la carte dans plusieurs domaines (Statistiques appliquées, gestion, Suivi-évaluation des projets, Base de données, Bureautique …). Cela concerne des fonctionnaires et politiciens de niveau d’instruction moyen ou supérieur souhaitant s’inscrire en master. Ces gens qui travaillent toute la journée n’ont que les nuits pour fréquenter ces écoles. En outre, on note l’affluence vers la makaranta6 du quartier des fonctionnaires et travailleurs du secteur privé, des enseignants-chercheurs qui veulent approfondir leur connaissance religieuse. A cela s’ajoutent les prêches improvisés dans les mosquées au coin de la rue. Mais ce dernier phénomène tend à diminuer du fait des émissions islamiques diffusées par les radios privées.

6 Ecole coranique

2.2.8.      La rue à l’intérieur des quartiers sert de lieu de circulation, de dortoir et de gymnase

La nuit, la rue joue un rôle important dans les quartiers anciens proches du centre-ville. N’ayant pas les moyens de mettre un ventilateur à plus forte raison un climatiseur, les parents, les femmes et les jeunes filles dorment à l’intérieur dans la cour de la maison en période chaude tandis que jeunes hommes et garçons transforment la rue en véritable « dortoir. »

A la tombée de la nuit de 20 à 22 heures, les jeunes filles des quartiers occupent aussi la rue en groupe pour des petites causeries ou pour former un cercle en vue de chants et de pas de danse souvent improvisés. Pour les garçons plus jeunes, de 7 à 11 ans, la rue se transforme à cette heure, en Disneyland où l’on joue à cache-cache, on y pratique lutte et jeux cloche-pied tandis que les plus grands jouent à la belotte, au ludo, etc.

Dans les quartiers périphériques, c’est la corvée de l’eau qui anime la rue à une heure tardive de la nuit car elle est la principale préoccupation des habitants. Cela empêche les habitants de bien dormir puisqu’il faut rester aux aguets suivant les délestages de la fourniture d’eau dans les différents quartiers de la ville. Cette corvée, qui se fait par les femmes et les jeunes, commence très tard la nuit par une longue file d’attente. Cela occasionne des altercations ou bagarres, chacun voulant avoir l’eau avant la prochaine coupure qui peut intervenir à tout moment.

2.3.           Des territoires qui se distinguent autour des aménagements Niamey Nyala

A l’échelle de la ville, les aspects de la vie nocturne sont encore diffus et se rencontrent un peu partout. Cependant, des territoires tendent à se constituer. Aussi distingue-t-on des territoires nocturnes du commerce, de la joie, des jeux, de l’insécurité (prostitution, drogue, gangs, bruit), etc.

2.3.1.           Les territoires du commerce

Ils sont situés sur les grandes artères munies d’éclairage public, les marchés nocturnes comme Yantala Tchini habou, Route Tchanga. A cela s’ajoutent les commerces agglutinés, jusqu’à une ou deux heures du matin, à la devanture des gares des compagnies de transport voyageurs tels que Rimbo, Azawad, Al Izza, etc. Ils sont généralement plus présents dans la zone péricentrale de la ville. En effet, ces derniers temps, les alentours des gares routières deviennent des marchés improvisés où se développement des activités qui traditionnellement s’exerçaient dans le centre-ville comme la prostitution, la vente et consommation de stupéfiants en tout genre (tramadol, chanvre indien, Madara, etc.). A proximité de ces marchés, on trouve généralement des espaces de loisir tels que les bars, bistro et fast-foods, fréquentés surtout par des jeunes.

Dans les quartiers périphériques, les ilots d’intérieur dorment à partir de 22 heures en période chaude et dès 21heures en saison sèche et froide. Mais au niveau des carrefours des grandes voies latéritiques ou bitumées, se constituent de petits marchés qui s’animent jusqu’à minuit. C’est l’exemple du marché nocturne du quartier Niamey 2000 à côté de la pharmacie. Dans le même quartier, sur la grande voie latéritique, la station services Safa et le marché Tagbati animent jusqu’à une heure du matin.

Photo n°2 : Fréquentation nocturne de la station- service TOTAL de Soni au quartier Kalley-Nord Abidjan par les jeunes

Photo n°3 : activités nocturne au niveau de la Route Tchanga du quartier Aviation de l’Arrondissement communal de Niamey 5

Photo n°2 : Fréquentation nocturne de la station- service TOTAL de Soni au quartier Kalley-Nord Abidjan par les jeunes

Photo n°3 : activités nocturne au niveau de la Route Tchanga du quartier Aviation de l’Arrondissement communal de Niamey 5

Clichés : A. Adamou, prises le 16 mars 2020

La photo n°2 illustre qu’à partir de 22 heures, les jeunes du quartier commencent à affluer vers la station-service TOTAL du quartier, qui est aussi un débit de boissons alcoolisés. Cela fait que ce lieu reste animé toute la nuit. Quant à la photo n°3, elle montre le déploiement des activités de commerce et de transport dans la nuit, dans un quartier périphérique (Aviation). On observe également des taxis-ville qui assurent la liaison nocturne de ce quartier avec le centre-ville et un camion gros porteur surchargé de marchandises destinées aux magasins du centre-ville.

Généralement, dans la périphérie, l’animation se constitue autour de la première boutique qui voit ensuite arriver le meunier, le revendeur de bois de chauffe ou l’alimentation générale, etc. D’installations à installations, le coin devient un petit marché de carrefour. C’est le cas dans le quartier de la Cité Francophonie.

2.3.2.           Les territoires ludiques et sportifs

Ils se concentrent dans le centre-ville avec la forte présence de salles de jeux jackpot, d’hôtels parfois luxueux, de restaurants, de cafés, de bar-dancing, de boîtes de nuit, de discothèques, etc. Les boites de nuit sont particulièrement concentrées au centre-ville. Mais, en plus de la traditionnelle prostitution et de leur débit d’alcool, elles se caractérisent aussi par la vente dissimulées de drogues dures, souvent introduites dans les boissons alcoolisées et dont les commandes sont passées grâce à des noms codés. Cette nouvelle pratique permet d’attirer  plus de jeunes et de supporter la concurrence.  On  peut  citer  entre  autres  les  boites  de nuits suivantes : Level, les Rôniers, The One (derrière le palais des congrès), Dions (au Stade General Seyni Kountché), VIP (Camping Latérite), BLAST (à côté de la présidence), Christal (derrière la BIA Niger), etc.

2.3.3.           Les territoires de la prostitution

S’agissant de la prostitution, il y a les maisons closes et les alentours de des hôtels. Cependant, la prostitution a fini par coloniser les alentours des nouvelles infrastructures créées dans le cadre du Programme Niamey Nyala. Aussi, le premier échangeur, au rond- point Kennedy, devenu rond-point des martyrs, la nuit et souvent dès 18 heures, on aperçoit au bord de la rue des prostituées venant d’horizons divers. On y compte souvent des mineures venant de quartiers pauvres de la ville. La même scène se lit sur la rue pavée menant du boulevard Mali Bero au quartier Dar Es-salam. Cette prostitution qui s’exerce sans tabou au point de sidérer le passant frise le harcèlement.

La rive droite de la ville se singularise par l’apparition d’une nouvelle forme de prostitution juvénile exercée par des fillettes (mineures) de jour comme de nuit. Il s’agit de fillettes d’à peine 13 ans qui déambulent dans les coins du quartier dénommé « Dalo-bon » qui veut dire en langage local « sur le Pavé ». Ces fillettes pour la plupart orphelines ou issues des villages environnants vendent leurs attributs parfois à vil prix. Face à cette dépravation des mœurs, la police finit par interdire l’accès à ce lieu.

2.3.4.           Les territoires de la drogue

Pour la drogue, il y a le marché Katako, le long de la vallée Gounti yena, quelques places publiques, les cours d’écoles, les coins noirs, etc. Au niveau de l’arrondissement communal de Niamey 5, à la gare de Say (Sayi tessam), il y a la vente de drogue, la vente de nourriture (petite restauration), les vidéos clubs attirent les amateurs de football pour suivre les championnats européens ainsi que les jeunes hommes et filles des quartiers périphériques autour des films haoussa du Nigéria. Ces lieux d’animation sont parfois perturbés par des bagarres avec usage d’arme branche. Dans le quartier périphérique de Niamey 2000, autour du Château Koirey 7, s’est érigé un territoire dangereux des dealers. Ce territoire fait l’objet  de visites inopinées de la police de jour comme de nuit. La carte n°2 présente les différents territoires nocturnes de la ville de Niamey. On y observe que les points de vente de la drogue sont assez dispersés. Dans le centre-ville, ils sont autour des boîtes de nuit et à la périphérie au niveau des bois ou des espaces peu fréquentés.

7 Château Koirey : terme Zarma pour dire le Château d’eau de couleur blanche

Carte n°2 : Carte des différents territoires nocturnes de la ville de Niamey

Carte des différents territoires nocturnes de la ville de Niamey

2.4.           Absence d’une planification municipale de la vie nocturne à Niamey

La ville de Niamey n’a pas mis en place un dispositif pour gérer et organiser la vie nocturne. Il manque ainsi d’équipes ou institutions municipales pour assurer des services municipaux pendant la nuit. Aussi, toutes les structures de l’hôtel de ville sont-elles fermées la nuit et on ne parle même pas de permanence nocturne. Tout se passe comme si l’on extrait la vie nocturne du quotidien et de la qualité de vie des habitants.

Ni les Plans de Développement Communaux (PDC), ni le Plan Urbain de Référence (PUR) de la ville encore moins le programme Niamey Nyala n’intègrent expressément la dimension de vie nocturne dans le processus de planification urbaine. Or, à Niamey comme partout ailleurs, « progressivement les activités humaines se déploient vers les nuits et recomposent un nouvel espace de travail et de loisirs » (L. Gwianzdzinki sur Fabula, 2018)8. Dans ce cas, planifier la nuit urbaine devient un impératif pour les municipalités. Cette panification concerne aussi bien la dimension de l’aménagement urbain que les enjeux culturels, festifs et économiques nocturnes. Malheureusement à Niamey, il n’y a aucune planification nocturne en dehors des patrouilles des Forces de Défense et de Sécurité à partir de 22 heures et au niveau des quartiers sensibles.

8 Fabula : Bulletin de la Société géographique Italienne, Information publiée le 16 mai 2018 par Université de Genève URL societegeografica.net/wp/it/bellotino

A cet effet, il n’y a pas de structure d’encadrement de la vie nocturne hormis la police et les services des régies financières lors des spectacles et divertissements au niveau de la Maison des Jeunes et de la Culture (MJC) ou au stade municipal. L’idée de mener des actions sociales pour les acteurs de la vie nocturne ne traverse même pas l’esprit des autorités municipales. De ce fait, la nuit, la ville est laissée à la police, au SAMU et gangs ou autres réseaux mafieux. En termes de perspectives, on ne relève aucun projet dans ce sens à la date de nos enquêtes. Les propos du Directeur Général du Développement et de la Prospective à la Mairie de Niamey le confirment lorsqu’il déclare :

«À la date d’aujourd’hui, je ne connais aucune réflexion encore moins planification en matière de vie nocturne au niveau de ma mairie centrale de Niamey. Mais cette  question mérite d’être posée à l’avenir.».

Il rappelle toutefois que, pendant la nuit, la mairie assure le balayage des artères (boulevard et avenues) et des alentours de grands marchés proches du centre-ville.

3.    Discussion

A Niamey la vie nocturne reste le parent pauvre de la planification urbaine malgré son intensification progressive. L’étude montre qu’elle n’épargne aucun espace du centre-ville à  la périphérie. Elle pose un lot de questions et de défis auxquels il faudra répondre. Cela passe par l’encadrement des activités nocturnes pour que la drogue n’abrutisse pas la jeunesse et  que la prostitution ne favorise pas la diffusion rapide de maladies sexuellement transmissibles, que les fadas ne s’érigent pas en gangs incontrôlés, que l’insécurité ne remette pas en cause la vie paisible de citadins, que la pudeur et le droit au sommeil des habitants ne deviennent pas un lointain souvenir. Voilà des préoccupations qui ont amené l’Union des villes suisses (2012, p.7) à considérer que « la vie nocturne d’une ville influence la qualité de vie de cette même ville ». Partant de cette considération, elle s’est très tôt évertuée à intégrer la vie nocturne urbaine parmi ses priorités. Ce qui a donné lieu à plusieurs analyses sur la question et des mesures envisageables. De ce fait, on parle de planification urbaine de la vie nocturne puisqu’il s’est agi de voir comment elle se présente aujourd’hui dans les villes suisses pour mieux planifier sa gestion et savoir les structures et compétences à mobiliser à cet effet.

La planification de la vie nocturne est d’autant plus nécessaire que l’un des défis qu’elle pose à Niamey est la mixité grandissante des zones d’habitation et des lieux de sorties, d’animation, d’occupation informelle de l’espace public par le commerce, les dealers et la prostitution. Cet état de fait, rejoint l’assertion selon laquelle : « la vie nocturne place continuellement les villes et communes urbaines devant de nouveaux défis » (L’Union des villes suisses, 2012, p.5).

La léthargie observée par les chercheurs et planificateurs Nigériens sur la question de la vie nocturne urbaine donne raison à F.  Thomas (2016, p. 8) qui tirant la sonnette d’alarme dit  que : « (…). Les études africaines sont en revanche pour le moment largement restées à l’écart de ce relatif essor. ». Cet auteur ne manque pas d’ailleurs de mettre en exergue les contraintes sociales et le déficit de moyens financiers qui entravent largement la mobilité urbaine, de loisirs a fortiori. Ce qui l’amène à affirmer que :

« Beaucoup se trouvent astreints à un certain immobilisme, à l’échelle de leur quartier souvent sous-équipé, où ils cultivent des sociabilités fondées sur l’entre-soi et le voisinage, à l’image du grin malien ou de la fada nigérienne. (F. Thomas, 2016, p13).

Une telle assertion épouse exactement ce que notre étude a révélé sur la vie des fadas dans les quartiers centraux et péricentraux pauvres de la ville où l’on sort rarement du quartier, ne serait-ce que pour chercher de l’emploi. Ces fadas constituées à cet effet, sont décrites par Florence Boyer (2014, p.3) en ces termes :

« Groupes aux formes et à l’organisation polymorphes, les fadas peuvent s’appréhender comme des espaces autres ; se réunissant à la nuit tombée, elles mettent en question le jeu de la visibilité / invisibilité de la jeunesse dans l’espace urbain. »

Si F. Boyer (2014, p. 4) n’a rencontré qu’une seule fada où étaient présentes deux jeunes filles, la présente étude montre que six ans plus tard, désormais les fadas nocturnes regorgent bien des filles dans les quartiers centraux et péricentraux de Niamey malgré la tendance à la systématisation de la violence. De ce fait, ce n’est plus celui qui manie l’humour, l’ironie, fait preuve d’un savoir-faire d’orateur qui dispose d’une place privilégiée comme l’a si bien dit

F. Boyer (2014, p. 6) mais plutôt celui qui a plus de moyens financiers ou plus de muscles et de pectoraux pour imposer son diktat.

Du point de vue de l’aménagement urbain opéré dans le cadre du programme Niamey Nyala, il ressort de l’étude que cela a favorisé une recomposition spatiale des territoires nocturnes. Aussi, le centre-ville n’est-il plus l’épicentre de la vie nocturne à Niamey, il passe petit à petit le relais à la zone péricentrale. A cela s’ajoute la diffusion des activités nocturnes jusque dans les coins les plus reculés de la ville. Sur ce point, il convient de dire que la diffusion de l’éclairage public y est pour quelque chose, corroborant ainsi les propos de Sandra Mallet (2011, p.35) disant que :

« L’éclairage des villes étant l’une des conditions majeures de la vie urbaine nocturne, changeant nos rapports au temps et transformant radicalement le cadre physique de la nuit, il est intéressant de s’interroger sur ses rapports à la ville nocturne dans le cadre de ces mutations »

Sans le vouloir, la diffusion de l’éclairage public a apporté des mutations dans la répartition des activités nocturnes. Si les lampadaires gênent les malfrats dans les zones périphériques, ils contribuent à concentrer l’animation au niveau des espaces squares wifi nouvellement créés. Cela nous amène à affirmer avec S. Mallet (2011, p. 36) que :

« L’éclairage s’affirme alors comme un véritable outil d’urbanisme et d’aménagement, pouvant pleinement participer à l’organisation des espaces urbains. La plupart des villes françaises, même de taille modeste, en sont aujourd’hui dotées. »

Enfin, notre étude en rendant compte de l’essor des activités nocturnes fait ressortir de nouvelles pratiques et une recomposition spatiale des activités. Cet essor des activités nocturnes s’est réellement engagé à Niamey dans la décennie 2000-2010 avant d’exploser à partir de 2010 sous l’effet des investissements privés et de l’État Nigériens, soit un peu en décalage avec les propos de L. Gwianzdzinki (2007, p. 1) disant ceci :

« Depuis le début des années 90 et quels que soient les pays ou les cultures, on assiste bien à une colonisation progressive de la nuit par les activités économiques : mise en lumière, développement des commerces, guichets automatiques, services 24 heures/24… »

Enfin, avant les années 2000, les activités nocturnes sont concentrées au centre-ville de Niamey. Pour vivre la vie nocturne, il fallait forcement rejoindre le centre-ville. Ce qui n’est plus le cas de nos jours.

Conclusion

Inédite, la présente étude apporte un éclairage sur la vie nocturne de la ville de Niamey. Mais, à elle seule, elle ne saurait rendre compte de toutes les dimensions de cette vie. Elle révèle néanmoins l’importance et la diversité de la vie nocturne. Cette dernière qui était concentrée au centre-ville a fini par gagner les quartiers périphériques. En effet, commerces et divers services se sont développés dans les quartiers péricentraux et même périphériques du fait de la diffusion de l’éclairage publique et d’équipements réalisés dans le cadre de Niamey Nyala.  On parle de recomposition spatiale des activités dès lors que certaines activités nocturnes ont quitté le centre-ville en mutation foncière et immobilière pour s’installer dans d’autres zones de la ville. L’analyse montre aussi que les activités nocturnes qui accompagnent cette recomposition territoriale s’inscrivent dans la dynamique socio-spatiale qui caractérise la ville de Niamey ces dernières années. Elle a permis d’identifier les différentes activités nocturnes (formelles et informelles) et fait ressortir les territoires qui concentrent ces activités afin que  le décideur se rende compte des lieux de références ou d’actions futures. En outre, les résultats montrent l’ignorance de la vie nocturne et de ses territoires de la part des gestionnaires de la ville. Or, l’amélioration de la qualité de vie des citadins passe aussi par  une meilleure appréhension de ces activités nocturnes.

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Abdoulaye ADAMOU IUT / Université de Zinder abdoulaye_noma@yahoo.fr

Harou ABDOU Université de Zinder baharou6@yahoo.fr

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