Dimension socioéconomique et culturelle

regards

Dimension socioéconomique et culturelle de prosopis africana dans la région centrale au Togo

Abdourazakou ALASSANE

Résumé :


Les formations végétales dans la Région Centrale jadis dominées par Isoberlinia doka1, Danielia oliveri2, Vitellaria paradoxa3, Khaya senegalensis4, Prosopis africana5. Cependant, cette dernière espèce est aujourd’hui en voie de disparition sous l’effet de la pression anthropique. Il est à présent question de savoir ce qui explique une telle disparition. Si au départ, ces différentes espèces étaient toutes utilisées comme bois d’œuvre entre autres, Prosopis africana était utilisé comme cure-dents uniquement par la communauté peuhl. Mais, de nos jours, il est adopté par toute la population de la région et même au-delà comme cure-dents. La démarche méthodologique est basée sur les enquêtes socio-économiques à partir d’un questionnaire semi-structuré. Les résultats de ces investigations révèlent que les usages de Prosopis africana sont multiples et variés. Les produits de Prosopis africana sont utilisés dans l’élevage, la pharmacopée traditionnelle et l’hygiène bucco-dentaire. Les produits artisanaux sont utilisés dans l’agriculture, dans la cuisine et dans les transports. Mais, il convient également de relever que le bois de cette espèce ligneuse est également utilisé comme matériau de construction. De toutes ces utilisations, l’usage dans l’hygiène bucco-dentaire a un impact assez considérable car il porte sérieusement atteinte à l'état sanitaire des individus végétaux. L’analyse des résultats montre que Prosopis africana a des vertus alimentaires, sanitaires, énergétiques, thérapeutiques entre autres.

Mots clés : Région Centrale, Togo, Prosopis africana, dimension socioéconomique.

Introduction

La communauté internationale et l’opinion publique nationale s’accordent aujourd'hui sur l'importance sociale, économique, culturelle, alimentaire et écologique que jouent les ressources forestières. L’avenir des ressources naturelles, en général, et celui des ressources forestières, en particulier, devient ainsi une préoccupation permanente (C. Dadjo, 2011, p 53). A. E. Assogbadjo et al. (2010, p 1554) ont signalé que la perte des plantes indigènes est due aujourd’hui à la pression démographique, à la déforestation, aux feux de végétation, à l’agriculture à l’élevage et aux changements climatiques. L’Afrique en particulier est confrontée à une importante dégradation de ses ressources dans la mesure où 80 % de la population africaine sont rurales et dépendent directement des ressources naturelles comme moyen de subsistance (FAO, 2001, p. 62). Plusieurs auteurs sont unanimes pour reconnaître l’importance que procurent ces ligneux aux populations (M. Diop et al. 2005, p. 14; M. Larwanou et al. 2010, p. 118; R. J. Priso et al. 2011, p. 2719 ; A. Thiombiano et al. 2012, p. 319 ; G. Yameogo et al. 2013, p. 1100) ; A. Laouali et al. 2014, p. 1069). Dans le monde, les plantes ont toujours été utilisées comme médicaments. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (2008) cité par G. Pierangeli et al. (2009, p. 409), plus de 80 % de la population mondiale repose sur la médecine traditionnelle pour leurs besoins de soins de santé primaire. De plus, les produits forestiers non ligneux ont éveillé un intérêt considérable en Afrique au cours de ces dernières années pour leur contribution à l’économie des ménages et à la conservation de la biodiversité végétale (Z. Bouziane, 2017, p. 49).

Néanmoins, certains de ces ligneux connaissent de nos jours une dégradation accélérée liée aux différents prélèvements. Cependant, il existe des espèces dont l’importance s’avère particulière pour certaines communautés. Les espèces qui se trouvent dans cette situation sont convoitées et exploitées sans tenir compte de leur abondance ni de leur taux de régénération, ce qui les menace de disparition. C’est le cas de Prosopis africana une espèce aux usages multiples reconnue pour son utilisation comme fourrage, complément alimentaire pour les animaux dont aucune partie n’échappe à des usages domestiques (M. Arbonnier, 2002, p. 394) pendant qu’elle est confrontée à un problème de régénération (F. Niang-Diop et al. 2010, p. 1699). Plusieurs auteurs (J. A. Akossou et al. 2013, p. 68 ; K. Kokou et al. 2009, p. 887) ont indiqué que Prosopis africana est très utilisé comme bois de chauffe et pour la fabrication du charbon de bois du fait de la qualité de son bois. D’après R. K. F. M. Ali (2016, p. 10), l'utilisation du bois de Prosopis africana comme source d'énergie est fortement corrélée à la dégradation de l’espèce dans son habitat.

Dans cette région, la survie de cette essence et de sa population devra désormais reposer sur des approches d’exploitation appropriées associées à des techniques de régénération naturelle et/ou assistée en passant par la connaissance précise de sa contribution dans les différents usages de ligneux. Pour ce faire, il s’avère nécessaire de disposer des données fiables sur les différentes utilisations faites de l’espèce.

L’objectif principal de cette étude est de montrer les différentes formes d’utilisation de cette espèce dans la Région Centrale.

1. Présentation de la zone d’étude

La zone d’étude occupe la partie centrale du Togo. Elle est limitée au nord par la préfecture de Bassar et par celle d’Assoli (Région de la Kara), au sud par la préfecture de l’Ogou et par celle de Wawa (Région des Plateaux), à l’est par la République du Bénin et à l’ouest par la République du Ghana (Figure n°1).

Figure n°1 : Localisation de la zone d’étude Source : Adapté de la DGSCN, 2011

Administrativement, la Région Centrale comprend cinq préfectures : Blitta, Sotouboua, Tchamba Tchaoudjo et Djarkpanga. On dénombre près d’une quarantaine de cantons regroupant près de huit cents (800) villages. Le chef-lieu de la région est la ville de Sokodé dans la préfecture de Tchaoudjo.

La Région Centrale se situe entre les parallèles 8° et 9°15 de la latitude nord et les méridiens 0°15 et 1°35 de la longitude est. Après la Région des Plateaux avec une superficie de 17 930 km², la Région Centrale est la deuxième des cinq régions économiques du Togo. Elle couvre une superficie de 13 470 km² soit 23,8 % de la superficie du territoire national.

La Région Centrale jouit dans l’ensemble d’un climat tropical chaud et humide directement influencé par la circulation atmosphérique en vigueur dans la sous-région ouest africaine. Le climat est constamment chaud sans être excessif. Les températures varient en général entre 20 et 30°C avec des minimas pendant l’harmattan en décembre et des maximas en février-mars. Il faut noter aussi que c’est en pleine saison pluvieuse en juillet et août que l’on relève les températures moyennes mensuelles les plus basses et les amplitudes diurnes maximales les plus faibles. La moyenne annuelle des températures tourne autour de 26,2°C. L’écart entre le mois le plus chaud (février ou mars) et le mois le moins chaud (juillet ou août) ne dépasse pas 5°C.

Les pluies s’étendent sur six mois. Les mois d’août et septembre sont les plus pluvieux dans la plus grande partie de la région centrale. Les totaux pluviométriques se situent entre 1200 et 1500 mm par an. Le nombre de jours de pluie varie entre 100 et 130 par an. La région centrale a un réseau hydrographique très dense. On y dénombre quelques grands cours d’eau comme le Mono, le Mô, et leurs affluents qui sont respectivement Na, Aou, Anié, et Kamassé, Kpaza.

La population de la région centrale est constituée de plusieurs groupes socio-culturels. Presque tous les groupes socio-culturels du pays s'y trouvent. Certaines, d'après le dernier recensement général de la population et de l'habitat, sont numériquement importantes (DGSCN, 2011, p 968). C'est le cas des Tem (29,16 %), Kabyè (29,33 %), Losso (8,14 %), Tchamba (6,34 %), Ana-Ifè (4,27 %), Adélé-Agnanga (3,54 %).

L’agriculture est la principale activité économique de la région. Les principales cultures de cette zone sont le sorgho, l’igname, le manioc et le maïs. Le coton constitue la principale culture de rente dans la région.

La finalité de la production agricole et artistique est la vente. Dans la région centrale, on compte plus d’une centaine de marchés locaux, près de 70 petits marchés, une quarantaine de marchés moyens, trois marchés de deuxième catégorie et un grand marché.

La végétation est essentiellement liée au type de relief. Les plaines (Mô et Mono) sont dominées par les savanes tandis que les zones montagneuses sont couvertes de forêts, profondément perturbées par les différentes activités humaines, laissant apparaître çà et là d’immenses poches de savanes. On rencontre également des peuplements ligneux plus denses et linéaires le long des rivières traversant les savanes et les forêts : ce sont des forêts riveraines.

2. Approche méthodologique

2.1. Recherche documentaire

La recherche documentaire a combiné la consultation des ouvrages aussi bien spécifiques que généraux existants sur Prosopis africana. Ainsi, les ouvrages ont été consultés à la bibliothèque centrale de l’Université de Lomé, celle de l’Ecole Supérieure d’Agronomie, de la Faculté des Sciences, de la Faculté des Sciences de l’Homme et de la Société. Il faut souligner que la littérature abonde sur l’utilisation de cette espèce aussi bien au Togo que dans la sous- région ouest africaine.

2.2. Collecte des données

2.2.1. Choix des sites d’enquêtes

Le choix des localités comme sites d’étude a été fait en tenant compte d’un certain nombre de critères (figure n°1) parmi lesquels on retient :

- Importance démographique : Sokodé est le chef-lieu de la Région Centrale et le canton le plus peuplé de la région;

- la position stratégique : Sotouboua est une grande agglomération de la région réputée dans la production d’igname. Cette préfecture est un grand marché car une zone de grands producteurs d’igname ;

- la position géographique : les cantons d’Aléhéridè et d’Amaïdè sont situés sur la nationale N°1, ce sont des localités où l’artisanat est très développé et où on rencontre plus de peuplements de Prosopis africana. Les produits exposés trouvent plus ou moins rapidement des acheteurs ;

2.2.2. Matériel utilisé

La collecte des données sur le terrain a nécessité plusieurs outils :

- un questionnaire à l’endroit des guérisseurs, des éleveurs et des agriculteurs ;

- un guide d’entretien auprès des autorités locales traditionnelles ;

- un appareil photographique pour la prise des vues ;

- la carte topographique de la zone d’étude.

2.2.3. Enquêtes socio-économiques

Il s’agit de l’enquête par questionnaire. L’objectif de cette enquête est d’identifier les types de produits artisanaux issus de la transformation de Prosopis africana et leurs prix. Il a été aussi question de connaître l’utilisation des autres organes de Prosopis africana. Ce questionnaire a été adressé aux vendeurs de ces produits artisanaux. La technique d’échantillonnage retenue est celle de l’échantillon aléatoire. Il est obtenu par tirage au sort d’individus appartenant à la population des quatre cantons.

L’échantillon ainsi constitué comprend au total 100 personnes de tous sexes confondus. Il est ainsi réparti : 30 personnes à Sokodé, 10 à Amaïdè, 12 à Aléhéridè et 20 à Tchamba. Ce chiffre est proportionnel au nombre de villages que compte chaque canton. Des entretiens semi-structurés avec les tradi-thérapeutes, les chefs des griots ont permis de voir l’importance de Prosopis africana dans le social et le culturel. Le questionnaire a été administré aux commerçants dont les bases financières permettent les petites transactions entre les villages pour l’achat de divers produits a permis de voir l’importance économique de cette essence d’autre part.

Les interviews ont permis de compléter l’enquête par questionnaire en recueillant surtout des informations à caractère qualitatif auprès des personnes ressources.

2.2.4. Traitement des données

Le traitement des questionnaires a été fait par canton. Une observation minutieuse des renseignements a permis de faire le traitement des données. Ce traitement a consisté au dépouillement des questionnaires. Ceci a permis de mieux appréhender les problèmes et d’asseoir une bonne interprétation. Cette procédure a conduit aux résultats présentés (sous formes de graphiques, figures et tableaux). Les logiciels Excel, Word et qgis 2.12 ont été utilisés à ce sujet. Le logiciel Excel a été exploité pour la réalisation des graphiques, des figures et des tableaux. Le logiciel Word a servi au traitement de texte et le logiciel qgis 2.12 la réalisation des cartes. L’adoption de cette démarche méthodologique a permis d’obtenir les résultats suivants.

3. Résultats

3.1. Valeur alimentaire et insectifuge des feuilles

Les feuilles de Prosopis africana ont de de multiples utilisations dans la Région Centrale. En effet, 90 % des éleveurs interviewés reconnaissent donner régulièrement les feuilles de Prosopis africana à leurs animaux surtout en saison sèche. Ces derniers ont reconnu que les feuilles et les gousses sont très appétées par les ruminants surtout les bovidés. Cette espèce est utilisée par le bétail soit directement dans les champs, soit par l’intermédiaire du bouvier suite à l’émondage et au ramassage des gousses.

Les feuilles de Prosopis africana ont un pouvoir insectifuge avéré, selon les perceptions locales. Ces feuilles servent également dans la lutte contre les charançons et autres insectes qui attaquent les produits agricoles. Les feuilles séchées sont utilisées pour la conservation des produits agricoles maïs (Zea mays), niébé (Vigna unguculata), haricot (Phaseolus vulgaris), sorgho (Sorghum bicolor) par les Tem et les Kabyè qui sont de grands agriculteurs dans la région.

3.2. Valeur bucco-sanitaire des rameaux

Les rameaux de Prosopis africana sont utilisés comme brosse à dents dans toute la région. Cette brosse à dents était utilisée uniquement par la communauté Peulh, ce qui a fait que dans toute la région, il a conservé ce nom de « cure dents des Peulh ». Sa vulgarisation dans tous les groupes socioculturels de la région et même au-delà s’explique par ses qualités vantées par ceux qui l’ont adopté. Mais il faut aussi relever que la crise sociopolitique des années 90 en est pour quelque chose. En effet, les cure-dents qui venaient de la Région des Plateaux étaient chers vue la situation économique de la population, d’où l’adoption de cette nouvelle espèce de cure-dents. Ces rameaux sont vendus sur tous les marchés de la région (photo a) à raison d’un tas de 4 rameaux à 100 f cfa. Selon la majorité de la population rencontrée (100 %), elles préfèrent cette brosse végétale à celui des autres espèces qui a des fibres bien tendres. La cueillette est généralement faite par les enfants et les femmes et convoyés dans les marchés.

3.3. Valeur artisanale du bois

La totalité des personnes interrogées reconnaissent préférer le bois de Prosopis africana dans leurs différentes activités à cause de sa résistance et de sa dureté. Le bois de Prosopis africana est utilisé pour la fabrication des outils agricoles, de mortiers et pilons et de leviers de véhicules etc.

Dans la construction immobilière, les perches (photo b) de ce bois servent de supports des greniers, des appâtâmes dans les marchés, pour la clôture des maisons parce qu’il est difficilement attaqué par les termites selon 75 % des personnes interrogées. Ces perches sont également préférées par les maçons comme poutres pour le soutien aux ourdis lors des dallages selon 83 % des interrogés. Le prix de ces perches est de 1500 f cfa l’unité. Le gain annuel pour ces artisans varie entre 65 000f et 90 000f cfa.

Dans les transports, la qualité du bois de Prosopis africana a fait qu’il est aussi utilisé par les conducteurs des gros camions et des remorques comme cale de forme triangulaire lors des stationnements (photo c). Au-delà d’aider le conducteur à maintenir le véhicule sur place, d’autres de forme rectangulaire et cylindrique (photo e) qui permettent de maintenir le véhicule une fois soulevée. Le coût de ces outils (directement marqués là-dessus) s’élève à 1000 f cfa pour les cales de forme cylindriques contre 500 à 800 f cfa pour ceux de forme rectangulaire.

Environ 90 % des personnes interrogées préfèrent avoir des mortiers à partir de cette espèce. Ces mortiers (photo d) et pilons (photo f) sont exposés dans les villages le long de la nationale N° 1 (photo d). Les personnes enquêtées à ce sujet reconnaissent que les plats d’igname pilée ne comportent pas de débris du mortier ou des pilons. Les prix des mortiers et des pilons varient en fonction de leur forme. Les mortiers de la gamme supérieure (qui se fabriquent uniquement sur commande des revendeuses) ont des prix qui varient de 15 000 f à 20 000 f cfa, les moyens ont des prix variant entre 5 000 f et 8 000 f cfa tandis que les petits mortiers sont vendus entre 2 000 f et 3 500 f cfa ; pour ce qui est des pilons les petits ont des prix qui varient entre 1000 f et 1500 f cfa alors que les prix des grands vont de 2500 f à 3500 f cfa. Des échanges avec ces fabricants ont permis de se faire une idée du gain annuel qui varie entre 150 000f et 180 000f cfa selon les années.

Planche n°1: Vente des différents produits issus du Prosopis africana

Source : Photo Alassane, 2018
Photo a : Vente des cure-dents au marché de la ville de Sokodé.
Photo b : Exposition des perches pour la vente le long de la nationale N°1. Photo c : Une voiture soutenue par une cale faite à base de Prosopis africana. Photo d : Exposition des mortiers pour la vente le long de la nationale N°1.
Photo e : Exposition des variétés de cales et des sacs de charbon de bois pour la vente le long de la nationale N°1
Photo f : Exposition des pilons et du bois de chauffe pour la vente le long de la nationale N°1.

Dans le domaine agricole, ce bois est également utilisé dans la fabrication des manches de houes, de dabas. Dans un milieu où la majorité de la population vit des activités agricoles, même les agriculteurs préfèrent (79 %), des machettes fabriquées à base du bois de Prosopis africana. Le prix des manches varie entre 500f et 800f cfa selon qu’il s’agisse de la manche de houe ou de daba.

Dans les ménages ou la restauration, environ 95 % des personnes interrogées préfèrent le bois de Prosopis africana comme source d’énergie à cause de la qualité de son bois et de son charbon de bois. Au-delà de l’utilisation ordinaire, tous les forgerons ont reconnu préférer le charbon de bois de cette espèce comme charbon de forge parce que ce dernier ne s’éclate en brûlant et donne un bon feu. Le prix du sac de charbon est de 4000 f cfa pour les sacs moyens et de 12 000 f cfa pour les grands sacs.

Dans un milieu où les us et coutumes sont sérieusement conservés, les griots, très nombreux dans la région, ont une bonne place dans la société. Le recours aux hommages est très fréquent et il est fait par ceux-ci, qui rappellent dans leurs chants la gloire passée des familles. Tous les griots (100 %) ont reconnu préférer les tambours dont le cadre est fait à base du bois de Prosopis africana bien qu’il soit plus cher à cause de la résistance de son bois. Pour ces griots, il est plus facile de tendre les peaux pour une très bonne résonnance. Le prix du cadre est variable en fonction de sa grandeur. Il va de 3000 f à 8000 f cfa.

Il faut souligner que de nos jours, cette espèce se fait de plus en rare. Les artisans se rabattent sur d’autres espèces ligneuses.

3.4. Valeur thérapeutique

Le recours à la médecine à base des plantes est profondément ancré dans la culture des groupes socioculturels de la Région Centrale. Les principes actifs d’après les informations recueillies auprès des guérisseurs sont situés dans différentes parties des plantes qui sont les tiges, les feuilles, les racines, les écorces, les fruits, les graines. Ces différentes parties sont utilisées dans le traitement de plusieurs maladies (tableau N°1). Cette spécialité est détenue majoritairement par les Peulhs. 85 % des interrogés reconnaît cette puissance en eux et leur font entièrement confiance. Le mode de préparation concerne le broyage de feuilles, d’écorce et de racine en poudre. Les usages sont parfois cumulés en fonction du mal que le guérisseur veut combattre. De toutes ces parties, les tiges sont les parties les plus utilisées avec 36 %, suivies des feuilles avec 34 %.

La totalité des guérisseurs enquêtés avancent que les prélèvements se font en fonction des besoins et ceci au détriment de la survie des espèces. Il est recommandé d’effectuer les prélèvements tôt le matin car ils estiment que les vœux formulés au réveil ou avant d’échanger des paroles avec quelqu’un sont très souvent exhaussés. Toutefois, dans des cas spécifiques des maladies complexes à connotation de sorcellerie ou dans des cas d’envoûtement ou de désenvoûtement, des dispositions très particulières sont prises pour prélever le matériel végétal. Il faudrait :

  • être dans un état spirituel pur (éviter un acte sexuel 24 h avant) avant d’aller vers levégétal ;
  • prélever les écorces du côté Est et du côté Ouest pour certains, dans les quatre pointscardinaux pour d’autres ;
  • demander à l’espèce végétal de vous permettre de traiter le malade ;
  • remercier d’avance après prélèvement et partir sans regarder derrière pour assurer la réussite du rituel.

Soulignons que l’aspect métaphysique apparaît dominant dans les prélèvements de cette plante. Le prélèvement se fait à des heures particulières en fonction de la maladie ; certains se font à l’aube, d’autres à midi et certains prélèvements au coucher du soleil. Il faut enfin noter que pour la plupart du temps, le guérisseur ne parle avec personne pour la récolte de l’aube. Pour les autres récoltes de la journée, seuls ces guérisseurs connaissent les dispositions particulières qu’ils gardent très jalousement.

Tableau n°1: Maladies traitées par les différentes parties du Prosopis africana en médecine traditionnelle

Source : Travaux de terrain

En dehors de cette utilisation dans le domaine de la médecine traditionnelle, le bois de Prosopis africana est très sollicité une plante très recherchée dans diverses utilisations l’artisanat, dans l’énergie.

4. Discussion

Dans la Région Centrale, l’utilisation de Prosopis africana est très répandue. Cette espèce végétale jadis conservée est aujourd’hui très menacée à cause de ses multiples fonctions dans le domaine artisanal, médicinal, commercial et dans la construction. L’utilisation de ces différentes parties pour le traitement de diverses affections contribue énormément à la sécurité sanitaire des différents groupes socioculturels. Le nombre et la diversité des usages de Prosopis africana sont indicatifs du rôle de cette espèce végétale dans les différents groupes socio-culturels.

L’utilisation traditionnelle des plantes médicinales est d’une grande importance socio- économique dans cette région où la majorité de la population est pauvre. Dans un contexte socio-économique où la majorité des ménages ne peut pas se payer des médicaments issus de l’industrie pharmaceutique en raison de leur prix, les plantes médicinales ont un rôle majeur dans les systèmes de santé traditionnels. C’est la raison pour laquelle les organes de Prosopis africana sont fortement utilisés dans la pharmacopée traditionnelle. Au-delà de leur utilisation dans la tradithérapie, les feuilles de Prosopis africana sont très appétées par les animaux surtout les bovins. Le bouvier n’hésite pas à élaguer des branches pour permettre à ses animaux de se nourrir. Cette observation a été faite par A. Laouali et al. (2014, p. 1064) dans leur étude sur l’utilisation de Prosopis africana dans le sud du Département de l’Aguié au Niger, par A. Abalo et al. (2010, p. 5) dans leur article sur la diversité des fruits ligneux spontanés du Togo. Ces résultats rejoignent également ceux de S. Dah (2009, p. 47) et de la FAO (2012, p. 11) qui ont souligné l’importance de l’utilisation de plantes fourragères en Afrique de l’ouest car en saison sèche les herbacées deviennent rares et peu nutritives et ne permettent plus aux animaux de couvrir leurs besoins énergétiques. Mais, il faut souligner que ce dernier a insisté beaucoup plus sur les gousses qui sont disponibles durant la saison sèche, février-mars, période qui correspond à la rareté des herbacées. Selon cet auteur, Prosopis africana fait partie des espèces ligneuses qui présentent des potentialités fourragères intéressantes pour l’alimentation des ruminants domestiques basée sur l’utilisation des pâturages naturels.

L’émondage et l’abattage constituent des sources de menaces pour les espèces. De pareils résultats sont en accord avec ceux obtenus par A. B. Sinsin et al. (2009, p. 1436) qui démontrent que les ressources végétales sont soumises à de fortes pressions humaines (agriculture, transhumance, émondage, feux de végétation, collecte des PFNL) qui à divers degrés influencent négativement la conservation durable des forêts. S. Melom et al. (2015, p. 3805) qui ont fait un inventaire sur les ressources végétales au Tchad ont pu montrer que certaines espèces à forte valeurs utilitaires comme Detarium microcarpum et Prosopis africana méritent une attention particulière parce que menacées de disparition à cause de la pression pastorale. Pour ces auteurs, ces deux espèces méritent des mesures conservatoires particulières comme l’érection de leurs zones écologiques en aires protégées ou la définition d’une utilisation rotationnelle de leurs produits. Ces résultats sont conformes aux nôtres d’autant plus que la pression sur Prosopis africana est aussi signalée dans la zone d’étude.

D’autres utilisations des différentes parties de Prosopis africana ont été également observées dans la zone d’étude. Ainsi, des racines aux écorces en passant par la tige, toutes les parties de cette espèce sont utilisées par les communautés locales. Ceci corrobore les résultats de M. Dossou et al. (2012, p. 44) qui stipulent que divers organes de Prosopis africana sont utilisés par la population du Sud Nigéria et de la forêt marécageuse d’Agonvè au Sud-Bénin pour la satisfaction de leurs besoins économiques, alimentaires et socio-culturels. Ils vont des fruits, des racines, aux écorces et parfois même aux fleurs et exsudats d’écorces (M. O. Agbogidi, 2010, p. 184 ; J. T. C. Codjia et al. 2007, p. 13). T. O. Houetchegnon (2016, p. 121) dans son étude au Bénin, en a trouvé en tout 51 maladies et symptômes reconnus pour être traitées avec Prosopis africana. Pour cet auteur, il en a cité les gousses, les graines et les fleurs qui sont aussi toutes utilisées dans le traitement de certaines maladies.

La préférence d’utilisation de Prosopis africana dans l’artisanat, le service et des objets d’art par rapport aux autres espèces est due au caractère particulièrement résistant de son bois. En effet, c’est un bois très dur qui résiste aux termites et peut servir plusieurs années durant. Ceci pousse certains paysans à le conserver jalousement dans leurs champs. Ces résultats sont similaires à ceux trouvés par A. Laouali et al. (2014, p. 1068), T. O. Houetchegnon (2016, p. 130) qui ont tous démontré la préférence de Prosopis africana dans la fabrication des mortiers, des pilons, du charbon de bois, du bois de feu. Ces résultats sont similaires à ceux trouvés par Z. Koumoi et al. (2014, p. 100) en pays Tem, au niveau d’un seul groupe socioculturel où Prosopis africana arrive en deuxième position après Borassus aethiopum pour son utilisation comme bois d’œuvre et en quatrième position pour son charbon de bois.

Pour T. O. Lougbegnon et al. (2012, p. 67), la pression anthropique ne cesse d’augmenter sur les forêts malgré les nombreuses actions de conservation. Cette observation a été faite par ces auteurs dans la forêt communautaire d’Igbodja à Savè (Bénin) où Prosopis africana vient en deuxième position après Burkea africana parmi les espèces ligneuses utilisées comme bois de feu et de charbon de bois. Leur résultat corrobore les nôtres dans l’estime des populations à utiliser cette espèce ligneuse comme source d’énergie.

Pour I. Baggnian et al. (2013, p. 5746) leur étude sur le centre et le sud du Niger a montré que la pression sur les arbres est un facteur très important dans les terroirs disposant d’un marché rural sans doute à cause de la forte demande et de la facilité d’écoulement. Ces auteurs classent d’ailleurs la présence ou la création d’un marché comme premier facteur de pression sur les ressources végétales. Ce résultat confirme nos résultats à cause de la position géographique de cette région qui est au centre du pays. Les grandes agglomérations et les localités où sont exposés ces objets artisanaux et disposant de grands marchés de vente de produits agricoles sont situées sur la nationale N°1.

Pour G. Yaméogo et al. (2013, p. 1093) Prosopis africana fait partie des bois dur à l’instar de Diospyros mespiliformis, Anogeissus leiocarpus, Balanites aegyptiaca. Ces bois sont utilisés dans le terroir de Vipalogo (Burkina Faso) pour la confection des équipements agricoles et des objets d’art ; ce sont les mêmes qui sont utilisés pour ce qui concerne le bois de service, notamment dans le domaine de la construction (habitations, hangars, grenier entre autres), la résistance aux termites est privilégiée quand bien même la résistance physique joue également un rôle dans les choix. Ils ont cité aussi certaines espèces exotiques comme Azadirachta indica, Eucalyptus camaldulensis, ce qui n’est pas le cas dans notre zone d’étude.

Au-delà de ces différentes utilisations dans la Région Centrale, d’autres ont reconnu diverses autres manières dont les populations se servent de Prosopis africana. Les graines sont très largement consommées et commercialisées comme condiment pour la fabrication de la moutarde dans le sud et le Centre Bénin selon T. O. Houetchegnon (2016, p. 142) et O. M. Agbogidi (2010, p. 184). Dans l’Etat du Delta au Nigeria, Prosopis africana vient en troisième position dans l’utilisation des espèces végétales dans l’alimentation après Afzelia africana, Elaeis guinensis. A. Laouali et al. (2014, p. 1069) ont montré que les fruits sont consommés dans le sud du Département d’Aguié (Niger). Ces différentes utilisations ne sont pas connues des populations du Centre du Togo qui sont plutôt agriculteurs et éleveurs. Les connaissances ethnobotaniques de Prosopis africana diffèrent selon les différents groupes socioculturels à travers l’Afrique de l’ouest.

Pour J. G. Djego et al. (2011, p. 1435), les ressources végétales constituent pour les ruraux du sud et du centre du Bénin, d’importantes sources de soins médicaux et d’aliments. Ces espèces sont mal gérées du fait de la forte emprise humaine. Ces auteurs ont dénombré 232 espèces utiles dans cette zone dont 96 % sont utilisées en médecine traditionnelle et une quinzaine dans l’alimentation. Les résultats de leur étude sont conformes aux nôtres puisque

Prosopis africana fait également parti des espèces alimentaire et médicinale dans cette partie du Bénin. Ces auteurs ont aussi montré que la fréquence d’utilisation des plantes médicinales selon les localités investiguées présente une différence significative au Sud du pays où le pourcentage est inférieur à 5 % et non significative au Centre où le pourcentage est supérieur à 5 %, ce que notre étude ne montre pas puisqu’aucune comparaison n’a été faite par rapport à une autre région du pays. Pour S. Shaffard-Sylla (2007, p. 89), cet auteur a montré aussi que Prosopis africana est également reconnue à travers ses capacités à résister aux parasites, résultat conforme à notre étude.

Conclusion

Cette étude a mis en valeur l’importance des ressources forestières en général et particulièrement Prosopis africana pour les communautés locales de la Région Centrale au Togo. En se basant sur les organes de Prosopis africana, il ressort que la plante a plusieurs utilités : la médecine traditionnelle humaine, l’énergie, la construction immobilière, l’artisanat, la culture, l’alimentation.

Cette multiplicité des usages est un facteur d’amenuisement de la plante dans son aire de distribution alors qu’elle a un potentiel de régénération très faible, ce qui la menace de disparition.

La médecine traditionnelle reste encore le premier recours pour la très grande majorité de la population africaine en générale et de la Région Centrale du Togo en particulier à cause de l’inaccessibilité des médicaments conventionnels. La phytothérapie traditionnelle, était et reste actuellement sollicitée par la population ayant confiance aux usages populaires et n’ayant pas les moyens de supporter financièrement de la médecine moderne.

Les feuilles, les rameaux feuillés, les écorces constituent les organes les plus utilisés et les prélèvements abusifs représentent des sources de menaces pour les espèces en général et de Prosopis africana.

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