Profil sociodémographique…

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Profil sociodémographique des exploitants et activités pratiquées sur les barrages pastoraux de Pokaha et de Lavonnonkaha, dans la Sous- préfecture de Karakoro (Nord de la Côte d’Ivoire)

1Tiécoura Hamed COULIBALY

Résumé :


Dans le Nord de la Côte d’ivoire, les barrages pastoraux ont constitué des outils de développement de l’élevage et des alternatives aux conflits entre agricultures et éleveurs. Progressivement, de multiples usages ce sont développés autour et sur les plans d’eaux des barrages pastoraux de Pokaha et de Lavonnonkaha dans la Sous- préfecture de Karakoro. Egalement, cette multifonctionnalité entraine la coexistence d’exploitants aux caractéristiques sociodémographique différents. Quelles sont les caractéristiques sociodémographiques des exploitants et les activités de valorisation des barrages pastoraux de Pokaha et de Lavonnonkaha ? Cet article a pour objectif l’analyse du profil sociodémographique des exploitants et des activités pratiquées sur les barrages pastoraux de Pokaha et de Lavonnonkaha. La démarche méthodologique s’appuie sur la recherche documentaire, l’observation et l’enquête de terrain. Les résultats révèlent l’existence de multiples activités économiques autour des deux barrages (agriculture, pêche, élevage, construction de routes et de bâtiments). La multiplicité des acteurs a entrainé des conflits d’usages et l’interdiction de pêche pour les "Bozo" en 2015. Également, les activités effectuées sur les barrages ont des incidences socioéconomiques mitigées sur les villages de Pokaha et de Lavonnonkaha du fait de l’absence de comités de gestions villageois.

Mots-clés : Côte d’Ivoire-Pokaha-Lavonnonkaha-Activités économiques-Barrages pastoraux-Usages

 

Introduction

Dans le Nord Ivoirien, zone de transhumance des troupeaux des éleveurs peuhls des pays limitrophes (Mali et le Burkina Faso), plusieurs conflits opposent agriculteurs et éleveurs à partir de la décennie 1960-1970 (T. Le Guen, 2004, p. 2). Pour les juguler, l’État érige de nombreux barrages pastoraux destinés à sédentariser les éleveurs. Leur érection est arrimée à des objectifs politiques et économiques. En effet, pour un pays qui n’avait pas de forte tradition pastorale, l’arrivée de pasteurs était une opportunité pour développer un élevage national et limiter la dépendance du pays auprès des voisins sahéliens en matière de ravitaillement en ressources animales. Aussi, permettent-ils à la fois de maîtriser la divagation du bétail en créant des couloirs de transhumance et de sédentariser les éleveurs en leur fournissant des infrastructures pour le développement de l’activité. Ces petits barrages initialement à vocation pastorale apportent également une ressource en eau pérenne qui favorise le développement d’activités auxiliaires telles que la pêche et l’agriculture. À Karakoro, sous-préfecture située dans le département de Korhogo, sur les barrages de Pokaha et de Lavonnonkaha, initialement destinés à l’usage pastoral, diverses formes d’usages se développent progressivement sur les rives et plans d’eaux. En effet, avec la mise en place des projets de développement maraîchers par l’Agence de Coopération Technique Allemande (les projets PRODEMIR, PROPACOM-PRAREP, PROFIAB), l’Agence Française de Développement (le projet PAFARCI) des activités de productions maraîchères s’organisent sur les rives. L’exercice de la pêche artisanale sur les plans d’eaux entraine la coexistence de plusieurs utilisateurs des ouvrages. Ainsi, ces barrages constituent une opportunité de développement d’une agriculture de contre saison, de l’aquaculture, de la pêche continentale et d’amélioration des conditions d’élevage. Dans la Sous-préfecture, la baisse de la rentabilité de la culture du coton et les contraintes foncières liées à la charge démographique élevée (T. H. Coulibaly, 2017, p. 51, p. 105) incitent les producteurs à coloniser les rives des barrages. Leurs exploitations contribuent au développement d’une spécialisation maraîchère (A. Fromageot, 2007, p. 230). En fonction des formes d’usages observées, les exploitants présentent des caractéristiques sociodémographiques différentes et développent différentes stratégies pour capter la ressource foncière à des fins agricoles ou pour instaurer un monopole d’exploitations des ressources halieutiques. Quelles sont les caractéristiques sociodémographiques des exploitants et les activités de valorisation des barrages pastoraux de Pokaha et de Lavonnonkaha ? Cet article a pour objectif l’analyse du profil sociodémographique des exploitants et des activités pratiquées sur les barrages pastoraux de Pokaha et de Lavonnonkaha.

1-Méthodologie

1.1. Présentation de la zone d’étude

L’étude est réalisée dans deux villages mitoyens de la localité de Karakoro (figure 1). Le barrage de Lanvonnonkaha est situé sur le finage du village éponyme et à 1,24 Km au Sud de Karakoro. Celui de Pokaha se localise au Nord, à 1 Km de Karakoro. Les deux barrages ont été construits en 1989. La population est de 1 722 habitants à Pokaha et de 352 habitants à Lavonnonkaha (RGPH, 2014). Le milieu biophysique se caractérise par un climat tropical humide avec des précipitations qui varient entre 1 200 et 1 400 mm de pluie par an (L. Yéo et al., 2016, p. 47). Les sols hydromorphes, ferrugineux et ferralitiques moyennement désaturés sont les plus rependus. Ils sont propices à la production du coton, de l’anacarde, de la mangue, des cultures céréalières et maraichères A. M. Koffi-Didia et al. (2016, p. 69).

Carte 1: Localisation de la zone d'étude

1.2. Collecte de traitement de données

Les données utilisées sont issues de la recherche documentaire et d’enquêtes de terrain. Les écrits de F. Gourdin et al., (2007), A. Coulibaly et al. (2007), T. Le Guen (2004), L. Renaudin (2012), K. Napon (2013), A. F. Vanga (2012), D. Koudou (2014), P. D. Silué et al. (2014), et K. Sanou et al. (2015) ont permis d’obtenir des données générales sur l’exploitation des barrages. Spécifiquement, leurs études mettent en relief les caractéristiques sociodémographiques des exploitants, l’évolution des modes d’usage des barrages hydroélectriques, hydro-agricoles et pastoraux ; les impacts socioéconomiques qui y sont liés et les conflits qui opposent les différents utilisateurs des ressources en eau. Ces données secondaires sont complétées par des enquêtes de terrains. Elles se sont déroulées de septembre 2018 à juillet 2019. Cette période d’enquête permet d’observer les conditions d’exploitations des barrages en saison pluvieuse et en contre saison. Pour collecter les données de terrain, trois techniques ont été utilisées : l’enquête par entretiens, l’enquête par questionnaire et l’observation des faits. Sur la base de guides d’entretiens, des échanges ont eu lieu avec le Sous-préfet et le Maire de Karakoro, les chefs coutumiers de Pokaha et Lavonnonkaha, le président du Club des Pécheurs Amateurs de Korhogo (CPAK), les responsables des groupements de production de maraîchers localisés sur les rives des différents barrages et le Directeur régional du Ministère des Ressources Animales et Halieutiques. Les échanges ont porté sur les conditions d’utilisation des terres mitoyennes des barrages à des fins agricoles, l’identification des projets agricoles vulgarisés sur les périmètres maraîchers, les conditions fixées pour l’exercice de la pêche sur les retenues d’eaux, et les déterminants des conflits entre les différents usagers. Le questionnaire a été administré aux pécheurs, agriculteurs, éleveurs et lavandiers. En l’absence d’une base de sondage fiable sur les différents acteurs susmentionnés, l’échantillonnage par accident (M. F. Fortin, 2010, p. 283) a été adopté pour constituer notre échantillon. Cette technique consiste à administrer systématiquement le questionnaire aux exploitants rencontrés au cours de nos différents passages sur les sites des deux barrages. Notre échantillon est composé de 170 enquêtés (Tableau 1).

Tableau 1: Répartition des personnes enquêtées au niveau des barrages pastoraux de Pokaha et de Lavonnonkaha

Barrages

Types d’acteurs

Nombre de personnes enquêtés

Pokaha

Agriculteurs

37

76

Pêcheurs

23

Lavandiers

13

Eleveurs

03

Lavonnonkaha

Agriculteurs

43

94

Pêcheurs

31

Lavandiers

15

Eleveurs

05

Total

170

Source : Nos enquêtes, 2019

Les questions administrées ont porté sur les caractéristiques sociodémographiques des enquêtés. Pour les pêcheurs, des questions complémentaires ont été posées sur leurs localisations résidentielles et l’orientation de l’activité. Au niveau des agriculteurs des questions se sont référées aux modes d’acquisition des terres cultivées, l’impact du barrage sur la production agricole, les problèmes rencontrés (types de conflits d’usages) et l’orientation de l’activité. Avec les éleveurs, nos questions ont été axées sur les dégâts de cultures provoqués par les troupeaux, les modes de résolutions et les conditions d’usage du barrage. Pendant la période d’administration du questionnaire, des observations ont été faites afin de cartographier les modes d’occupation des rives des barrages par les exploitants et de vérifier les informations obtenues lors des entretiens. Les données ont été traitées à partir des logiciels Sphinx, Excel et Adobe Illustrator, afin de produire des tableaux statistiques et des figures.

2-Resultats et analyses

L’analyse des résultats s’organise autour de 2 principaux axes : l’identification des caractéristiques sociodémographiques des exploitants et l’analyse des activités liées aux deux barrages pastoraux.

2.1. Caractéristiques sociodémographiques des exploitants des barrages de Pokaha et de Lavonnonkaha

Les données sociodémographiques collectées ont porté sur le sexe, le niveau d’instruction, les activités professionnelles exercées et leurs zones de résidence (Tableaux II, III et IV). Quel que soit la zone d’enquête, nous constatons que les agriculteurs et les pêcheurs sont les plus nombreux avec des proportions respectives de 48,7% et 30,3% des exploitants au niveau du barrage de Pokaha ; de 44,3% et 31,9% pour le barrage de Lavonnonkaha. Par rapport au sexe, les femmes sont majoritairement représentées au niveau des exploitants avec une proportion 52,7% à Pokaha et de 53,2% de l’effectif total des exploitants du barrage de Lavonnonkaha. Cette proportion élevée des femmes est liée à la pratique de la production maraîchère et à l’usage de l’eau pour la lessive. Cependant, sur la base des entretiens avec les chefs des différents villages et les producteurs rencontrés, d’autres facteurs sociologiques pourraient s’expliquer cette situation. Pour ces derniers, la pénibilité de l’exploitation des bas- fonds affecte négativement la virilité des hommes et la culture maraichère est une activité dévolue à la femme dont l’un des rôles essentiels est la production de légumes pour la consommation domestique. Egalement, ils préfèrent leurs concéder ces unités topographiques dans cette zone où la charge démographique élevée pose des problèmes de disponibilités foncières pour garantir la l’accès des femmes à la terre. Contrairement aux agriculteurs, les pêcheurs sont exclusivement des hommes. Au niveau de l’instruction, 50% des exploitants du barrage de Pokaha sont des analphabètes contre 43,6% pour le barrage de Lavonnonkaha. Les agriculteurs constituent la catégorie d’exploitants où le taux d’analphabétisme est le plus élevé. Dans l’effectif des pêcheurs, 43,5% et 39,1% des exploitants du barrage de Pokaha ont respectivement des niveaux d’étude universitaire et du secondaire. À Lavonnonkaha, cette proportion varie respectivement de 45,2% et 35,5%. Ces pêcheurs qui ont un niveau d’instruction élevé sont majoritairement des résidents de Korhogo (Tableau IV).

Tableau 2: Répartition des enquêtés selon le sexe et le niveau d’instruction

Barrages

Types d’acteurs

sexe

Niveau d’instruction

Total

H

F

Analphabète

Primaire

Secondaire

Supérieur

Pokaha

Agriculteurs

09

28

24

12

01

00

37

Pêcheurs

23

00

02

02

09

10

23

Lavandiers

01

12

09

04

00

00

13

Eleveurs

03

00

03

00

00

00

03

Total

36

40

38

18

10

10

76

Lavonnonkaha

Agriculteurs

07

36

24

17

02

00

43

Pêcheurs

31

00

01

05

11

14

31

Lavandiers

02

13

11

04

00

00

15

Eleveurs

04

01

05

00

00

00

05

Total

44

50

41

26

13

14

94

Source : Nos enquêtes, 2019

Les catégories d’activités professionnelles identifiées au niveau des pêcheurs sont : l’artisanat, le commerce, les fonctionnaires et agents du privé. Ainsi, 57,4% des pêcheurs sont des fonctionnaires et agents du privé, 33,33% sont des commerçants et 9,3% sont des artisans (Tableau III). Les enseignants (instituteurs, professeurs des lycées et les enseignants - chercheurs de l’universitaire de Korhogo) constituent 90,7% de l’effectif total des fonctionnaires et agents du privé. Regroupés au sein du Club des Pêcheurs Amateurs de Korhogo, par contractualisation avec la mairie de Karakoro et les chefs coutumiers des villages respectifs, ces derniers détiennent depuis Mars 2015 le droit exclusif d’exploitation des ressources halieutiques des deux barrages.

Tableau 3: Les principales activités exercées par les pêcheurs

Barrages

Activités professionnelles

Total

Artisans

Commerçants

Fonctionnaires et agents du privé

Pokaha

02

07

14

23

Lavonnonkaha

03

11

17

31

Total

05

18

31

54

Source : Nos enquêtes, 2019

Les membres du CPAK enquêtés sont à 92,6% des résidents de Korhogo (Tableau IV). Au niveau des agriculteurs, 78,4% des exploitants des rives du barrage de Pokaha sont des autochtones de la localité éponyme contre 21,6% qui sont des résidents de Karakoro. À Lavonnonkaha, 79,1% des producteurs sont des résidents du village et 29,9% viennent de Karakoro. Les pêcheurs enquêtés sur le site sont à 93,5% des résidents de Korhogo. Les lavandières de Lavonnonkaha, exclusivement des femmes, sont majoritairement représentées avec une proportion de 86,7%. Les éleveurs rencontrés viennent de Lavonnonkaha (60%) et de Karakoro (40%).

Tableau 4: Localisation résidentielle des enquêtés

Barrages

Types d’acteurs

Localisation résidentielle

Total

Pokaha

Lavonnonkaha

Karakoro

Korhogo

Pokaha

Agriculteurs

29

00

08

00

37

Pêcheurs

00

00

02

21

23

Lavandiers

12

00

00

01

13

Eleveurs

01

00

02

00

03

Total

42

00

12

22

76

Lavonnonkaha

Agriculteurs

00

34

09

00

43

Pêcheurs

00

02

00

29

31

Lavandiers

00

13

00

02

15

Eleveurs

00

03

02

00

05

Total

00

52

11

31

94

Source : nos enquêtes, 2019

2.2. Une diversification des formes d' exploitation des barrages

2.2.1. L’usage agricole des rives

La présence permanente d’eau dans les réservoirs des barrages offre la possibilité d’une production agricole de contre saison. Les rives des barrages de Pokaha et de Lavonnonkaha font l’objet de colonisation agricole constante pour bénéficier de l’eau pour l’irrigation. Les différentes spéculations produites sont les maraîchers, le maïs et les tubercules (patate et manioc). Le développement de la production maraîchère sur ces sites intervient dans la décennie 1990 avec la mise en place du projet oignon par la CIDV (Compagnie Ivoirienne de Développement des productions Vivrières). Cette production orientée vers les marchés urbains a stimulé le développement de la culture de l’oignon de contre saison. À l’image de la CIDV (de 1988 à 1994), la coopération allemande au développement (GIZ) et l’Agence Française au Développement (AFD) y ont initié de nombreux projets de production maraîchère et de développement du genre. En 2016 dans le cadre de la mise en œuvre du Contrat de Désengagement et de Désendettement en Côte d’Ivoire (C2D), l’AFD a aménagé deux sites maraîchers (Figure 2) sur les rives des barrages de Pokaha (10 ha aménagés) et de Lavonnonkaha (6 ha aménagés) à travers le Projet d’Appui à la Relance des Filières Agricoles de Côte d’Ivoire (PARFACI). Dotés de système de goute à goute et de motopompe pour faciliter l’irrigation des parcelles à partir des barrages, les groupements de femmes (bénéficiaires du projet) produisent l’oignon en contre saison et les autres maraîchers (piments, aubergines, tomates, carottes, gombos etc) en saison pluvieuse. Les sites ont été concédés aux productrices par les chefs de terres des villages respectifs. Cependant, contrairement au chef de terre de Pokaha qui a cédé la terre à titre transitoire sans aucun prélèvement financier, celui de Lavonnonkaha capte une contrepartie financière annuelle de 2000 F CFA/Femmes. Outre les groupements de production de maraicher installés dans le cadre des projets, d’autres producteurs exploitent les rives (Figure 2). Composés de femmes et d’hommes, ils accèdent aux sites de production par le canal de l’héritage, du don temporaire ou de location annuelle (Tableau V).

Carte 2: Localisation des sites de pêches et de production agricole à Lavonnonkaha et Pokaha

Trois modes d’accès au foncier, pour la production agricole, ont été identifiés : Le don temporaire, la location et l’héritage. 43,8% des producteurs enquêtés accèdent aux parcelles par le canal du don temporaire, 41,2% louent les sites de production et 15% exploitent les terres dont ils ont hérité.

Tableau 5: Mode d’accès au foncier pour la production agricole

Barrages

Mode d’accès au foncier

Total

Don

Location

Héritage

Pokaha

26

06

05

37

Lavonnonkaha

09

27

07

43

Total

35

33

12

80

Source : Nos enquêtes, 2019

Spécifiquement, à Pokaha la proportion des producteurs ayant accès à la terre par le canal du don temporaire est très élevée (70,3%) contrairement à Lavonnonkaha où ils ont une représentativité de 20,9% dans l’effectif total des enquêtés. Comme susmentionnées, la parcelle de production maraîchère des femmes exploitantes des rives du barrage de Pokaha (10 ha) a été cédée par le chef de terre sans contrepartie. Cependant ce don est transitoire. La location des terres à Pokaha (16,2%), se fait en contrepartie de travaux de labour ou de récolte de coton sur la parcelle du propriétaire.

Certes, la production maraichère sur les rives des barrages pastoraux de Pokaha et Lavonnonkaha contribue au développement du genre et à la disponibilité de légumes frais pour la consommation domestique, mais son impact économique reste mitigé. En effet, plusieurs projets de développement de la culture maraîchère ont été initiés sur ces espaces. Des innovations telles que l’irrigation au goute à goute, l’apport de semences de variétés améliorées d’oignon, des fonds de roulement et des appuis conseils ont été mis à disposition de groupements de production. Cependant, qu’après la vulgarisation de plusieurs projets, le niveau de production reste faible et un abandon des sites aménagés lorsque le projet arrive à son terme. Ce disfonctionnement pourrait s’expliquer par divers motifs, notamment l’influence des autorités politique de la commune qui font croire aux productrices que les projets ont été obtenus par le truchement de leur intervention auprès de l’État et des partenaires techniques financiers. Ainsi, ces dernières rechignent au recouvrement des fonds de roulement mis à leur disposition, protestant que le projet est une émanation de leurs élus locaux.

2.2.2. L'exploitation des ressources halieutiques

L’exploitation des ressources halieutiques se faisait par les membres du CPAK et des Bozos avant mars 2015. Les Bozos sont des pêcheurs professionnels originaires du Nord du Mali qui pratiquent la pêche à l’aide de pirogue et de filets maillants. La cohabitation entre les deux catégories de pêcheurs sur les différentes retenues d’eau a entrainé de nombreux conflits liés à l’exploitation des ressources halieutiques. Les Bozos refusaient que les autres pratiquent l’activité car ils estimaient qu’ils s’acquittaient d’un droit d’exploitation auprès de la collectivité territoriale (mairie de Karakoro). Ce droit s’élevait à 500 F CFA par séance de pêche. Face aux nombreuses altercations, les pêcheurs autochtones ont décidé de créer une association afin de s’approprier le droit d’usage exclusif d’exploitation des ressources halieutiques des deux barrages. En mars 2015, après plusieurs démarches effectuées auprès de la direction régionale du Ministère des Ressources Animales et Halieutiques, du Sous-préfet de Karakoro, du Maire et des autorités coutumières de Pokaha et Karakoro, il a été mis en place le Club des Pêcheurs Amateurs de Korhogo (CPAK). Sur la base des concertations, le droit d’exploitation exclusif des ressources halieutique par les membres du CPAK est de 37 000 F CFA/mois/barrage. Cette somme est repartie entre la mairie, la mutuelle du village et les surveillants du barrage. La mairie perçoit un montant de 20 000 F CFA, contre 10 000 F CFA pour la mutuelle du village et 7 000 F CFA pour les surveillants. Aussi, le CPAK interdit-il aux adhérents l’usage de filets pour le prélèvement des ressources halieutiques. La canne, moulinet et la ligne de fond sont les outils de pêches autorisés (Photo 1). Les pécheurs à la canne érigent des postes de pêches (Figure 2 ; Planche à photo 1, image B) afin de se protéger des rayons du soleil et faciliter l’usage de multiples cannes. Sur instruction de la direction régionale du ministère des ressources halieutiques, le CPAK organise-t-il pendant l’année civile une journée de pêche au filet (Planche à photo 1, image A) où le prélèvement est commercialisé. Pour cette opération, ils sollicitent les services des Bozos à 30 000 F CFA/jour/barrage. Ils utilisent des filets maillants de dimension 15X3 et de maille 40 mm. Les produits de cette pêche sont prioritairement vendus aux membres du CPAK à 1000 F CFA/Kg (Planche à photo 1, images C et D). La vente s’organise sur les rives des barrages. Pour l’année 2019, l’opération effectuée en mars a généré un revenu total de 400 000 F CFA/ barrage, qui a été déposé dans les caisses du club.

Planche à photo 1: Exploitations des ressources halieutiques des barrages de Pokaha et Lavonnonkaha

Bien qu’effectué comme une activité de loisir, d’autres motifs d’exercice de cette activité ont été identifiés. 69,1% des enquêtés utilisent le poisson pour la consommation domestique et 30,9% en plus de l’autoconsommation, commercialisent une partie des ressources halieutiques. Le choix de la commercialisation opérée par ces acteurs est motivé par la recherche de ressources financière pour se procurer les appâts et la poudre de céréale (maïs, mil, sorgho) utilisés pour la pêche.

2.2.3. Le pastoralisme

Initialement construits pour le développement du pastoralisme, la production agricole et la pêche constituent aujourd’hui les principales sources de valorisation des barrages. L’élevage est exclusivement exercé par des autochtones qui sous-traitent avec des peulhs et se fait de manière ponctuelle autour des barrages. Les peulhs, sur la base de contrat annuel conclu à l’amiable, sont chargés de faire abreuver les troupeaux et les faire paître. L’élevage est considéré comme une forme de thésaurisation. En effet, 90% des éleveurs investissent dans le secteur pour détenir des bœufs de culture attelée qu’ils font louer pour le labour des terres. Hormis, les heures d’abreuvage, les troupeaux sont parqués dans des enclos qui sont bâtis à proximité des habitats. Pour éviter les dégâts de cultures par les troupeaux, des haies mortes, composées de tronc d’arbres et de barbelés, sont érigées autour des sites maraîchers. Ces barrières ont permis d’atténuer les conflits entre agriculteurs et éleveurs autour des plans d’eaux. Outre l’agriculture, la pêche et l’élevage, les barrages sont exploités à d’autres fins.

2.2.4. Les autres formes d'exploitations 

Les maçons de Karakoro, les lavandiers et les sociétés de Bâtiments et Travaux Publics (BTP) constituent les autres acteurs de l’exploitation des retenues d’eaux. Le Groupe EBOMAF, en charge des travaux de bitumage de la ville de Korhogo, utilise les ressources en eau du barrage de Pokaha pour effectuer les différentes opérations. Le droit de prélèvement de l’eau leur a été accordé par la mairie de Karakoro en contrepartie d’un montant journalier de 20 000 FCFA. Trois (3) véhicules citernes de 36 000 litres et deux véhicules citernes de 18 000 litres (Planche à photo 2, image B) effectuent des prises d’eau à l’aide d’une motopompe installée sur la rive du barrage par le Groupe EBOMAF. Sur la base des entretiens réalisés avec les chauffeurs, chaque véhicule effectue en moyenne trois dessertes par jour, soit une ponction journalière de 432 000 litres d’eau. Certes, la mairie dispose d’un recouvrement journalier de 20 000 FCFA, mais l’opération de prélèvent de l’eau du lac pourraient impacter la production maraîchère. Les quantités quotidiennes prélevées en saison sèche contribue au rétrécissement du plan d’eau et rend inopérant les motopompes des groupements dont les puissances sont faibles.

Planche à photo 2: Usage de l'eau du barrage de Pokaha pour la confection de briques et travaux BTP

L’eau du barrage est également utilisée par les maçons de Karakoro pour la confection des briques d’habitats (Planche à photo 2, image A) et par la société EKF pour les travaux d’extension du Collège Moderne de Karakoro.

3-Discussion

L’étude l’analyse le profil sociodémographique des exploitants et les activités pratiquées sur les barrages pastoraux de Pokaha et de Lavonnonkaha. L’analyse des multifonctionnalités (figure 3) des deux barrages est adapté au modèle de L. Renaudin (2012, p. 4). Les petits barrages, présentant de multiples fonctionnalités doivent être perçues comme de véritables objets d’aménagement du territoires (J. P. Vénot et al., 2011, p. 114). Leurs valorisations sont contributives à la sécurisation alimentaire en contre saison, l’agriculture irriguée dans cette zone à climat tropical humide, la pratique de la pêche continentale, l’abreuvement des troupeaux et la pratique d’activités artisanales.

Figure 1: Modèle d'analyse des fonctionnalités des barrages de Pokaha et de Lavonnonkaha

Source : Adapté de L. Renaudin, 2012, p. 4

Les deux barrages ont pour fonction principale l’accumulation des eaux de pluie afin de disposer de la ressource en contre saison et de dynamiser l’activité pastorale. En plus de cette fonction primaire, d’autres formes d’usages ce sont développement progressivement. Ce sont la confection de briques, la production agricole, l’usage domestique, la pêche, la construction des écoles et le bitumage des voies de communication. Les multi-usages qui se sont développés sur et autour des plans d’eaux sont révélateurs d’opportunités et de risques conflictuels. Les opportunités s’appréhendent au niveau du développement du maraichage marchand (A. Fromageot, 2007, p. 231) et de l’exercice de la pêche. La production maraîchère participe au développement du genre, par l’intégration des femmes des villages de Pokaha et Lavonnonkaha dans une économie agricole marchande sur la base de projet. Ainsi, les enquêtes ont permis d’identifier la proportion élevée de femmes au niveau des agriculteurs et lavandiers, alors que les hommes sont majoritaires dans l’effectif des éleveurs, et sont les acteurs exclusifs de la pêche. La proportion élevée des femmes dans l’effectif des exploitants agricoles des rives des barrages pastoraux étudiés est consolidée par les pouvoirs politiques à travers la mise en place de projets maraîchers autour des barrages hydro-agropastoraux à partir de 1990. Le projet PARFACI, destinée à promouvoir le développement du genre a contribué à l’érection de sites maraichers sur les rives. La proportion élevée de femmes est spécifique à notre espace d’étude car elle est en partie liée à la vulgarisation des projets maraîchers destinés au développement du genre. Cependant, contrairement aux barrages pastoraux, les exploitants des barrages hydro-agricoles sont majoritairement des hommes. En fonction de la typologie des barrages et des types de cultures, le profil sociodémographique des exploitants diverge. Les études de L. Renaudin (2012, p. 82) sur les barrages hydro- agricoles de Boura (Burkina Faso), Binaba (Ghana); K. Napon (2013, p. 39) ; K. Sanou et al. (2015, p. 584) soutiennent ces résultats. Leurs études mettent en évidence la prédominance des hommes dans l’effectif des exploitants des barrages hydro-agricoles, notamment dans la production du riz irrigué. Aussi, mettent-ils en évidence le poids des femmes dans la production des cultures maraîchères autours des périmètres rizicoles. T. Le Guen (2004, p. 10), met en évidence le rôle jeunes dans la production maraîchère. Ses résultats montrent que de jeunes hommes sénoufo, cherchant à prendre leur indépendance économique vis-à-vis des aînés et de l’exploitation agricole familiale, adoptent la production du maraîchage marchand sur les rives des barrages en vue d’une émancipation financière. Les conflits d’usages des ressources en eau et des ressources halieutiques entre les pêcheurs "bozo", les autochtones et les pêcheurs à la canne ont contribué à la mutation des modes de gestion des deux barrages à partir de 2015. Sous l’initiative des pêcheurs, résidants à Korhogo et exerçants d’autres activités professionnelles, est créé le CPAK dont le but est l’exclusion des "bozos" et le maintien de leur monopole sur l’exploitation des ressources halieutiques. Ainsi, proposant à la mairie de Karakoro un droit d’exploitation mensuel de 37 000 FCFA contre 500 FCFA/exploitation pour les "bozos", ils s’accaparent les droits d’usages. Cette situation paraît comme un processus d’appropriation progressive des droits d’exploitations des barrages pastoraux du nord par des ivoiriens. Les études effectuées par K. S. Da Costa et al. (2004, p. 5), A. Coulibaly et al. (2008, p. 203), P. D. Silué (2014, p. 169) et D. Koudou (2014, p. 50) sur l’exploitation des ressources halieutiques des barrages et les conflits d’usages font part de la proportion élevée des "bozo" dans l’activité de pêche et des conflits d’usages qui les exposent aux riverains. Cependant, contrairement à Pokaha et Lavonnonkaha où le CPAK a érigé un monopole d’exploitation, leurs recherches ont montré que malgré les récurrences des conflits entre les pêcheurs, les "bozo" conservent des prérogatives sur l’activité de pêche des barrages dans le Nord Ivoirien. Cette situation s’explique par le manque d’implication des autochtones dans la pêche. Pourtant, l’attractivité des marchés urbains de Korhogo, Napié, Boundiali et Ferkessédougou pourrait constituer des facteurs incitatifs à l’apprentissage et l’appropriation de cette activité génératrice de revenu additionnel. Au niveau du droit d’exploitation mensuel dont le CPAK s’acquitte, la clé de répartition ne profite pas aux localités. Elles ne perçoivent que 27% du montant contre 54% pour la marie. Le montant capté par la collectivité territoriale n’est pas affectée aux actions sociales ou destiné au financement d’activités génératrices de revenu. Selon A. Coulibaly et al. (2008, p. 203), un barrage correctement empoissonné pourrait rapporter un revenu substantiel mensuel variant entre 60 000 FCFA et 120 000 FCFA. Or, il n’existe aucun comité de gestion des barrages de Pokaha et de Lavonnonkaha. Cette absence d’organisation des comités villageois ne permet pas aux riverains de tirer profits des barrages, notamment l’accumulation de revenu issu du prélèvement et de la commercialisation des ressources halieutiques. Ainsi, cette manne financière est captée par le CPAK. Les pêches collectives annuelles rapportent en moyenne 400 000 F CFA contre la somme de 120 000 F CFA que les mutuelles villageoises (Pokaha et Lavonnonkaha) perçoivent sur le droit d’exploitation reversé à la mairie.

Les prélèvements effectués par les sociétés de BTP pour la réalisation de leur projet de réhabilitation et de construction d’infrastructure à Korhogo et Karakoro participent à la réduction du niveau des lacs des deux barrages dans cette zone où la variabilité climatique et les irrégularités des précipitations entravent d’avantage le remplissage des lacs des barrages (F. Gourdin et al., 2008, p. 94 ; P. D. Silué et al., 2014, p. 3578). En saison sèche le faible niveau de précipitation combiné à la température élevée sont des facteurs qui seraient à la base de la réduction du niveau des lacs des barrages du nord de la Côte d’Ivoire, notamment ceux de Korhogo et de Sologo (P. D. Silué et al. 2018, p. 607). Le prélèvement moyen journalier de 432 000 litres d’eau du barrage de Pokaha pour les travaux de bitumage des routes de la ville de Korhogo pourraient impacter le niveau de remplissage du barrage et l’irrigation des parcelles de production maraîchère. La législation ivoirienne ne prévoit aucun règlement au niveau de cette forme d’exploitation. Le code de l’eau a été adopté en 1998 par la loi n° 98-755 du 23 décembre 1998. Après 21 ans, aucun décret d’application n’a été pris. Cette situation ne permet pas à la direction régionale des eaux et forêts, et celle du ministère des ressources animales et halieutique d’interdire cette forme d’exploitation.

Conclusion

Les barrages pastoraux de Pokaha et Lavonnonkaha offrent de multiples fonctionnalités. Ils sont exploités aussi bien par les résidents des villages que par des non-résidents. Les premiers sont majoritairement des femmes qui bénéficient de projets de développement des cultures maraîchères. Cette spécialisation maraîchère est une caractéristique de l’occupation du sol des rives des deux barrages. La raréfaction des hommes dans l’effectif des maraîchers s’expliquent par des déterminant sociologiques et par leur charge de travail élevée dans les exploitations de coton, maïs, anacarde et du riz pluvial. Les seconds sont exclusivement des pêcheurs, organisés au sein du Club des Pêcheurs Amateurs de Korhogo, et exercent des activités économiques différentes. Pour eux, la pêche représente une activité de loisir et une source de revenu additionnel lorsque la quantité de poisson prélevée est conséquente. Aussi, l’exploitation des ressources halieutiques des barrages constitue-t-elle une source d’accumulation de recette pour la collectivité territoriale. Cependant, une faible proportion (27%) des montants captés par la mairie auprès du CPAK est rétrocédée aux différentes mutuelles des villages concernés. La mise en place de comité de gestion des barrages par les différents villages permettrait une meilleure implication dans la gestion des droits d’exploitations ou d’exploiter leurs ressources halieutiques.

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Auteur(s)


1Université Peleforo Gon COULIBALY de Korhogo, coulibalyth@gmail.com

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