Production of drinking water

regards

KONAN Honorée Ghislaine épouse KOUAME

Abstract :


Like the major African cities, Abidjan is experiencing accelerated urbanization with an uncontrolled population explosion. This demographic explosion leads to a strong demand for drinking water that the public power, through the private concessionaire, SODECI, is struggling to satisfy. For example, in recent years, there has been a proliferation of water packaged in sachets. The observation is that the production chain of these sachets of drinking water delivered to the populations of the city of Abidjan is not always known even less the conditions of production. The objective of this article is to highlight the production chain of drinking water sachets. To achieve this goal, techniques such as document review, interview and observation were used to collect data using tools such as the observation grid, the questionnaire and interview guide with 200 individuals surveyed as a sample. This methodology allowed to have a better knowledge of the perception of the populations vis-à-vis the sachets of water. The results of the study showed, on the one hand, that two modes of production of water bags coexist in the sector, namely the manual mode and the automatic mode with a preponderance for the automatic mode. On the other hand, the consumption of water in bags in the city of Abidjan has not only advantages but also disadvantages for the populations. In addition, the sachet water production sector is subject to regulations, but the fact that the majority of producers operate underground does not allow regular monitoring of production units by the competent State authorities to ensure compliance with production standards such as quality assurance, the use of biodegradable bags and safety and hygiene rules.
Keywords: City of Abidjan, Production of drinking water, Water bag, advantage, disadvantage.

Introduction

L’eau est un élément vital pour l’homme et son environnement. En effet, si l’homme peut rester plusieurs jours sans manger, cependant il ne peut passer plus de trois jours sans boire de l’eau (Larbi Bouguerra, 2003, 70-203p). L'eau est essentielle à la vie. Aucun être vivant sur la terre ne peut survivre sans elle. Il s'agit d'une condition sine qua non pour la santé humaine et le bien-être ainsi que pour la préservation de l'environnement. Cette ressource vitale présente plusieurs fonctions socioéconomiques et environnementales à prendre en compte pour une meilleure gestion des différentes espèces sur la terre. La consommation d'une eau insalubre a de graves conséquences sur la vie des êtres vivants. C’est pourquoi l’accès à l’eau potable pour tous constitue un enjeu politique, économique et social majeur identifié comme prioritaire sur l’agenda politique du XXIème siècle. Cette situation est d’autant plus préoccupante que la réalisation de l’objectif 6 des ODD (Objectifs de développement durable) visant à garantir l’accès de tous à l’eau potable demeure un défi de taille. En effet, pour atteindre cet objectif des ODD, l’accessibilité universelle et équitable à l’eau à un coût abordable devra être assurée d’ici à 2030. Notre zone d’étude est la ville d’Abidjan. Elle est située au sud de la Côte d’Ivoire, entre les latitudes 5°20 et 6°00 Nord et les longitudes 3°40 et 4°40 Ouest (Carte n°1). La ville d’Abidjan regroupe les dix communes de la ville d’Abidjan et fait partie du district d’Abidjan avec les communes de Bingerville, Songon et Anyama.

Plusieurs marques d’eau conditionnées en sachet sont vendues à travers la ville d'Abidjan. Cependant les conditions de fabrication de ces sachets d’eau demeurent opaques. D’où notre objectif est de mieux faire connaitre la filière de production des sachets d’eau de boisson. De cet objectif découlent les questions subsidiaires suivantes :

- Quelles sont les équipements de production de l’eau de boisson en sachet ?

- Quelles sont les conditions de production des sachets d’eau ?

- Quels sont les avantages et inconvénients de l’eau conditionnée en sachet ?

Ce sont-là autant de préoccupations qui justifient le présent article. Les résultats obtenus serviront à établir une base de données sur le commerce informel de l’eau de boisson en sachet en Côte d’Ivoire.

 

1 Méthodologie

Dans le cadre de cette étude, l’approche méthodologique utilisée comporte trois phases : la collecte des données, le traitement et l’analyse des résultats grâce aux techniques, outils et méthodes appropriés. Outre la documentation, la collecte des données sur le terrain a été effectuée à l’aide des outils tels que le questionnaire, le guide d’entretien et la grille d’observation. Nous avons commencé nos enquêtes par l’indentification des entreprises de production d’eau conditionnée. Cette première phase a permis d’identifier 25 entreprises de production d’eau conditionnées dans la ville d’Abidjan. Sur les 25, 15 sont en fonctionnement. Ces 15 entreprises ont été enquêtées. Elles sont réparties dans 6 Communes de notre zone d’étude (Carte n°2).

L’enquête dans les unités de production est suivie d’enquête auprès des consommateurs. Cette enquête a utilisé la méthode du suivi itinéraire. Le choix de cette méthode est motivé par l’indisponibilité du nombre exacte de point de forte consommation d’eau de boisson et de l’impossibilité d’identifier de façon formelle les consommateurs. Elle a consisté à aller dans les espaces de forte consommation d’eau de boisson et à interroger les consommateurs que l’on trouve sur place. Les consommateurs sont interrogés au fur et à mesure jusqu’à ce que l’on découvre qu’il y’a des redites dans les réponses. Alors on procède au changement de lieux d’enquêtes. Les personnes enquêtées au niveau des importants pôles de consommation sont réparties comme suit dans le Tableau n°1.

Pour mieux connaître la qualité des eaux conditionnées dans le Distinct d’Abidjan, les sources d’approvisionnement des unités de production d'eau conditionnée ont été observés.

2. Résultats

Les indicateurs qui permettent d’apprécier les conditions de production de l’eau de boisson en sachet sont notamment la source d’approvisionnement en eau, le matériel de conditionnement, le procédé d’emballage et le stockage du produit fini. L'hygiène du site de production, les conditions de manipulation, l'entretien du matériel de stockage de l'eau sont également des indicateurs d’appréciation.

 

2.1 L’eau de la SODECI, l’unique source d’approvisionnement de l’eau ensachée et matériel de conditionnement à dangerosité chimique avérée.

Les enquêtes menées dans le cadre de cette étude ont révélé que toutes les entreprises de production utilisent l’eau du réseau de distribution publique de la SODECI (Société de Distribution d'Eau de Côte d'Ivoire). Selon, 98% des enquêtés cette eau est pure. Ils font entièrement confiance au mode de traitement de la SODECI. Selon toujours le même échantillon, l’avantage de l’eau de la SODECI par rapport aux autres sources est qu’elle subit des traitements physicochimiques avant sa mise en consommation. Cependant, ce traitement en amont ne garantit pas sa qualité à la consommation. L’eau avant de parvenir dans les unités de production passe par des tuyaux dont la qualité laisse souvent à désirer. Nos observations sur le terrain ont permis d’identifier 38 % de points d’ensachage branchés illégalement sur des branchements officiels. Les tuyaux utilisés pour ce branchement trainent à fleur le sol et passent dans des zones insalubres. Certains sont en mauvais états car ils sont marqués par des nombreux petits points de ruptures qui laissent voir une fuite d’eau pendant les moments de fortes pressions d’eau. Mais lorsque, la pressions baisse, les points de ruptures deviennent des portes d’entrées et de contamination des eaux. De plus, le matériel de conditionnement est constitué des sachets d’emballage plastique et des machines d’ensachage. Les matières plastiques sont des composés macromoléculaires organiques de type hauts polymères. D'une manière générale, les hauts polymères ont une grande inertie chimique. Mais certaines conditions telles que l'oxygène, la chaleur, les rayons ultraviolets, la lumière peuvent favoriser leur dégradation.

 

2.1.1 Procédé de conditionnement dominé par le mode artisanal

Lors de nos visites sur les sites de production, nous avons observé deux modes de production qui sont les modes de production manuelle et automatique. Le mode de production manuel fait intervenir des machines artisanales dont le rôle principal est de sceller le sachet d’eau rempli manuellement par un opérateur (Photo n°1). Pour ce procédé, les sachets sont soit remplis à l’aide d’un récipient soit directement branchés au robinet. Ici, l’eau ne subit plus de traitement. Pour la méthode directe : l’ouverture du sachet est placée sous le bec du robinet. Lorsque celui-ci est ouvert, l’eau coule directement dans le sachet qui sera rempli à un niveau permettant à la machine de le fermer par une sorte de sparadrap. Ce mode est utilisé par 65% des échantillons enquêtés à Abobo, 80% à Adjamé. A Koumassi, Treichville et Yopougon, le taux d’utilisation de cette méthode est de 30% pour les deux premières communes et de 20% pour la dernière commune. La commune de Cocody quant à elle a un taux d’utilisation des machines artisanales de 10%. La forte utilisation de la méthode directe dans les communes d’Abobo et d’Adjamé est due à la forte concentration des activités informelles dans ces communes.

La méthode automatique est faiblement utilisée. Elle est utilisée dans la commune de Cocody, Yopougon et Treichville. Les raisons évoquées pour sa faible utilisation sont relatives à son coût élevé, ses frais d’entretiens et sa consommation d’électricité. Le prix d’une de ces machines automatiques est en moyenne évalué à 3 000 000 Fcfa contrairement à la machine artisanale dont le prix varie entre 100 000 et 150 000 Fcfa. La méthode automatique est presque inexistante dans les autres communes. Pour le mode automatique, à partir d’une arrivée d’eau branchée sur le réseau public d’adduction d’eau, est installé un réseau de tuyau. Les eaux passent à travers une série de filtres et une lampe ultraviolette, puis sont distribuées dans plusieurs postes (généralement trois ou quatre postes) de travail. Le poste de travail constitué d’un robinet et d’une machine de scellage permet de remplir, sceller et couper les sachets (Photo n°2).

La photo n°2 montre une machine d’ensachage automatique d’eau. Ici, le producteur n’a aucun contact avec l’eau avant son ensachage. Ce qui réduit les risques de contamination de cette eau en corps étrangers d’origine humaine. La capacité de production des unités de production varie selon les modèles et la performance des machines. Tous les dispositifs de production automatiques ont des filtres installés avant la machine de production (Photo n°3).

L’observation de la photo montre des filtres positionnés sur les conduites d’eau. Ces filtres sont placés en amont du dispositif automatique d’ensachage. Si un effort est fait pour doter ces machines de filtres, il faut reconnaître que tous les filtres ne sont pas toujours propres. Ainsi, 30% des fabriques d’eau enquêtées nettoient les leurs, chaque semaine. Or, il est recommandé de le faire chaque jour au moins une fois. Le non-respect des règles élémentaires de salubrité constitue donc la source principale d’introduction de micro-organismes dans l’eau de boisson.

 

2.1.2. Des sites et matériels d’ensachage de l’eau inappropriés

Les unités de production des entreprises visitées se trouvent pour la plupart sur des sites inappropriés tels que la cuisine de l’habitat ou des hangars en matériaux précaires dans les marchés. Ces entreprises sont surtout dans les bas quartiers de Treichville, Koumassi et Adjamé (75% des unités enquêtées). La superficie de la salle de production est largement inférieure à 5m2 , ce qui en fait une salle encombrée. En outre, ces fabriques ne sont pas ventilées ni aérées et la température y est très élevée. L’unité de production n’est constituée que d’une pièce qui est à la fois salle de production et salle de stockage des sachets d’eau dans les quartiers de Yopougon et Adjamé (84% des unités enquêtées). On note l’absence de salle appropriée et dédiée au stockage des sachets d’eau produits. L’eau ensachée est disposée en vrac, sans précaution (Photo n°4 et 5).

La photo n°4 montre de l’eau ensachée disposée en vrac dans un magasin. Cette disposition a été observée dans tous les entrepôts de fabrication d’eau de boisson que nous avons enquêtés. En ce qui concerne les conditions de manipulation du produit, il convient de noter qu’elles se font sans aucun soin au niveau de la plupart des différents sites sillonnés. Les ouvriers font le travail sans utilisation des Equipements de Protection Individuelle (EPI) comme les gants, les bottes, les lunettes, les casques, les blouses, etc. L’absence du port de gants et de vêtement de protection-type laboratoire constitue une grande inquiétude pour la qualité du produit commercialisé (Photo n°6).

Lors de la visite des sites de production, nous avons noté que pour palier à la coupure de la source d’approvisionnement pouvant survenir sur le réseau public d’adduction d’eau, l’eau était stockée dans des fûts ou citernes (Photo n°7). Ces fûts de stockage ne sont pas lavés quotidiennement.

La photo n°7 montre un site d’ensachage d’eau de boisson sur lequel on distingue des réservoirs de stockage d’eau pour pallier aux coupures d’eau de la SODECI.

La photo n°8 montre les sachets d’eau coupés qui sont entreposé sur une bâche noire, à même le sol dans un environnement sale.

3 Discussion

La production et la commercialisation de l’eau en sachet présente non seulement des avantages mais également des inconvénients qu’il importe d’aborder afin d’apporter des mesures de correction en cas de besoin.

    - Avantages de l’eau de boisson conditionnée en sachet

La production et la commercialisation de l’eau de boisson en sachet présente des avantages tant au plan économique que social. Au plan économique, plusieurs opérateurs économiques interviennent dans la commercialisation de l’eau en sachet pour accroître aussi leurs revenus. Elle constitue alors une source d’autonomisation financière pour les opérateurs économiques exerçant dans ce secteur (Jaglin, 2001, p. 286). En effet, avec 1 m3 d’eau de la SODECI vendu à 424 FCFA, ces derniers produisent au moins 2500 sachets d’eau de 500 ml qu’ils revendent par la suite aux populations à un prix forfaitaire de 50 FCFA l’unité soit donc un total de 125000 FCFA avec un bénéfice de plus de 80000 FCFA ; ce qui est une affaire très rentable. De plus, cette activité génère également plus de 1000 emplois aux enfants, jeunes et vieux sans activité. Au plan social, la disponibilité de l’eau conditionnée en sachet permet aux populations de satisfaire en tout temps et en tout lieu leur soif et met en exergue leur égalité d’accès à la ressource. E effet, l’eau en sachet permet aux populations démunies de se satisfaire aussi en boisson sans se rendre dans les buvettes, les bars, les restaurants, etc. C’est ainsi qu’un consommateur de la commune d’Adjamé déclare : « L’eau en sachet est la boisson du pauvre car elle est disponible partout : sur la voie, au marché, dans les rues, au niveau des feux, au village, dans les événements heureux comme malheureux etc., et à un prix abordable de 50FCFA ; ce qui n’est pas le cas pour l’eau ne bouteille dont les prix varient entre 300 et 500 FCFA ».

  - Inconvénients de l’eau de boisson conditionnée en sachet

Ce travail vient en complément d’études antérieures faites sur les eaux conditionnées. Nos résultats ont aussi montré que 80 % des unités de production d’eau conditionnées non minérales exercent dans l’informel, 20% des équipements sanitaires étaient salubres. Ces résultats sont conformes à ceux de Mangoua, (2007, p.130). En effet, ses travaux ont montré que 89% des fabriques d’eau conditionnée se trouvent dans des lieux d’habitation et 11% étaient des entreprises bien équipées. Les résultats confirment les conditions de production insalubres de la plupart des entreprises de production d’eau en sachet, que ce soit de manière manuelle ou automatique. Ce qui a fait prendre le décret 2013-327 du 13 Mai 2013 portant interdiction de la production, de l’importation, de la commercialisation, de la détention, de l’utilisation des sachets plastiques par les autorités compétentes. Les études de Ndiaye, (2008, p. 128) dans les communes de Marcory, Koumassi, Abobo et du plateau ont montré un désordre dans le secteur de la vente d’eau de boisson. Cette étude a fait ressortir la prédominance d’une eau de mauvaise qualité dans ces communes. Selon, leur étude, 460 sachets d’eau ont été recensés parmi les eaux de boisson en sachet vendues aux abords des marchés des communes de Marcory, Koumassi, Abobo et Plateau. 134 échantillons se sont révélés positifs à la contamination aux germes d’origine fécale. Ce qui correspond à une fréquence de 29,13% des échantillons totaux. Les eaux en sachet de type artisanal renfermaient en plus de la diversité des germes, plus de germes d’origine fécale que les eaux en sachet de type semi industriel. Certes, aucune analyse de l’eau n’a été faite au cours de notre étude, cependant les conditions d’ensachages, l’origine de l’eau vendue sont similaire à celle de l’étude de Ndiaye, (2008, p. 127). Notre étude a montré des comportements d’ensachage similaires à ceux décrit par leur étude. Ces comportements à risque sont l’environnement insalubre dans lequel se fait l’ensachage, les ustensiles utilisés pour y parvenir. Ces comportements à risque peuvent favoriser la contamination des eaux en sachets par des éléments nocifs à la santé du consommateur. D’ailleurs les études plus approfondies de Blé et al (2015, p. 89) ont montré une concentration anormale de coliformes dont 3 Coliformes Totaux (CT) et 2 Coliformes fécaux Thermo-tolérants (CTH) dans 11 échantillons d’eau de boisson sur 50 au total. De plus, l’étude a révélé la présence de nitrate dans les eaux de boisson commercialisées dans les communes d’Adjamé et Yopougon.

Le nitrate proviendrait des rejets des eaux usées et de matières organiques. Le vieillissement des ouvrages de captage et de distribution d’eau est à la base de cette contamination. Par conséquent, les eaux des réseaux deviennent vulnérables à la pollution organique. Dans le cadre de cette étude, des ouvrages de distributions et d’approvisionnement en état de dégradation très avancé ont été découvert dans la commune d’Adjamé surtout au grand marché de cette commune. La fraude dans le secteur est à la base de cet état des ouvrages. A Parakou au Bénin, Akiyo (2017, p. 13), le développement de cet important marché de l’eau de boisson conditionnée présente des inconvénients tant pour l’Etat, les populations que pour l’environnement. En effet, la majeure partie des eaux en sachet est commercialisée de façon illégale dans le milieu d’étude avec des emballages peu indiqués et des conditions d’hygiène peu orthodoxes. Cette situation pose alors le problème d’application des normes environnementales, gage d’une meilleure santé publique. De plus, ce secteur échappe considérablement au contrôle de l’État, faute de textes appropriés dans le domaine ou parce qu’ils sont peu connus ou respectés par les acteurs de la chaîne de production. Dès lors, la question de contrôle et du suivi de la qualité de cette importante denrée alimentaire qui dessert des milliers de citoyens dans la Commune de Parakou s’avère nécessaire pour garantir un environnement sain et une population en bonne santé. La production et la commercialisation de l’eau de boisson en sachet présentent aussi des inconvénients au plan environnemental. L’eau en sachet une fois consommée, les emballages sont jetés un peu partout dans la ville d’Abidjan et recouvrent le sol. Cela commerce constitue alors une source d’insalubrité dans la ville et des déchets non biodégradables qui bouchent les caniveaux d’évacuation des eaux.

 

Conclusion

Il ressort de notre étude que la production et la commercialisation de l’eau de boisson en sachet présente des avantages tant au plan économique que social en ce sens qu’elle est non seulement source de revenus pour les opérateurs économiques et source d’emplois pour bon nombre de personnes mais permet aux populations un accès facile à l’eau de boisson en tout temps et en tout lieu, favorisant une égalité d’accès à la ressource. En effet, avec 1 m3 d’eau de la SODECI vendu à 424 FCFA, ces derniers produisent au moins 2.500 sachets d’eau de 500 ml qu’ils revendent par la suite aux populations à un prix forfaitaire de 50 FCFA l’unité soit donc un total de 125000 FCFA avec un bénéfice de plus de 80000 FCFA. De plus, cette activité génère aussi plus de 1000 emplois pour les jeunes et les adultes sans emplois dans la ville d’Abidjan. Cependant, les conditions d’ensachage des eaux de boissons dans la ville d’Abidjan ne respectent pas les conditions d’hygiène. La méthode artisanale d’ensachage est la plus utilisée. Cette utilisation se fait majoritairement dans les communes d’Abobo, d’Adjamé et de Koumassi. Par ailleurs, les lieux de production de l’eau de boisson en sachets sont insalubres. Les conditions de manipulation des sachets sans les mesures d’hygiène adéquates exposent les consommateurs à des maladies hydriques, confirmées par la présence de germes indicateurs de pollution dans certains sachets d’eau. En définitive, la consommation de l’eau en sachets a pris de l’ampleur depuis 2000 dans la ville d’Abidjan avec la croissance démographique et le service d’eau discontinu. Le développement de cet important marché présente non seulement des avantages mais également des inconvénients aussi bien pour les populations que pour l’environnement. La question du contrôle et du suivi de la qualité de cette importante denrée alimentaire qui dessert des milliers de citoyens dans la ville d’Abidjan s’avère nécessaire pour garantir un environnement sain et une population en bonne santé.

Références bibliographiques

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NDIAYE Anna, 2008 : Etude bactériologique des eaux de boissons vendues en sachet dans 4 communes d’Abidjan. (Thèse université de Bamako) ,166p

Auteur(s)


Institut de Géographie tropicale / Université Félix Houphouët-Boigny de Cocody-Abidjan, kouame_honoree@yahoo.fr


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