Les logiques d’intégration

regards

Les logiques d’intégration des quartiers d’habitat précaires dans la ville de Bouaké

1Bi Tchan André DOHO, 2Yao Jean-Aimé ASSUE, 3Bah KOUAKOU, 4Brou Émile, KOFFI

Résumé :


La croissance urbaine va avec l’accentuation du niveau de la pauvreté dans les grandes villes du pays. Et le niveau élevé de la pauvreté demeure la principale cause qui favorise la création et la prolifération des habitats précaires. En effet, la prolifération des habitats précaires est la conséquence du coût élevé des terrains viabilisés et du logement, de l’insuffisance et la cherté de logements décents et de l’augmentation du coût de construction.

Face à la prolifération de ces quartiers, l’État ivoirien avait pris la décision de lutter contre tous les quartiers spontanés et de relocaliser les habitants de ces quartiers à travers des opérations d’indemnisations et de relogement. Pour améliorer le sort de ces populations, les institutions de Breton Wood imposent une nouvelle stratégie qui ne consiste plus à détruire ces quartiers mais à les intégrer dans le tissu urbain par des opérations de restructuration et d’équipement. Cet article a pour objectif de montrer les transformations socio-spatiales qui s’opèrent dans les quartiers spontanés à Bouaké. Pour mener cette étude nous avons choisi trois quartiers précaires parmi ceux que compte la ville de Bouaké. La démarche scientifique de cette étude repose sur l’exploitation des données issues de l’observation directe et indirecte, la recherche documentaire, des entretiens et des questionnaires. Les résultats de cette investigation montrent une installation progressive d’une nouvelle classe sociale et une amélioration de la typologie de l’habitat dans ces quartiers qui s’insèrent progressivement dans le tissu urbain. Cette expérience est une réussite qui évite les conflits sociaux entre l’État et les populations de ces quartiers le plus souvent menacées de déguerpissement.

Mots clés : Bouaké, Habitat, précaire, Mutation, Intégration urbaine.

Introduction

En Afrique subsaharienne, l’un des faits marquant de ce siècle est sans conteste l’urbanisation très rapide des villes. Cette croissance urbaine connaît un essor au cours des années 1970 à la suite d’une part du déplacement massif des populations des zones rurales vers les villes et d’autre part du fait d’un taux élevé des naissances en milieu urbain (P. Vennetier, 1969, p.9). La Côte d’Ivoire connaît une forte urbanisation caractérisée par une augmentation sans précédent de la population urbaine (soit 20,2% de la population vivaient dans l’espace urbain en 1961 contre respectivement 42,5% et 49,3% en 1998 et en 2014) (Banque Mondiale, 1997 ; RGPH, 1998 et 2014). En effet, au niveau du foncier pour mieux maitriser ce phénomène et les contraintes qui en découlent, l’État a pris en main la planification urbaine. Cette prise en main s’est matérialisée par la mise en œuvre de plusieurs projets immobiliers conduits par des structures publiques. Parmi ces structures, les plus importantes ont été la Société Ivoirienne de Construction et de Gestion Immobilière (SICOGI), la Société de Gestion et de Financement de l’Habitat (SOGEFIHA) et la Société d’Equipement des Terrains Urbains (SETU). Elles sont mises en place pour l’exécution de projets immobiliers structurants dans les grandes villes du pays. L’objectif de cet engagement a été d’offrir à la population un cadre de vie assaini et des logements décents. Cependant, la crise économique et financière au début des années 1980 contraint l'État a freiné son intervention dans ce domaine. On assiste alors au cours de la décennie 1980-1990 à « un ralentissement important dans la production de logement de promotion » (A. Djeguema, 2006, p.6). Après le retrait de l’État, s’en est suivie l’arrivée des structures civiles immobilières dans la production de logement. La population urbaine en pleine croissance se voit confronter à une crise de logement causant ainsi une inadéquation entre l’offre et la demande. Cette crise, associée aux problèmes sociaux que connaissent désormais les populations ivoiriennes va donc entrainer une production irrégulière de l’habitat, production bien perçue par la naissance et la prolifération des quartiers d’habitats précaires dans la ville d’Abidjan et dans plusieurs grandes villes du pays, notamment Bouaké, deuxième pôle urbain après Abidjan la capitale économique.

En outre, au cours de cette dernière décennie, à Bouaké, les quartiers précaires connaissent des mutations. C’est dire que des actions sont entreprises à divers niveaux pour leur donner un nouveau souffle en vue d’y retrouver des logements améliorés. Toutefois ces mutations observées semblent toutefois être loin de soustraire certains ménages des conditions précaires d’habitation. Dès lors, quelles sont les stratégies mises en œuvre par les populations dans la dynamique d’intégration des quartiers précaires dans le tissu urbain de Bouaké ? Cet article vise à analyser les mécanismes d’intégration des espaces d’habitats précaires dans la ville de Bouaké à travers les actions entreprises par les populations résidentes.

1. Matériels et méthodes

1.1. Matériels

L’exploitation des données a été possible grâce à un traitement statistique et cartographique. La réalisation de la carte thématique a été faite grâce au logiciel Qgis 2.0.1. Un traitement manuel des informations, d’ordre qualitatif comme quantitatif obtenues de nos données, s’est préalablement avéré nécessaire. Le dépouillement des différentes données recueillies s’est fait sur Microsoft Excel version 2007, ainsi que la réalisation des diagrammes et graphiques.

1.2. Méthodes

Le travail s’est appuyé sur l’exploitation de plusieurs documents généraux (articles, thèses, rapports et ouvrages généraux) traitant de la question. Aussi nous avons réalisé des entretiens auprès des chefs de ménages et de certains responsables de services administratifs à Bouaké, (le service technique de la mairie, le service cadastral de la direction des impôts, la direction régionale du ministère de la construction, du logement, de l’assainissement et de l’urbanisme et de l’institut national des statistiques). L’ensemble de ces structures ont favorisé l’acquisition des données quantitatives et qualitatives.

Certaines de ces données relatives aux résultats des différents recensements de la population et de l’habitat effectués en Côte d’Ivoire (RGP 1975, RGPH 1988, RGPH 1998 et RGPH 2014) nous ont permis d’analyser la structure de la population dans les quartiers précaires à Bouaké. D’autres sont en rapport avec la dynamique spatiale des quartiers illégaux dans le tissu urbain de Bouaké. Avec les autorités municipales, nos entretiens ont permis de connaitre leur avis sur l’implantation et les mutations qui s’opèrent dans les quartiers précaires. Les responsables des services domaniaux, de la construction et de l’urbanisme nous ont instruits sur les caractéristiques d’un lotissement irrégulier. Des guides d’entretien ont été adressés aux propriétaires terriens et aux chefs des communautés résidents dans les quartiers enquêtés dans le but de comprendre les formes de changements engagées dans leur condition d’habiter.

Dans le cadre de cette étude, nous avons mené nos investigations dans trois (03) quartiers parmi les 6 quartiers précaires que compte la ville de Bouaké. Ainsi les 3 quartiers concernés sont Banco 1 et Sossorobougou localisés à la périphérie et Kaba-usine situé dans la couronne péri-centrique (figure 1).

Figure 1 : La localisation des quartiers précaires dans le tissu urbain de Bouaké

Source : INS, 2014            Auteur: DOHO Bi Tchan A. 2019

La figure 1 montre la présence de quartiers précaires dans le tissu urbain de Bouaké. En effet, ces quartiers irrégulièrement construits sont Sossorobougou à Tollakoudiokro, Gbintou à Koko, Banco 1 et 2 respectivement à Broukro1 et Houphouët-ville, Sossorobougou à Belleville2, Kaba-usine à la zone industrielle et Miangabougou à Dar Es Salam 1.

Les quartiers précaires Gbintou et Kaba-usine sont situés dans la couronne centrale de la ville et principalement aux abords des zones industrielles. Par ailleurs, Sossorobougou (Belleville 2 et Tollakouadiokro) et les deux Banco (1et 2) sont localisés aux abords des villages traditionnels.

Le choix de ces quartiers précaires s’est fait dans l’optique d’une bonne répartition zonale des espaces enquêtés. Nous avons opté pour la méthode de choix raisonné. L’étude a porté sur un échantillon de 135 chefs de ménages auxquels nous avons administré un questionnaire car dans ce type d’habitat nous ne disposions pas de données aussi précises que détaillées sur les ménages auprès des services indiqués précédemment un peu plus haut. Les données fournies par les structures se limitent au nombre de population habitant ces quartiers, pourtant notre requête à ce niveau a porté sur le nombre de ménage par quartier. Dès lors, suivant toujours la méthode de choix raisonné adopté, nous avons réparti les ménages à enquêter comme suit : 45 ménages à Banco 1, 45 ménages à Sossorobougou (Belleville) et 45 ménages à Kaba-usine.

Un autre guide d’entretien a été adressé aux trois (3) chefs des différentes communautés autochtones par quartier. En effet, comme dans ces quartiers les communautés venues de la sous-région (Burkina Faso, Mali, Guinée…) ont également un chef par quartier, ce qui donne au total trois (3) chefs allogènes enquêtés.

L’ensemble des données collectées a permis de construire les graphiques, les cartes et les tableaux afin de mieux expliquer les mutations opérées dans les quartiers précaires à Bouaké.

 

2. Resultats

2.1. Les quartiers precaires à bouaké : contexte de la mise en place et caracteristiques socio-spatiales

2.1.1. Historique des quartiers precaires à bouaké

Un quartier d'habitat précaire est « un espace qui reflète l'insuffisance de l'effort public en matière d’aménagement » (K. L. Atta, 1978, p.191). Les quartiers précaires, sont nés suite à l’implantation des populations immigrées (démunies) à partir des années 1950. Ces populations arrivent donc dans le but de servir de main d’œuvre industrielle et sur les chantiers préconisés par les politiques. N’ayant pas pu accéder à la propriété foncière, ces populations vont donc se ruer vers les zones impropres à la construction d’habitations. En effet, les habitations irrégulières sont très représentatives dans le paysage urbain et « couvrent ainsi environ 393 ha soit 15% des emprises de l'habitat dans la ville de Bouaké » (BNETD, 2007 cité par F. Traoré, 2016, p.136). On retrouve ce type d’habitat un peu partout dans les quartiers de la ville à savoir à l’intérieur du tissu urbain où ils cohabitent avec les logements modernes ou soit à la périphérie de la ville. Ces quartiers se développent suivant trois logiques: aux abords des zones industrielles, dans les villages anciennement sous forte influence de la ville et au niveau des périphéries. Ils sont identifiables à travers des indices particuliers.

2.1.2. Du concept de precarité à la caractérisation des quartiers précaires dans la ville de Bouaké

 

La précarité est l’état de ce qui est précaire, qui n’offre aucune garantie de stabilité, de durabilité. En un mot, qui peut être perpétuellement remis en cause. Les quartiers précaires sont caractérisés par des constructions en banco et un cadre de vie insalubre. Ce sont des quartiers construits en dehors des règles d’urbanisme et qui ressortent de ce qu’on appelle l’urbanisation anarchique. Du point de vue socio-spatial, les quartiers précaires naissent à l’intérieur de la ville de Bouaké, sur des sites inappropriés (le flanc des bas-fonds ou dans les zones marécageuses, le long des vallées). Ces quartiers exposent les populations qui y résident de nombreux risques dont les plus significatifs sont les inondations suite aux intempéries, les éboulements de terrain, de maladies. Les trois quartiers qui font l’objet de cette étude sont longés par des bas-fonds et le quartier Banco 1 est spécifiquement occupé à moitié par des granites.
Les quartiers précaires sont caractérisés à l’échelle de la ville de Bouaké par des constructions en désordre dans une grande anarchie visuelle, sur des terrains non assainis. Ils présentent un cadre de vie insalubre et sous équipé en infrastructures et équipements socio-communautaires. Les résidents de ces quartiers ont difficilement accès aux services urbains de base, à la voirie et réseaux divers (VRD). Les exigences et les perceptions à l'égard des conditions d'habitation évoluent nécessairement en fonction du développement technique, économique et social. Elles accompagnent également l'évolution conséquente des types d'habitats, des modes de vie et des perceptions socioculturelles qui leur sont associés.

Cette vulnérabilité se voit tant au niveau des équipements qu’au niveau des revenus. Ces quartiers attirent une population à la fois d’origines ethniques et culturelles diverses par des itinéraires migratoires et socioprofessionnels.

À Bouaké, les habitations irrégulières sont très représentatives dans le paysage urbain couvrant ainsi environ 393 ha soit 15% des emprises de l'habitat dans la ville (BNETD, 2010, p.42). Ce type d’habitat se retrouve un peu partout dans les quartiers de la ville à savoir à l’intérieur du tissu urbain où ils cohabitent avec des logements modernes ou soit à la périphérie de la ville.

2.1.3. Un relatif antagonisme entre la qualité des logements et le statut socio-professionnel des ménages résidents

La catégorie socio-professionnelle influence le niveau de revenu et le pouvoir économique des ménages. Les résultats de nos enquêtes de terrain montrent que le niveau de vie des populations varie en fonction de leur situation socio-professionnelle. Cette dernière joue un rôle important dans l’itinéraire d’accès aux logements. À ce niveau, cette étude permet d’identifier sept (7) activités exercées par les chefs de ménages dans les quartiers précaires à Bouaké (tableau 1). Ainsi, 98,63% des chefs de ménages enquêtés sont des actifs c'est-à-dire qu’ils exercent une activité rémunératrice. On retrouve également 01,37% d’individus enquêtés qui n’exercent pas d’activité. Ce sont en réalité des étudiants.

Tableau1 : Statut socio-économique des chefs de ménages enquêtés

Dans les quartiers précaires à Bouaké, il ressort de cette enquête que les différents chefs de ménages exercent dans les domaines tels que le commerce (23,97%), l’agriculture (19,18%), le gardiennage (10,96%), le transport (15,75%), comme ouvrier (23,29%) et près de 05,48% dans la fonction publique. Ce tableau 1 permet de constater la prédominance des commerçants et des ouvriers industriels.

Cela s’explique par le fait que la ville de Bouaké dispose non seulement d’atouts importants pour le développement du commerce et des activités économiques annexes (espace stratégique de trafics) mais aussi d’unités industrielles (deuxième pôle industriel du pays). Par ailleurs le nombre élevé de commerçants aux quartiers Banco 1 (26,6%) et Kaba-usine (35,5%) se justifie par leur position géographique par rapport au grand marché et leur positionnement par rapport aux voies d’accès au quartier commerce. En outre l’ensemble des quartiers enquêtés regorgent de plusieurs ouvriers industriels (25% chefs de ménages) car ils ne sont pas éloignés des différentes zones industrielles de la ville.

Hormis Kaba-usine, dans les deux autres quartiers enquêtés, les chefs de ménage exercent une double activité. Ils sont à la fois agriculteurs et vigile (51,35% au Banco1 et 48,65% à Sossorobougou). Ces derniers font du maraicher comme l’activité du jour et le service de gardiennage (vigile) la nuit.

Les revenus des chefs de ménage varient de 45 000 FCFA à 120 000 FCFA pour certains et de 120 000 FCFA à 290 000 FCFA pour d’autres. Cependant, ceux ayant un revenu appartenant à la seconde tranche soutiennent par moment « qu’ils ne peuvent pas faire face à la hausse du prix du loyer en vigueur dans les quartiers comme Air France, Kennedy et Municipal » où les coûts des loyers sont élevés (T. A. Doho Bi, 2017, p.67).

2.1.4. Une intégration progressive des ménages locataires comme conséquence de la crise de logement à Bouaké

La ville de Bouaké connait une croissance spatio-démographique fulgurante qui met en évidence l’urbanisation accélérée de cette agglomération. Au niveau spatial, de 7 900 ha en 1998, la superficie de la ville est passée à 29 250 ha en 2014 (INS, 2014), soit une augmentation de 1 334,4 ha/an. Sur le plan démographique, sa population qui était de 461 618 habitants en 1998, a atteint 536 189 habitants en 2014, soit un accroissement naturel de 03,8%. Cela a entrainé une forte reprise économique ces cinq dernières années. Suite donc à cette reprise, Bouaké reçoit en moyenne 8 911 personnes par an sur la période 2012-2014, (INS, 2014). Cette dynamique démographique exponentielle engendre la construction de plusieurs logements par les particuliers. Malgré ces constructions, la problématique du logement reste posée à l’échelle de la ville de Bouaké. Face à cette crise de logement, les populations des quartiers précaires de Bouaké s’engagent dans la production immobilière dans l’intention d’améliorer leur cadre de vie et de répondre aussi à leur niveau à la demande en logement.

Presque tous les quartiers précaires enquêtés connaissent un nombre important de ménages locataires (54,8%), mais ces locataires sont inégalement répartis d’un quartier à un autre. Ce fait est illustré par le tableau 2.

Tableau 2 : Répartition des ménages enquêtés selon le statut résidentiel

L’analyse du tableau 2 montre que les quartiers précaires Banco 1 et Kaba-usine détiennent le plus de ménages locataires soit respectivement 53,3% et 73,3%. En effet, les locataires dans le cas d’espèce préfèrent les lieux résidentiels accessibles, situés à proximité du centre-ville afin de réduire les dépenses liées au transport (Taxi, Gbaka, Taxi-Moto). Par ailleurs, l’accessibilité géographique de ces quartiers conduit à une mutation socio-démographique.

 

2. 2. Les mutations socio-démographiques dans les habitats précaires à Bouaké

2.2.1. Des quartiers précaires en cours de peuplement depuis l’indépendance

Les investigations dans les quartiers précaires permettent de constater des mutations sociodémographiques des ménages telles que la répartition ethnique, la taille des ménages et le niveau d’instruction. Selon les données de l’Institut National des Statistiques (INS) et K. L. Atta (1978, p.190), « les quartiers précaires de Bouaké connaissent une croissance démographique dans le temps ». Face à cette croissance démographique, Banco 1, Sossorobougou et Kaba-usine ne restent pas en marge. Ces quartiers spontanés ont vu le jour depuis les premiers travaux aménagements de la ville de Bouaké. Cependant, ils ont connu une dynamique de leurs populations depuis 1980, année marquant le début de la crise économique. La figure 2 donne l’allure de cette croissance démographique dans les quartiers précaires à Bouaké.

Figure 2 : Dynamique de la population dans les quartiers précaires à Bouaké

La figure 2 montre que les quartiers précaires à Bouaké connaissent une évolution de leurs populations. Mais cette évolution montre une double allure. Une première allure allant de 1965 à 1985. Pendant, cette période la population des quartiers spontanés régresse à cause du caractère répressif des autorités politiques qui étaient dans une logique de lutte contre les taudis en milieu urbain. En effet c'est au 4èmecongrès du PDCI en 1965 que fut déclarée la guerre aux taudis par le chef de l’État en affirmant « notre ambition, c'est que dans une dizaine d'années, il n'existe plus un seul taudis en Côte d'Ivoire » (K. L. Atta, 1978, p.189). Cette période marque véritablement le début de l'organisation spatiale de la ville. Tout se passe comme si l'on voulait en finir avec l'occupation anarchique et illégale du solde la ville. Des mesures énergiques sont prises pour lutter contre les taudis. Dougouba et le village ouvrier de Gonfreville sont purement et simplement détruits et un nouveau lotissement est réalisé (le quartier Sokoura).

En outre, à partir des années 80, l’État ivoirien tout comme les autres États du monde fait face à une crise économique qui a pour corollaire la fragilisation voire la fermeture des unités industrielles installées à Bouaké (Gonfreville, Trituraf et ADRAO…). Suite à cette conjoncture économique, pour sauver leur capital, certaines entreprises vont procéder à la réduction de l’effectif ouvrier. Comme le témoigne l’un de nos enquêtés « suite au licenciement, certains chefs de ménages ont choisi les quartiers précaires comme lieu de recasement familial » car pour ce dernier, le coût du loyer est supportable dans ces lieux. À partir de 2002, un coup d’État contre le régime en place échoue et se transforme aussitôt en une rébellion armée dont la ville de Bouaké devient l’épicentre. Vue toutes ces crises, « plus de 45,5% de la population sombre dans une situation de pauvreté » (ENVI, 2015, p.23).

 

2.2.2. Des quartiers précaires de moins en moins cosmopolites : des étrangers aux ivoiriens

Dans les quartiers enquêtés, les autochtones et allochtones prédominent à 71% contrairement « aux années 65 où la population dominante était les migrants de la sous-région (Sénégalais, Ghanéens, Burkinabés, Maliens) » (K. L. Atta, 1978, p.196). Mais, il est important de noter que la population étrangère est fortement installée à Sossorobougou (48%). Cette population étrangère est dominé par les Burkinabés, les Guinéens et les Maliens qui représentent 66 % de la population étrangère totale du quartier. Les nationaux dominent dans les quartiers Kaba-usine et Banco 1. Dans le quartier précaire Banco 1 les populations prédominantes sont le groupe Akan (Baoulé, Agni…) et la population venue du Centre-Ouest et de l’Ouest de la Côte d’Ivoire soit un taux représentatif de 65%. À Kaba-usine, la population dominante est celle venue du Nord de la Côte d’Ivoire. Elle représente 58% de la population du quartier. Cependant, il est d’autant plus intéressant de souligner la population étrangère est aussi représentée dans les quartiers Banco 1 et Kaba-usine.Contrairement à une idée répandue, l'habitat sommaire n'est pas l'apanage des seuls étrangers. Avec l'avènement de la crise économique qui a eu pour conséquence le difficile accès au logement conventionnel, la composition sociale connait un changement et tend de plus en plus à ressembler à celle de l'habitat évolutif. Avec l'accentuation de la crise, de nombreux étrangers sont retournés dans leur pays, et « de plus en plus des ivoiriens sont venus résider dans ces quartiers précaires » (K. L. Atta et al, 2015, p.196). Cette situation est principalement liée à la cherté du coût des logements dans les quartiers planifiés, administrés et au difficile accès au foncier urbain par les ménages à faible revenu. Cette venue d’une nouvelle classe sociale dans les quartiers précaires favorise une intégration progressive de ces quartiers dans le tissu urbain à Bouaké.

 

2.3. Une intégration des sites d’habitat précaire dans le tissu urbain à Bouaké ?

2.3.1. Une progressive révolution des constructions anarchiques par l’emprise des lotissements villageois

La loi N° 98-750 du 23 décembre 1998 relative au domaine foncier rural est adoptée par l’assemblée nationale pour mettre fin au dualisme entre législation foncière moderne et pratiques foncières coutumières. La loi de 1998 adoptée à l’assemblée nationale a défini d’abord le domaine foncier rural en son article premier comme étant constitué par l’ensemble des terres mises en valeur ou non et quelle que soit la nature de la mise en valeur.Cette nouvelle loi modernise les droits fonciers coutumiers. Elle donne notamment la possibilité juridique aux gestionnaires coutumiers de transformer le droit d’usage du sol en droit de propriété. De plus avec la politique de décentralisation, elle donne libre cours aux autorités locales, aux chefs coutumiers d’opérer des lotissements sur leur domaine.Cette occasion est saisie par les propriétaires terriens (communautés villageoises) pour amorcer le lotissement de certains quartiers précaires à Bouaké. Ces opérations touchent principalement les quartiers Banco 1 qui est l’étendue de la communauté villageoise de Broukro et celui de Kaba-usine qui est sous l’emprise spatiale de Djezoukouamékro. Ces opérations ont été entamées pendant la période de crise en l’absence de l’administration publique sous le regard impuissant voire complice de la municipalité.

Les propriétaires terriens initient des opérations de lotissement et sont aidés dans cette tâche par des géomètres/topographes qui procèdent à des bornages. Leur objectif est de s’intégrer dans le tissu urbain. Pourtant le lotissement est une opération de modernisation de l’espace menée par un géomètre suivant une procédure bien indiquée. Ces lotissements irréguliers qualifiés « d'intégration » par les responsables municipaux, offrent des parcelles non aménagées, non viabilisées ni équipées qui sont livrées en l’état aux acquéreurs. En outre la taille des parcelles dans ces quartiers varie, elle est comprise entre 120 m² et plus de 600 m² selon les comités de gestion foncière des différentes communautés villageoises. La plupart des lotissements qui ne respectent pas la taille minimum d’un lotissement régulier, sont ceux qui aboutissent sur des contraintes naturelles (bas-fond, cours d’eau). Pourtant ces opérations de lotissement donnent une certaine assurance aux ménages (85%) des quartiers précaires en quête d’amélioration leur condition d’habiter.

2.3.2. La Modernisation progressive des logements dans les quartiers d’habitat précaires

L’habitat précaire a existé à Bouaké depuis longtemps. À cet effet, les baraques constituaient l’essentiel du paysage architectural des quartiers précaires à Bouaké. « Des tentatives ont été initiées en vue de son éradication » (K. L. Atta, 1978, p.190). Il ressort de cette étude qu’à partir de 2007, une mutation de l’habitat sommaire vers l’habitat évolutif a été véritablement constatée. D’ailleurs ce constat est illustré par les photos 1 et 2.

Les photos 1 et 2 montrent une amélioration de l’habitat dans les quartiers précaires à Bouaké. Cette mutation architecturale s’observe plus dans les quartiers précaires dont une partie de leurs espaces ont été loti. En outre, le paysage de ces quartiers donne une mosaïque architecturale du fait de la cohabitation de plusieurs types d’habitats sur les mêmes espaces.

La figure 3 montre l’existence d’une nouvelle architecture au niveau des logements dans les quartiers de Banco 1, Kaba-usine et Sossorobougou.

À la suite des mutations, il ressort que le type d’habitat qui prédomine désormais dans ces quartiers précaires est l’habitat de type évolutif (figure 3) au détriment des baraques qui ont longtemps été la caractéristique principale du modèle d’habitat en ces lieux depuis des décennies durant. Les formes évolutives dans l’habitat et les villas sont présentent presque à 80% sur ces espaces restructurés. Cette intégration progressive de l’habitat que nous qualifions « d’habitat amélioré dans un quartier illégal » s’explique par le fait que « certains résidents appartenant à la classe moyenne s’y installent de plus en plus » (K. L. Atta et al, 2015, p.200). Hormis ce constat, « les terrains y coûtent également moins chers et sont plus disponibles » (B. E. Koffi, 2006, p.64). De plus, certains anciens habitants qui vivent dans ces quartiers ont vu leur condition économique s’améliorer au fil du temps. En effet, cette amélioration fait suite à l’intégration d’un enfant dans l’armée (43.55%) ou par la nouvelle prospérité dont bénéficie leur commerce (56,45%). Ainsi, ils décident donc de rester et d’investir sur place en construisant des habitats évolutifs pour la majorité des résidents. Les plus nantis des chefs de ménages vont beaucoup plus loin en construisant des villas sur ces espaces en vue de les mettre en location. Très souvent dans ce milieu les logements de type précaire côtoient les logements évolutifs et les villas. Ce contraste s’observe bien sur les photos 3 et 4, qui démontrent la pluralité des formes de constructions dans ces quartiers.

Les photos 3 et 4 montrent une cohabitation de style architectural dans le même quartier. Cela dénote la volonté des populations résidentes d’apporter un minimum de modernité décidée par les propriétaires terriens et les habitants eux-mêmes. L’habitat évolutif constitue un lieu de rapprochement de plusieurs communautés. Il est parfois lieu de discordes mais surtout de socialisation conduisant à des concertations des résidents pour l’amélioration du bâti et du cadre de vie. La présence de villas dans ces quartiers reflète la volonté des propriétaires d’améliorer leur cadre de vie.

 

2.3. 3.L’existence des quartiers précaires à Bouaké: Entre pérennisation et modernisation totale dans le tissu urbain

Par le passé, les constructions dans les quartiers précaires étaient édifiées avec des matériaux de récupération. Au fil du temps ces types de matériaux sont entrain de laisser place aux matériaux de construction moderne et durable. Désormais, les logements dans les trois quartiers étudiés sont construits majoritairement en dur (parpaing de ciment) 80% à proportion de 88% des logements. Cette mutation est une stratégie d’intégration pour les résidents de ces quartiers dans le tissu urbain. Elle approuve à 75% l’assentiment des autorités à charge de la gestion urbaine de Bouaké. Les facteurs qui sous-tendent cette volonté d’intégration sont leurs situations géographiques par rapport au centre-ville (lieu des affaires) et aux différentes zones industrielles. Pour de nombreuses personnes la localisation de ces quartiers attire la convoitise d’éventuels investisseurs mieux nantis socialement et économiquement. Le quartier Banco 1 subit l’influence des quartiers Houphouet-ville et N’gattakro. Quant à Kaba-usine, ce quartier est phagocyté par les quartiers Beaufort et Djezoukouamekro (Zone) et connaît à son niveau cette même mutation en cours dans les espaces précédemment cités. Toutefois, sur le plan spatial, ces mutations connaissent une limite du fait que ces quartiers ne peuvent plus s’étendre. Donc les mutations sont observées dorénavant par rapport à la qualité du bâti. Tous les efforts consentis par les propriétaires terriens et les résidents en vue d’intégrer leurs espaces dans le tissu urbain restent à encourager du moment où ils contribuent à l’amélioration notable de leur cadre de vie.

3. Discussion

Cette étude s’inscrit dans le cadre d’un processus d’intégration socio-spatiale des quartiers précaires dans le tissu urbain de Bouaké. Au lendemain de l’indépendance, l’État ivoirien a pris l’initiative de lutter contre les taudis. Car pour le premier président ivoirien, ces quartiers spontanés entachent l’image des villes. Suite à cette décision, plusieurs quartiers précaires ont été rasés, notamment au niveau de la ville de Bouaké. Alors cette volonté politique a permis de détruire les quartiers Dougouba et le quartier des ouvriers de Gonfreville. Mais cette décision du gouvernement est aussitôt mal perçue par les populations et jugée budgétivore par les institutions de Bretton Woods. À l’instar des autres pays d’Afrique, l’État fait face à une crise économique à partir de 1980. Pour amortir ces difficultés socio-économiques auxquelles l’État était confrontées, K. L. Atta et al, (2015, pp.191) évoque que les bailleurs de fond proposent une nouvelle stratégie à l’État, qui « consiste en leur intégration dans le tissu urbain par les opérations de restructuration. » Malheureusement, cette option n’est pas suivie par les différents acteurs en charge de la gestion urbaine. Cependant, les résultats de notre étude montrent que malgré le manque d’engagement de la part des autorités à restructurer les quartiers précaires, ceux de la ville de Bouaké connaissent des mutations socio-spatiales qui tendent à les intégrer dans le tissu urbain. En effet, notre investigation montre que les acteurs impliqués dans ces mutations sont les populations. C’est d’ailleurs le point de vue de J. Perlman (2016, p.46) quand il soutient dans ses travaux que « les résidents des favelas ne sont pas en marge mais font intrinsèquement partie de la ville », bien que d’une manière asymétriquement qui nuit à leurs intérêts.

Au plan socio-professionnel, les résultats de notre étude montrent que l’ensemble des quartiers précaires étudiés constante mutation. Il ressort de ces résultats que le profil social des ménages dans les quartiers précaires à Bouaké est dominé à 71% par les nationaux, ce qui n’était pas le cas pendant les décennies 1960 et 1970 sur le même espace comme l’évoque K. L. Atta (1978, p.196). Nous retenons que de l’indépendance à nos jours, les caractéristiques sociales dans les habitations précaires connaissent un véritable bouleversement. Cette situation est la même sur d’autres espaces géographiques. En ce sens que B. E. Koffi, (2006, p.62) montre que « les populations des quartiers précaires Ayakro et Sagbé (tous deux situés dans la ville d’Abidjan) sont dominées à 85% par des populations de nationalité ivoirienne ». Or dans la même ville les résultats de A. Yapi-Diahou, (1994, p.188) sur le quartier précaire Zimbabwé s’opposent à ceux de Koffi, (2006, p.62). Ils révèlent que « ce quartier est prédominé par les ressortissants Burkinabé ».

Au niveau de la structure sociale dans ces quartiers, nos résultats dégagent une prédominance des ménages locataires. Face à la crise de logement qui se justifie par un difficile accès au foncier urbain et à la hausse du coût des loyers dans les quartiers formels, les particuliers prennent d’assaut les réserves foncières dans les quartiers précaires pour des projets de construction du logement. Ces logements produits sont cédés en location à moindre coût aux demandeurs. Cette situation favorise l’attraction des plusieurs catégories de ménages. C’est en cela que nos résultats attestent que 5,48% des chefs de ménages exercent dans le domaine de la fonction publique. Une similitude se dégage entre les résultats des travaux de T. D. V. Baska et M. P. B. Eloundou (2013, p.24) et les nôtre. Ils montrent qu’à Ngaoundéré, « la proximité de la nouvelle université impacte la physionomie sociale du quartier ». Les étudiants en quête de logement préfèrent habiter à Ngaoundéré à cause de sa situation proche par rapport à l’institution universitaire. Cependant, nos résultats s’opposent à ceux de Koffi, (2006, p.69) qui montrent que « 88% des chefs de ménages à Ayakro et Sagbé exerçant dans le secteur de l’informel sont des propriétaires de leur logement ». Alors, le profil social des quartiers précaires se conforme à ceux de plusieurs autres quartiersprécaires en Côte d’Ivoire et dans d’autre pays. Néanmoins, les points spécifiques se dégagent d’un lieu à un autre.

Sur le plan spatial, pour améliorer leurs conditions d’habiter, les habitants de certains quartiers précaires à Bouaké développent des stratégies d’intégration dans le tissu urbain à travers l’amélioration des logements produits. En effet comme le souligne S. R. Gonçalves (2016, p.83) suite à l’analyse des études de Roy (2011, p.224), il faut laisser de côté les discours apocalyptiques et dystopiques sur ces espaces et comprendre que « ce sont des sites de logement, de coexistence et de pratiques politiques ». Au Cameroun, Baska et Eloundou (2013, p.26) montrent que « le vaste quartier précaire (Ngaoundéré) situé dans le nord du pays a entamé un processus de mutation depuis ces deux dernières décennies ». Tout comme les quartiers précaires qui font l’objet de notre étude à Bouaké, le processus de mutation spatiale observé par ces chercheurs se limite à la qualité du bâti. Les résultats de B. E. Koffi (2006, p.62) révèlent également que « les résidents de Sagbé et Ayakro, deux quartiers précaires dans la capitale économique s’intègrent progressivement dans le tissu urbain suite à l’amélioration de la qualité des logements ». Toutefois, B. E. Koffi (2006, p.61) souligne que « cette mutation de la qualité du bâti dans ces quartiers ne fait pas d’eux des quartiers intégrés dans le tissu urbain ». Car la production de ces logements modernes ne respecte pas les normes urbanistiques. Alors, il se dégage des résultats de A. Yapi-Diahou (1994, p.38) que « malgré ces initiatives d’intégration, ces quartiers gardent leur situation précaire » car ces nouveaux logements qualifiés de « logements améliorés » cohabitent sur le même espace que les maisons en banco dans quartiers précaires à Abidjan.

En outrele développement continu de quartiers précaires dans les villes du Sénégal « est liée en grande partie au décalage entre l’offre et la demande en logements tant sur le plan qualitatif que quantitatif » (T. S. Mansour, 2016, p.145). La précarité des quartiers est plus liée au flou du statut d’occupation qu’à la qualité des matériaux utilisés. Il s’agit alors « d’une précarité du statut foncier et du caractère informel des stratégies d’appropriation et d’acquisition foncière » (T. S. Mansour, 2016, p.145). Selon cet auteur, « au Sénégal, les titres fonciers couvrent à peine 3 % de la superficie du pays et restent concentrés dans les zones urbaines » (2016, p.146).

Il ressort des résultats de ces différents auteurs que le processus de mutation sur la qualité du logement dont relève nos résultats sur les trois quartiers précaires n’est pas un phénomène qui est seulement propre à notre terrain d’étude. En effet, face à l’absence d’une initiative de la part des autorités pour l’amélioration de leur cadre de vie, les populations vivant dans ces lieux salubres s’initient à des projets d’intégration.

Conclusion

En somme, pour améliorer leurs conditions d’habiter, les populations des quartiers précaires en accord avec des propriétaires terriens engagent des opérations de lotissements villageois. Le but de cette initiative est d’aider à une organisation spatiale de ces sites longtemps marginalisés. Même si ces lotissements ne sont pas approuvés par les acteurs en charge de la gestion de la ville de Bouaké, ils consistent en réalité en des opérations de restructuration visant néanmoins à donner une assurance à certains résidents et nouveaux venus de prendre l’initiative d’améliorer leurs cadres de vie. Ces opérations concernent les deux quartiers précaires à savoir Banco 1 et Kaba-usine dont la situation géographique favorise l’accès au centre des affaires. Contrairement à Sossorobougou qui est enclavé au Nord-Est de la ville, les deux autres quartiers bénéficient d’un avantage géographique qui fait d’eux des zones plus ou moins visées par certains demandeurs de logement. Alors le constat fait sur le terrain montre que les quartiers précaires à Bouaké connaissent des mutations socio-spatiales. En effet, ces changements concernent l’installation d’un nouveau groupe social notamment les locataires et une apparition de l’habitat évolutif et des villas dans le tissu spatial de ces quartiers où l’environnement sombre toujours dans l’insalubrité. La persistance de telle pratique pourrait contribuer à la longue à l’éradication de la précarité de l’habitat du tissu urbain de Bouaké. Mais pour que cela devienne une réalité, il revient aux différents acteurs en charge de la gestion urbaine de suivre de près cette initiation enclenchée par les résidents eux-mêmes afin de mieux les orienter.

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Auteur(s)


1Maître-Assistant,Université Alassane Ouattara (UAO), Labo VST, tchankonybi@yahoo.fr

2Maître-Assistant,Université Alassane Ouattara (UAO), Labo VST, assueyao@yahoo.fr

3Université Alassane Ouattara (UAO), Labo VST, kouakoubah01@gmail.com

4Professeur Titulaire,Université Alassane Ouattara (UAO), Labo VST, koffi_brou@yahoo.fr

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