Foyer d’immigration internationale

regards

Lorsqu’un foyer d’émigration internationale dope l’usage du bois-énergie en pays soninké (Département de Bakel, Sénégal)

Oumar SY1 *, Dramane CISSOKHO1 et Lat Grand NDIAYE2

Résumé :


Zone d’émigration par excellence, le pays soninké est devenu aujourd’hui attractif pour des populations des pays et régions limitrophes. En effet, les flux financiers charriés par la rente migratoire internationale, l’intégration des migrants internes et leurs pratiques énergétiques rendent le commerce des combustibles ligneux très lucratif. Plusieurs acteurs, selon leurs logiques, interviennent dans ce commerce, menaçant même la survie des formations forestières, étant donné les difficultés d’adoption de technologies alternatives. Cette situation explique la dépendance du pays soninké en combustibles ligneux à l’égard de terroirs de plus en plus éloignés et de la Mauritanie. Cette étude analyse les mobilités interne et internationale et leurs effets sur le secteur du bois-énergie en pays soninké sénégalais. Elle s’appuie sur des enquêtes réalisées auprès de 276 ménages, 50 migrants baol-baol et 34 vendeurs de combustibles ligneux. Les résultats montrent que l’émigration internationale crée un vide humain que la migration interne tente de combler. Les résultats montrent aussi que les pratiques énergétiques reposent à plus de 95 % sur l’usage de foyers traditionnels et du bois-énergie ou du charbon de bois distribué dans plus de 93 % des cas par des allochtones. Les importants revenus tirés de l’exploitation du bois-énergie expliquent l’ampleur des impacts sur l’environnement de l’arrière-pays soninké. Les énergies renouvelables et les réchauds améliorés sont proposés comme technologies alternatives, mais des préalables doivent être réglés pour une réelle adoption de ces technologies de cuisson écologiques.

Mots clés : bois-énergie, pratiques énergétiques, émigration, pays soninké, Sénégal.

Introduction

Les problèmes économiques consécutifs aux crises politiques et écologiques qui ont jalonné l’histoire du Sénégal sont les principaux catalyseurs des mouvements (internationaux comme internes) de migrations de travail. Dans la Vallée du fleuve Sénégal, les flux migratoires transcontinentaux se sont intensifiés au lendemain de la seconde guerre mondiale (Quiminal, 1991). Et depuis, ils se pérennisent avec le développement de réseaux pour « contourner » les barrières dressées par les pays de destination. De même, ces mouvements autorisent aujourd’hui, l’amélioration du sort des communautés d’origine en termes de consommation. Parallèlement, il y a eu l’afflux de migrants venus compenser le vide laissé par les émigrés et profiter en même temps, de la rente migratoire redistribuée. Dans le département de Bakel, le bois-mort ramassée par les femmes aux alentours des villages étaient la seule source d’énergie utilisée pour la cuisson. Avec l’afflux de migrants et le brassage ethnique qui en a résulté, une influence sur le plan des pratiques, surtout dans le domaine énergétique est observée. Le commerce du bois-énergie (bois de feu et charbon de bois), jadis méconnue, devient très lucratif, mais génère aussi des nuisances environnementales graves, étant donné que les alternatives proposées restent peu réalistes. Cette contribution analyse l’impact de l’émigration internationale sur la migration interne, les pratiques énergétiques et l’environnement.

Méthodologie

Présentation de l’espace d’étude

Le pays soninké est situé dans la zone des trois frontières (Mali, Mauritanie et Sénégal). Il correspond au grand bassin d’émigration ouest‐africaine vers l’Europe. L’espace objet de la présente étude correspond sur le plan administratif au département de Bakel (région de Tambacounda) (Fig.1). Cette partie du pays soninké est aussi le réceptacle de flux migratoires venant du Bassin arachidier et des pays voisins.

Figure.1 : Cartes de localisation du pays soninké sénégalais.

Données utilisées

Les données collectées au cours de ce travail pour apprécier les effets des migrations sur le secteur du bois-énergie sont issues d’enquêtes menées auprès de 276 ménages de la principale ville du pays soninké (Bakel) et de 34 vendeurs de combustibles ligneux (20 vendeurs pour le bois de feu et 14 vendeurs pour le charbon de bois) (Tableau 1).

Au regard du nombre de vendeurs de bois de feu recensé (89), nous avions voulu réaliser une enquête exhaustive. Mais, seuls 20 vendeurs (soit 22, 47 %) ont accepté de collaborer. A cause de cette situation, des observations directes ont été effectuées sur les lieux de vente du bois de feu et sur les axes routiers menant à la ville.  Par contre, pour le charbon de bois, l’enquête a été exhaustive. En effet, les 14 vendeurs recensés (13 femmes mauritaniennes et 1 baol-baol) ont été tous concernés.

Tableau 1 : La répartition de l’échantillon enquêté par catégorie de vendeur de bois de feu.

Catégories Effectif recensé Effectif enquêté Taux (%)
Maliens 43 10 23,2
Jéridounko 21 5 23,8
Taliboni 16 4 25
Wotogoumou 3 1 33,3
Total 89 20 22,47

Sources : auteurs, 2017, données d’enquêtes.

Les sujets abordés avec les chefs de ménages ont porté sur les pratiques énergétiques domestiques, le mode d’achat du bois de feu, le nombre d’émigrés internationaux, leur pays d’accueil, etc. Avec les vendeurs de combustibles ligneux, les échanges ont tourné autour de leur récit de vie, les motivations par rapport à cette activité, leurs revenus et leurs destinations, etc. Les cinquante (50) migrants baol-baol ont été interrogés sur leur profil, leurs motivations, leurs contacts avec la famille d’origine, entre autres. Les enquêtes ont été complétées par des observations, des échanges informels et des pesées de chargements de bois de feu et de sacs de charbon de bois et de la consommation en combustibles ligneux des ménages et d’artisans (restaurateurs, boulangers et bijoutiers). Les résultats obtenus font l’objet des présentes discussions.

Résultats et discussions

Le pays soninké, zone d’émigration par excellence

La particularité du pays soninké réside dans son caractère à la fois répulsif pour ses ressortissants qui vont à la recherche de meilleures conditions de vie à travers l’émigration internationale et attractif pour les migrants venus de divers horizons pour capter une partie des fonds envoyés ou rapatriés par les émigrés, en contrepartie de services tel que l’approvisionnement en bois-énergie.

En effet, l’exil économique international relève d’un fonctionnement communautaire (Daum, 1998). Les anciens combattants restés sur le sol français à la fin de la seconde guerre mondiale ont aidé leurs frères à y venir pour faire face à la crise alimentaire et à la pauvreté. La venue des cadets a été d’autant plus facile qu’elle a correspondu avec une demande en main d’œuvre pour la reconstruction d’après-guerre (Gonin, 2001).

La sécheresse des années 1950, 1960 et 1970 ont entraîné la faillite des systèmes de production traditionnels (cultures sous-pluie et de décrue) dont dépendait la survie des familles. L’insécurité alimentaire devenue chronique (Chastanet, 1991), la population n’avait d’alternative que dans l’émigration (Adams, 1977). Le bassin arachidier, moins affecté par la crise écologique d’alors, constituait la première destination. Après avoir contribué aux navetanat[1]  (GRDR, 2014) et aux courants d’émigration vers l’Afrique centrale et la Côte d’Ivoire, les flux en partance du pays soninké se sont orientés après la seconde guerre mondiale vers l’Europe (Timera, 1996).

En 1975, cette émigration concernait 40% de la population masculine (Kane et Lericollais, 1975). Trois ans plus tard, le taux s’était hissé à 50% (Weigel, 1978). Si l’émigration internationale à ses débuts était l’apanage des hommes mariés, aujourd’hui elle touche toutes les classes d’âge de la population masculine, y comprises celles des adolescents (Gonzalez, 1994 ; Timera, 2001). En effet, elle est devenue un instrument de promotion sociale. Il est en effet fréquent qu’un interlocuteur dise que « on migre pour devenir quelqu’un dans sa communauté ». Malgré le durcissement des politiques d’immigration à partir des années 1990, les émigrés mobilisent encore plus de fonds destinés à faire venir les jeunes, pour consolider l’assise financière des familles, en l’absence d’alternatives économiques viables (pour eux) et susceptibles de générer des revenus conséquents sur place. Ainsi, des vagues migratoires dépouillent chaque année le pays soninké de ses bras capables de transformer positivement leur terroir. La tendance à l’émigration reste la règle. En effet, dès la fin du cycle élémentaire et tout au plus des cycles moyen et secondaire, toutes les perspectives portent sur l’émigration. D’ailleurs Sakho (2005) a relevé dans les principaux foyers humains de cette contrée d’importants taux d’intentions de départ déclarées : près de 90 % des chefs de ménage pour la ville de Diawara, 55 % pour Missirah et 64 % pour Goudiry.

Par exemple, la France accueille 49 % des émigrés bakelois, contre 36 % pour les autres pays de l’Afrique (le Gabon en accueille les 7 %) (Fig. 2). Diop et al., (2008) estiment la ponction opérée par l’émigration internationale à 15,6 % de la population totale ; ce qui fait de la capitale départementale l’un des foyers d’émigration le plus important de la région.

Figure. 2 : La proportion selon les destinations des émigrés issus de Bakal.

Sources : auteurs, 2017, données d’enquêtes.

L’attachement des émigrés à la communauté d’origine, induit le reversement d’une rente migratoire (Lavoisier, 2015). Chaque localité de l’espace soninké peut recevoir mensuellement 70 à 100 millions de FCFA par mandats internationaux (Ndiaye, 2006). Ces envois de fonds et les pensions de retraite perçues depuis la France par les émigrés retournés au pays en sont les sources principales, et font du département de Bakel un pôle attractif pour les migrants internes et internationaux.

Une mobilité en direction du pays soninké sénégalais pour compenser le vide laissé par les émigrés et tirer profit de la rente migratoire

Plusieurs facteurs expliquent la mobilité en direction du pays soninké. Il s’agit entre autres des effets conjugués des revenus tirés de l’émigration internationale, de la féminisation[2] de la région et les dépenses familiales relativement élevées en termes de consommations diverses. Ainsi, pour ces raisons, le pays soninké est devenu un espace d’appel de migrants venant du bassin arachidier et même des pays limitrophes (Mali, Gambie et Mauritanie) (Timera, 2001). Les migrants du Bassin arachidier interviennent dans les secteurs du commerce et des services, alors que les migrants étrangers assurent l’approvisionnement en bois-énergie d’une bonne partie des ménages de la zone.

Le premier groupe est constitué essentiellement de baol-baol[3]. En effet, 86% d’entre eux viennent de la région de Diourbel. Ces migrants ont commencé à s’installer avant les années 1980 ; et depuis, le flux ne faiblit pas (Fig. 3). La décennie 2000-2010 a été celle d’une forte affluence de migrants, avec 45 % d’installations durant cette période.

Figure. 3 : Distribution temporelle de l’arrivée des migrants dans le département de Bakal.

Sources : auteurs, 2017, données d’enquêtes.

Les migrants qui se sont installés dans le département de Bakel (92 %) se considèrent comme des résidents. En effet, seuls 8 % ont déclaré être sur leur chemin d’exil. En général, ils ne laissent derrière eux que papa et/ou maman, et dans une moindre mesure l’épouse. Les frères peuvent les rejoindre dans 68 % des cas, surtout lorsque le migrant s’installe bien ou s’il opère dans une activité comme le commerce, nécessitant un collaborateur digne de confiance. D’ailleurs ce secteur mobilise 78 % de migrants (Fig. 4). C’est dans ce groupe qu’il faut inclure les marchands ambulants qui desservent les villages les plus enclavés, en attendant d’avoir un capital suffisant pour investir dans une boutique.

Figure. 4 : Profil des migrants (%) présents dans le département de Bakel.

Sources : auteurs, 2017, données d’enquêtes.

La venue d’un parent proche (possibilité de travailler en binôme et en alternance) autorise une certaine régularité dans les déplacements entre le village d’origine et le pays soninké (Fig. 5).

Figure. 5 : Fréquences des déplacements (%) du migrant entre le village d’origine et la localité d’accueil.

Sources : auteurs, 2017, données d’enquêtes.

En effet, 92 % d’entre eux se rendent une fois par an au village. Ils font généralement coïncider ce déplacement avec la comomération du départ en exil de Cheikh Ahmadou Bamba[4] (87 % des déplacements) ou avec la Tabaski ou avec d’autres évènements religieux (Gamou, Kazbou Radiabe, etc.) en vigeur au Sénégal.

Les connaissances (du même village ou terroir) peuvent les rejoindre pour s’installer durablement (86 % des cas) ou faire un transit chez eux au moment de leur pérégrination. Cette catégorie représente 14 %.

Avant 2010, le migrant combinait plusieurs moyens de communications pour rester en contact avec ses parents. En effet, 36 % des migrants se servaient du téléphone (cabine public ou télé centre) ou de courrier postal, mais aussi de téléphone et d’enregistrement audio (19 %). Aujourd’hui avec la banalisation du téléphone portable et des réseaux sociaux (presque gratuits), 54 % utilisent uniquement le téléphone, 38 % combinent téléphone et WhatsApp ou bien téléphone et Facebook (8 %). Ces moyens réduisent la distance géographique, mais permettent aux migrants de rester plus longtemps sur place et mieux gérer leurs affaires.

Au total, le pays soninké est une zone de destination et de transit - dans une moindre mesure – pour les baol-baol, ce qui augmente du coup la taille des migrants qui séjournent durablement dans la zone, et auxquels, il faut ajouter des étrangers venus de la sous-région.

Les flux internationaux d’immigration sont essentiellement constitués de maliens et de mauritaniens. A ces groupes s’ajoute celui des élèves d’écoles coraniques ou « talibé » originaires de la Gambie, à la recherche de savoir auprès de familles maraboutiques établies dans la ville de Bakel, notamment. Il est certes difficile de quantifier les flux et la part des différents espaces émetteurs en raison de la porosité des frontières et le caractère aléatoire des déplacements, mais le croît démographique amorcé à partir des années 1990 serait en partie imputable à l’arrivée des migrants nationaux et internationaux, comme semble l’indiquer la composition ethnique du pays soninké et de sa capitale (Bakel). En effet, les soninké qui constituaient 90 % de la population de Bakel dans les années 1960, ne représentent que 52 % en 2010 contre 28 % de toucouleurs, 12 % de wolof « baol-baol », 5 % de peul et 3% pour les autres groupes ethniques (PIC, 2010).

Les opportunités offertes par la mise en service des barrages de Diama et de Manantaly, d’une part et l’industrialisation naissante avec l’exploitation des phosphates de Matam, d’autre part, présument les dynamiques migratoires et les transformations en perspectives dans la Moyenne vallée amont. De telles dynamiques ne manqueront pas d’impacter le pays soninké. D’ailleurs, la recomposition démographique et ethnique induite par l’émigration internationale et nationale, ainsi que les revenus qu’elle a généré influent sur le secteur du bois-énergie. Elles influent aussi sur les acteurs, l’approvisionnement, les pratiques, les besoins et sur ses conséquences.

Les acteurs de la distribution du bois-énergie

Plusieurs catégories d’acteurs interviennent dans la distribution du bois de feu à côté des vendeurs autochtones ou wotogoumou : maliens, peul du jeeri ou jeeridounko (originaires des villages environnants) et élèves d’écoles coraniques ou taliboni (Tableau 2).

Tableau 2 : Caractérisation des acteurs de l’approvisionnement en bois de feu à Bakal.

Caractéristiques des acteurs Acteurs (%) Pays d’origine Pourcentage dans l’approvisionnement (%) Moyens de transport
Maliens 50 Mali 78 Charrette
Jeeridounko 25 Sénégal 14 Charrette
Taliboni 20 Gambie 1 Vélo et tête
Wotogoumou 5 Sénégal 7 Voiture

Sources : auteurs, 2017, données d’enquêtes.

Les maliens représentent 50 % des acteurs et livrent 78 % du bois consommé dans la ville de Bakel. Ils exploitent légalement la ressource en s’acquittant de taxes comme les nationaux (Tableau 2). Ils sont même parvenus à contrôler le circuit. Ils sont dans une logique d’accumulation de profit pour financer leur projet migratoire vers d’autres destinations (Ngom, 2006). Ils utilisent une charrette tractée par un âne pour transporter le bois du lieu de prélèvement vers les zones de consommation.

Les jeeridounko sont originaires des localités de l’hinterland du pays soninké. Ils interviennent dans la filière depuis 2011, mais sans autorisation aucune. Ils inscrivent leurs activités dans une logique de « survie ». En effet, leurs activités sont irrégulières et se font en fonction de leurs urgences monétaires. Avec cette activité, ils tirent profit des ressources ligneuses de leur terroir. Ces revenus leur permettent d’acheter de la nourriture, afin de pallier la chute de leur production agricole.

Les taliboni sont d’ethnie soninké. Comme le précédent groupe, ils sont dans une logique de survie et commercialisent illégalement le bois de feu.

Enfin, les wotogoumou sont des « entrepreneurs » autochtones qui se sont lancés dans le secteur du bois à partir de 2014. Ils mobilisent des moyens motorisés pour le transport du produit. Ils payent des taxes et emploient des tâcherons pour la coupe et le chargement du bois. Leur système de commercialisation est identique à celui des maliens. Leur part dans le ravitaillement est faible, mais tout laisse penser qu’elle va s’accroitre avec l’éloignement progressif des zones de prélèvement.

Par contre, la filière du charbon de bois est contrôlée par un grossiste baol-baol. Il se ravitaille à partir de Tambacounda et de Koumpéntoum. L’autre groupe d’acteurs de cette filière est représenté par des femmes mauritaniennes, treize (13) au total.

Un approvisionnement en bois-énergie de plus en plus compliqué

La figure 6 met en évidence les circuits de ravitaillement en bois de feu à l’échelle du pays soninké. Elle révèle que la ville de Bakel s’approvisionne à partir des terroirs pastoraux dont le potentiel ligneux est supérieur à 8 m3/ha. Ces espaces pourvoyeurs sont situés environ à 30 km. Ils sont localisés dans les communes de Gabou, de Belé et de Bokiladji. La dépendance de la ville de Bakel à l’égard des terroirs relativement éloignés est imputable à l’épuisement progressif des ressources de proximité. Dans un contexte de rallongement constant des distances à parcourir, l’approvisionnement de la ville de Bakel en bois de feu devient de plus en plus difficile.

Figure. 6 : Ressources transfrontalières et flux de bois en direction du pays soninké.

Source : auteurs, 2017

Si les mauritaniens ne contribuent pas (pour l’instant) à l’approvisionnement de la ville de Bakel en bois de feu, du fait de la très forte concurrence[5], notamment des maliens, ils participent à son ravitaillement en charbon de bois. En effet, ils contribuent à hauteur de 65 % de sa demande. Le reste des besoins est couvert par les départements de Koumpentoum et de Tambacounda situés à plus 200 km où la carbonisation est autorisée en raison de leur potentiel ligneux (Tableau 3).

Tableau 3 : Part des différentes régions dans l’approvisionnement de l’espace soninké en charbon.

Lieu de provenance du charbon Proportions (%)
Mauritanie 65
Koumpentoum 19
Tambacounda 6

Source : auteurs, 2017, données d’enquêtes.

En somme, dans le domaine de l’énergie de cuisson, la population utilise des foyers traditionnels. La dépendance en bois de feu vis-à-vis  des espaces pastoraux de plus en plus éloignés et en charbon de bois à l’égard de la Mauritanie, laisse entrevoir une insécurité énergétique domestique, d’où la nécessité de rationaliser la demande, à travers des pratiques énergétiques conservatrices et à bon rendement.

Des pratiques énergétiques centrées autour du bois de feu

Les pratiques énergétiques sont diversifiées à l’image de la composition socio-ethnique de la région, mais le bois de feu reste l’unique combustible de 92 % des unités de consommation régionales. Il est combiné soit au charbon de bois soit au gaz butane. L’usage exclusif de charbon (4 %) ou de gaz (moins de 1 %) est le fait généralement des baol-baol.

L’utilisation à grande échelle du bois de feu en milieu soninké relève de considérations d’ordre socioculturel, alors que dans les autres contrées du Sénégal c’est le faible pouvoir d’achat des populations qui en est l’élément explicatif. En effet, le niveau de vie liée à la rente migratoire (ANSD, 2015 ; Lavoisier, 2015), fait que 46 % des familles achètent le bois de feu par chargement (d’une charrette d’environ 350 kg) à 9 125 F CFA en moyenne. Cette somme est légèrement supérieure aux 8 000 FCFA nécessaires à l’acquisition de deux bouteilles de gaz butane de 6 kg (soit 4 000 FCFA par unité). Le respect de la tradition justifie le taux élevé du niveau d’usage du bois lors de la cuisson des principaux repas (Fig. 7).

Figure. 7 : Les motivations dans l’usage du bois comme combustible familial principal.

Sources : auteurs, 2017, données d’enquêtes.

Le ka (concession), unité de production et de consommation chez les soninké, est une structure patrilinéaire et gérontocratique (Chastanet, 1991) ; de ce fait, le plus âgé des hommes en est systématiquement le chef (Pollet et Winter, 1971). Son prestige social et son pouvoir se mesurent par rapport à son attachement aux valeurs et normes ancestrales y compris l’usage du bois de feu. Dès lors, il veille strictement à ce que le bois soit utilisé comme source d’énergie dans leur unité de consommation. En outre, le bois de feu s’impose aux néo-citadins en raison de sa relative accessibilité.

Si le bois de feu procure des revenus souvent vitaux aux vendeurs et contribue largement à la couverture des besoins énergiques des ménages, il est dans une moindre mesure associé au charbon de bois.

L’usage du charbon de bois se développe progressivement dans les centres secondaires de la région de Bakel. Ce développement est à mettre en rapport avec l’arrivée des baol-baol dans la région, avec les transferts sociaux - idées et pratiques en circulation entre les espaces émetteurs des migrants et les destinations (Levitt, 1998).

Le bois de feu était l’unique combustible utilisé pour satisfaire les besoins énergétiques des ménages et artisans. Les résidus du bois de feu servaient pour la préparation du thé. Les femmes baol-baol obligeaient leur conjoint à leur trouver du charbon (à la place du bois) qu’elles utilisaient dans leur milieu urbain d’origine. Etant donné qu’il n’en existait pas dans la zone, l’approvisionnement se faisait sur commande à partir de Gouraye (localité mauritanienne frontalière à Bakel), en échange de riz ou de mil. Par la suite, la monétarisation croissante de l’économie locale a incité les mauritaniens à vendre leur charbon. Progressivement une filière s’est mise en place. Si au début le charbon était utilisé uniquement par les wolof (baol-baol), son utilisation s’est presque généralisée aujourd’hui aux autres groupes ethniques.

Des besoins en bois-énergie difficiles à couvrir dans le moyen terme

Indépendamment des évènements exceptionnels (fêtes religieuses, baptêmes, mariages, etc.), la consommation moyenne domestique par habitant et par mois  en bois de feu est de 21,6 kg. Hormis la préparation des trois (3) repas quotidiens, le bois de feu est utilisé par les six (6) rôtisseries de Bakel. Le besoin moyen par rôtisserie par mois s’estime à 1 620 kg. Nos quantifications auprès des vendeurs de combustibles ligneux portent la demande locale  mensuelle en bois de feu à 4 192 tonnes (T).

Cette demande constitue un marché important, surtout avec la généralisation de l’achat du bois de feu (à la place de l’auto-collecte). En effet, la filière commerciale est d’autant plus lucrative que 12 % des ménages achètent le bois de feu par chargement à raison de 20 000 F CFA (Tableau. 4).

Tableau 4 : Modes d’achat du bois de feu par les unités de consommation de Bakal.

Unité de vente du bois Poids en kg Prix en F CFA % des familles achetant le bois par
Chargement 712 20 000 12
Demi-chargement 351 10 000 17
Fagot 21 500 41
Tas 2 100 30

Source : auteurs, 2017, données d’enquêtes.

Selon les moyens de transport utilisés (voiture, charrette et tête), la rationalité de l’exploitation (logique de survie ou d’accumulation), la fréquence des opérations et les revenus mensuels des vendeurs de bois de feu varient entre 2 000 et 180 000 F CFA.

Si le bois de feu est consommé dans toutes les localités du pays soninké, l’usage du charbon de bois est l’apanage des citadins et de la ville de Bakel en particulier, qui reçoit 97,5 tonnes de charbon par mois selon nos enregistrements. Les femmes maures couvrent 65 % de la demande soient 63, 38 T par mois. Elles achètent le sac de 50 kg à 3 000 F CFA et le revendent à 4 000 F CFA. Toutefois le gain quotidien (2 500 F CFA en moyenne) peut être considérable si le produit est vendu au détail sur le marché ou dans les rues de la ville.

Il est très probable que l’utilisation du charbon se propage dans les autres localités dans lesquels les baol-baol sont de plus en plus représentés.

Les besoins en bois-énergie sont très importants et tout porte à croire qu’ils iront crescendo, au moment où la ressource se raréfie. Il se pose dès lors le défi de la couverture des besoins à court et moyen termes, surtout que ce bois-énergie qui couvre l’essentiel des besoins énergetiques familiaux est faiblement utilisé avec les équipements à économie d’énergie. En effet, seuls 4 % des familles se servent de  foyers améliorés.

Impacts environnementaux de l’utilisation du bois et du charbon  

Le commerce du bois de feu est une source d’accumulation rapide de ressources monétaires pour les vendeurs, surtout d’origine malienne et une stratégie de diversification des activités pour les paysans des zones de prélèvement. Toutefois, les formes d’exploitation de la ressource sont dommageables à l’environnement des espaces pourvoyeurs notamment, d’où la pertinence de sensibiliser les populations à l’adoption de technologies alternatives.

Indépendamment des conséquences de la crise écologique des années 1970-1980, la dégradation de l’environnement régional est due en grande partie aux prélèvements à des fins commerciales effectués par des migrants d’origine malienne peu soucieux de la durabilité de la ressource (Chamard et Courel, 1999). Leurs ponctions incontrôlées depuis 1980, ajoutées aux prélèvements opérés par les autochtones - dans une moindre mesure - ont compromis la régénération des ressources de la région.

Aussi, le commerce du charbon de bois impacte négativement l’environnement immédiat du fleuve Sénégal. La disparition de la végétation et des Acacia nilotica en particulier, expose les berges du fleuve à une érosion hydrique par ravinement sans commune mesure.

Désormais, il faut sortir du territoire national ou parcourir près de 250 km (Tambacounda) pour pouvoir alimenter le pays soninké en charbon, alors que les berges du fleuve Sénégal étaient jusqu’à une période très récente ourlées d’Acacia nilotica, une espèce à très forte valeur calorifique.

Recommandations : mise en œuvre des technologies alternatives

Face à ces risques environnementaux, les énergies renouvelables sont proposées comme alternative. Les énergies renouvelables proposées dans la zone d’étude sont le biogaz et le solaire thermique au travers du cuiseur. Cette idée est généreuse, mais peu réaliste.  Ces énergies sont inconnues de 97 % des chefs de ménages en milieu soninké. Or, la méconnaissance de ces énergies constitue une barrière majeure à leur adoption. Ainsi, un certain nombre de contraintes doivent préalablement être levées pour une réelle adoption de ces outils (Cissokho et al., 2017).

En effet, la vulgarisation des énergies renouvelables pour la cuisson suppose entre autres préalables, la sensibilisation des notables soninké pour les convaincre de la nécessité de s’ouvrir aux technologies énergétiques alternatives, la familiarisation de la population avec ces types d’énergies, la facilitation de leur accès aux populations, mais aussi l’adaptation des foyers améliorés à la taille des unités de consommation.

Au Sénégal, des campagnes de promotion et de vulgarisation des foyers à haut rendement ou des énergies alternatives ou de substitution ont ciblé les femmes parce qu’elles sont les plus concernées par la corvée du bois de feu (PERACOD, 2014). Il se trouve qu’en milieu soninké, le bois de feu est généralement acheté à partir des fonds transférés par les émigrés et dont le gestionnaire est le chef de concession. Or, l’usage du bois est d’un enjeu capital pour les anciens dans leur quête de prestige social. De ce fait, la campagne de sensibilisation doit prioritairement cibler ces hommes qui détiennent le pouvoir dans le domaine.

Dans cette campagne (en langue soninké), l’implication des marabouts et des religieux[6] est cruciale. Aussi, les radios communautaires locales peuvent être mises à contribution. D’ailleurs, les ménages étant tributaires de la rente migratoire, la crise économique internationale aidant, les différents acteurs pourraient être sensibles à la rationalité énergétique et à la substitution du bois par les énergies renouvelables.

Par ailleurs, sur les foyers ameliorés actuellement utilisés, ne peuvent reposer que des récipients de taille  moyenne (pour des unités de consommation ne dépassant pas 25 individus),  alors que les concessions en milieu soninké peuvent compter plus de 100 individus (Fig. 8).

Figure. 8 : Répartition par classes de la taille des ménages dans le département de Bakal.

Source : auteurs, 2017, données d’enquêtes.

Par conséquent, les foyers tranditonnels assurant une meilleure stabilité aux imposantes marmites doivent être priviliégiés. De même, les buches de 7 cm de diamètre souvent utilisées pour la cuisson sont inadaptées aux foyers améliorés. Dès lors, les supports de combustion du bois-énergie préfabriqués doivent être adaptés à la socio-démographie soninké pour leur réelle intégration dans le système énergétique domestique.

Ailleurs, dans le centre du Sénégal (Mékhé), l’adoption du cuiseur solaire a réduit considérablement la pression sur le couvert végétal (Fall, 2015). De même, l’intégration du biogaz dans les pratiques énergétiques domestiques en milieu rural, à Fatick et à Mbour, s’est accompagnée d’un allègement de la corvée des femmes et une hausse des rendements agricoles sous l’effet de l’enrichissement du sol par le digestat (effluent rejeté par le biodigesteur) (Ndiaye, 2014).

Le déploiement d’énergies alternatives ou de substitution au bois-énergie requiert des démonstrations, dans des lieux publics, avec des explications en langue soninké afin de familiariser la population avec ces technologies de cuisson respectueuses de l’environnement. Cela est certes important, mais insuffisant si l’équité quant à l’accès des populations à ces technologies n’est pas très sensiblement améliorée.

Les populations de la zone sont plus ou moins en contact avec les foyers améliorés via le marché de la ville de Bakel, grace aux commerçants baol-baol qui s’approvisionnent sporadiquement en cuiseurs améliorés produits à Kaolack. Le confinement des lieux de vente à la seule ville de Bakel concourt à faire perdurer le recours aux foyers traditionnels surtout dans les localités les plus isolées. D’ailleurs, la forte prégnance des caractéristiques socioculturelles locales a été soulignée par Sakho (2005) qui montre que les quelques apports extérieurs sont limités à cette ville seulement.

Conclusion

Le pays soninké est un espace où l’émigration internationale est bien ancrée. La rente migratoire qui en résulte fait de ce pays et de sa capitale départementale (Bakel) un pôle d’attraction pour des migrants internes et internationaux. En raison du caractère lucratif du commerce des combustibles domestiques, des migrants baol-baol, maliens et mauritaniens s’investissent dans l’approvisionnement de ce pays en bois-énergie. Il résulte de l’enjeu socio- économique de l’approvisionnement de cette partie du Sénégal en bois-énergie, celui environnemental interne et transfrontalier (rive droite de la vallée du fleuve Sénégal). Combiné à la crise économique dans les pays d’accueil, se pose le problème de la durabilité de la couverture des besoins énergétiques de cette région en bois-énergie.

Les impacts sur l’environnement sont d’autant plus inquiétants que les alternatives proposées ne sont pas en adéquation avec les pratiques énergétiques des populations autochtones. Pour ce faire, des contraintes sont à lever préalablement à l’adoption de technologies alternatives.

Les différentes mesures envisageables pour tenter de réduire les prélèvements excessifs en bois doivent être mises en place dès à présent au Sénégal et en Mauritanie. Dans le contexte de décentralisation, la création de marchés ruraux en bois énergie, qui ont fait leur preuve ailleurs au Niger et au Mali pourrait améliorer la situation actuelle. Ces marchés de bois-énergie permettront aux habitants des villages environnants d’exploiter raisonnablement le bois en s’acquittant de taxes. Il est aussi nécessaire d’encourager la promotion de pratiques énergétiques propres à travers les équipements de cuisson plus performants et adaptés, et d’envisager aussi à Bakel la sensibilisation des ménages à l’utilisation du gaz butane et du biogaz domestique, à des prix incitatifs. En fin, l’intégration des migrants internes comme externes dans l’économie locale et dans le cadre de la mise en œuvre de l’acte 3 de la décentralisation doit être une option forte dans les politiques communales. Les autorités locales semblent bien comprendre leur rôle dans la construction des territoires mais les intègrent très peu dans les politiques locales de développement (Grdr, 2014).

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Remerciements : Les auteurs remercient l’Université Assane SECK de Ziguinchor pour son appui financier et les évaluateurs pour la pertinence de leurs observations.

[1] Migration saisonnière pour des activités liées à la culture arachidière.

[2] L’émigration internationale soninké est essentiellement masculine.

[3] Le Baol correspond à la région administrative de Diourbel. Les habitants de cette région sont appelés « baol-baol ». Le restant de cette aire de culture de l’arachide concerne les régions de Thiès, Kaolack, Fatick, Kaffrine, Tambacounda, Kolda et Sédhiou (Sakho et al., 2017).

[4] Guide religieux, fondateur de la confrérie mouride au Sénégal.

[5] Dans les autres localités transfrontalières du pays soninké où ils ne sont pas présents, ce sont les acteurs mauritaniens qui sont les plus représentés.

[6] Les dignitaires religieux, très influents sur la population et les ainés en particulier, ont su convaincre les patriarches à accepter les unions matrimoniales entre nobles et esclaves ou griots.

Auteur(s)


1Laboratoire de Géomatique et d’Environnement, Université Assane Seck, BP : 523, Ziguinchor, Sénégal,

2 Laboratoire de Chimie et Physique des Matériaux, Université Assane Seck, BP : 523, Ziguinchor, Sénégal.

*Auteur pour la correspondance :
syoumarsy@gmail.com ; tel : (221) 776 514 514