Accueil
REGARDSUDS
regards
Menu droit
Index
Thématiques
La revue
Suivez-nous
Espace membres

1
Dynamique urbaine et préservation des espaces périphériques agricoles en côte d’ivoire : quels défis pour la ville de Divo?

1DJAH Armand Josué, 2COULIBALY Salifou, 3TRAORE Porna Idriss

Résumé;
Français
English

Située au Sud-ouest de la Côte d’Ivoire, la ville de Divo, créée depuis 1909, connait une forte extension spatiale. En effet, suite au déplacement de la boucle du cacao de l’Est vers le Sud-ouest et la forte pression migratoire des pays du nord vers le Sud, la ville de Divo a connu une croissance démographique et une urbanisation sans précédent. Sa population urbaine est estimée à ce jour à 139 865 habitants soit 37% de la population de la Région (Estimations INS, 2015). Créée à partir de deux villages (Bada et Boudoukou), la ville a connu différentes phases d’évolution spatiale et compte à ce jour 26 quartiers et une vingtaine de sous-quartiers (INS, 2014). Depuis plus d’un demi-siècle (80 ans), cette croissance spatiale ne semble pas être ralentie et le développement de la zone agglomérée se fait à un rythme soutenu induisant ainsi l’empiètement des zones des fonciers agricoles composants les espaces périphériques de la ville.
Suite à ces constats, notre étude vise à analyser l’impact de la dynamique urbaine sur les espaces périphériques agricoles à Divo. Pour atteindre cet objectif, cette étude s’est appuyée sur la recherche documentaire et l’enquête de terrain (observation, inventaire et enquête par questionnaire). Les résultats obtenus révèlent que la ville de Divo dans son extension spatiale, continue de réduire les espaces périphériques agricoles. Cela impact davantage la baisse des activités agricoles du secteur primaire, et pose l’inévitable problème de la sécurité alimentaire urbaine dans cette ville.

Entrées d'index

Mots-clés : Dynamique urbaine, espaces agricole, agriculture urbaine et périphérique, Divo, Côte d’Ivoire.

Keywords: urban dynamism, agricultural areas, urban agricultural and peripheral areas, Divo, Côte d’Ivoire.

Texte intégral

PDF

INTRODUCTION

Créée depuis 1909, la ville de Divo connaît une forte croissance démographique. Cette croissance est la résultante du déplacement de la boucle du cacao de la région Est du pays vers le Sud-ouest, dans les années 1980. Ainsi, de nombreuses populations à la recherche de terre cultivable et de bien-être social se sont installées dans cette région Sud-ouest. La ville de Divo, chef-lieu de la région du Lôh-djiboua a accueilli un nombre très important de ces migrants. En effet, de 72 976 habitants en 1988, la population de la ville est passée à 86 569 habitants en 1998, puis à 105 589 habitants au dernier recensement de 2014 (RGPH, 1988, 1998 et 2014). Cet accroissement rapide de la population a entraîné une consommation importante de l’espace intra-urbain et périurbain ; car, les migrations mettent en présence des populations migrantes qui sont demandeurs de terres et de droits durables sur ces terres qu’elles cultivent ou qu’elles habitent. Aussi, la concentration de la population et l’énorme besoin en logement dans la ville de Divo impactent-t-ils davantage sur les activités agricoles dans les zones périphériques et périurbaines de la ville. Cela pose inévitablement le problème de la préservation des espaces cultivables mais et surtout de la sécurité alimentaire des urbains. De ce fait l’on pourrait s’interroger sur la gestion des espaces agricoles face à une croissance urbaine peu maîtrisée, et dévoreuse des espaces périphériques à Divo. Au regard de tous ces constats, Divo peut servir de cas représentatif pour étudier et apprécier l’occupation des espaces cultivables due à la forte croissance spatiale des villes ivoiriennes.
De façon singulière, comment peut-on protéger les aires agricoles dans la ville de Divo ? Quelles sont les implications des acteurs de gestion des espaces urbains ?

MATERIELS ET METHODE

La méthodologie utilisée pour la collecte des informations est basée sur la recherche documentaire et l’enquête de terrain.
La recherche documentaire s’est faite sur des écrits déjà réalisés sur les thématiques de la dynamique urbaine en Côte d’Ivoire et de la promotion de l’agriculture urbaine et périurbaine. Cet exercice nous a permis de cerner et comprendre les contours de notre travail. Aussi, il nous a permis de déceler le problème de recherche ainsi que la question principale de l’étude et les questions subsidiaires qui en découlent. A partir de cette question, nous nous sommes fixés des objectifs que nous voulons atteindre. La méthodologie utilisée dans cette étude repose, en grande partie, sur les enquêtes de terrain effectuées de novembre 2016 à janvier 2017 pour approfondir et éclaircir certains aspects de la thématique et/ou confirmer certaines observations faites sur le terrain. Les enquêtes ont été menées sur plusieurs sites de la périphérie regroupés en quatre zones: le secteur intra-urbain comprenant les sites à l’intérieur de la ville de Divo (Boudoukou, Plateau, Belleville et Forestier); la périphérie Ouest de la ville (Grémian) ; la périphérie Est et Sud de la ville de Divo (Odroukou et Dougako). Tous ces secteurs, intra-urbain, périphéries Ouest et Sud et Est sont à la fois des zones agricoles et favorable à l’extension de l’habitat urbain. L’enquête de terrain, quant à elle, s’est fait à trois niveaux ; l’observation de terrain, le questionnaire et l’entretien.
L’observation a été d’un grand intérêt pour cette étude car elle nous a permis de constater la cohabitation du bâti et des cultures en milieu urbain et périurbain, les types d’agricultures. Aussi, cette observation de terrain fait-elle ressortir l’aspect inachevé du paysage urbain.
Le questionnaire a été adressé aux chefs de ménage qui sont les principaux acteurs de l’agriculture urbaine et périurbaine mais aussi aux propriétaires terriens. Pour cette étude, 50 chefs de ménage ont été enquêtés. Le choix des ménages s’est fait de façon aléatoire tout en veillant à une bonne distribution dans l’espace d’étude. Ce questionnaire a permis de connaître les propriétaires des terres et le mode d’installation des populations sur ces espaces, les différentes activités agricoles pratiquées, les difficultés foncières.
L’entretien individuel a été réalisé auprès des personnes ressources impliquées dans la gestion de l’espace urbaine et du secteur agricole. Il s’agit particulièrement du responsable de l’association des propriétaires terriens, du responsable du domaine de la Mairie, du directeur départemental de l’urbanisme, des responsables de l’ANADER et de l’agriculture. L’entretien a été pour nous l’occasion de connaître et de comprendre les politiques de gestion des espaces agricoles, le processus de morcellement et les enjeux locaux de la promotion de l’agriculture urbaine et périurbaine, les stratégies de protection liées à l’accès au foncier et l’impact de la pression urbaine sur les aires cultivables à la périphérie de la ville de Divo.

RESULTATS

1. Croissance urbaine et occupation des espaces agricoles périphériques à Divo

1.1. L’urbanisation, un héritage colonial

Au lendemain de l'indépendance, les pouvoirs publics du pays ont décidé de maintenir la politique urbaine héritée de la colonisation. Ainsi l'Etat s'est résolu à ne pas laisser s'installer le désordre et l'anarchie dans la création et l'occupation de l'espace urbain en mettant en place une réglementation dirigiste très stricte. Cette urbanisation va se faire de préférence autour des villes existantes, généralement dans des territoires jugés attrayants ou pour des raisons culturelles et historiques ou stratégiques. Ainsi, les espaces ruraux subissent des transformations continues à proximités et sous influences des villes. Située dans un environnement rural riche en ressources naturelles, la ville de Divo à l’instar des agglomérations de sa taille vit un dynamisme urbain tant démographique que spatial rapide grâce au binôme café-cacao qui a fait la fortune du pays dans les années 1970 (période du miracle ivoirien). Avec l’économie de plantation, Divo comme bon nombre des villes de la zone forestière a connu une prospérité indéniable entre 1970 et 1980. Cette prospérité a fait d’elle l’une des destinations préférées du flux migratoire venant des autres régions du pays et des pays limitrophes.

1.2. Croissance urbaine et occupation anarchique de l’espace

Le processus d’urbanisation en Côte d’Ivoire a connu ces dernières années un accroissement brutal et incontrôlé. Dans ce processus, la dynamique spatiale stimulée par la croissance démographique a engendré l’extension des villes occasionnant l’occupation désordonnée des espaces agricoles périphériques. Ainsi, Divo, ville agricole par excellence et capitale du Lôh-Djiboua, de par sa situation géographie et stratégique (à un grand carrefour des voies qui desservent l’arrière-pays à partir d’Abidjan) et sa richesse en ressources naturelles et humaines, n’est pas en marge de cette dynamique urbaine galopante. Car à Divo, les terres urbaines appartiennent à des communautés villageoises ou à des familles autochtones Dida, Godié et Ega1. Avant les années 2000 et juste après l’érection de Divo en commune de moyen exercice en 1969, puis commune de plein exercice en 1978 avec la loi n°78-07 du 09 janvier 1978, les autorités décentralisées avaient réquisitionné toutes les terres urbaines et en étaient propriétaires. C’est dans cette optique que les premiers lotissements dans la ville ont été faits par les autorités décentralisées (préfecture et mairie). Il s’agit du lotissement de 1983 pour la création du quartier Odroukou, du lotissement de 1987 et 1988au niveau du village de Briboré dans le finage villageois devenu un quartier de la ville. Il y a aussi le lotissement de 1995, dans le cadre de l’extension du quartier Bada, initié par la Mairie. Et enfin des lotissements réalisés en 1997 et 1998 sur les terrains de Boudoukou, Justice extension et Grémian extension qui sont restées jusqu'à ce jour sans suite à cause des litiges avec les propriétaires terriens.
Depuis l’évolution de la loi sur le foncier en 2000 et la crise sociopolitique qu’a connue le pays, les opérations de morcèlement sont dévolues aux propriétaires terriens. Ainsi, de nombreux bas-fonds dans la ville sont morcelés et vendus au mépris des risques liés à l’occupation de ces sites favorisant l’extension anarchique de la ville et l’occupation désordonnée des espaces alloués à l’agriculture (terres fermes, bas-fonds et marécages) par l’habitat.

2. Impact de la croissance urbaine sur les espaces agricoles à Divo

2.1. Lotissements villageois et la non-maîtrise de l’évolution spatiale

Après la crise économique des années 1980 et à partir de l’an 2000, le flux migratoire des populations dans la ville de Divo a stimulé la demande de lotissements. En effet, au gré de la demande et au mépris des normes techniques, les autorités coutumières initient des lotissements en complicité avec les géomètres privés. Ainsi, de nombreux quartiers irréguliers se créés et s’étalent sur les pentes douces des versants Sud et Nord.
Cependant, l’absence de contraintes orographiques majeures favorise l’expansion spatiale rapide et incontrôlée de la zone agglomérée. A cela, l’on peut ajouter la politique urbaine locale peu rigoureuse sur les procédures administratives et les normes techniques. Cette extension incontrôlée a eu pour résultat, le développement d’importantes friches qui donnent au paysage urbain, un aspect inachevé surtout dans les quartiers de la périphérie créés dans le finage villageois sur les espaces cultivables. Cette extension concerne aujourd’hui les nouveaux quartiers des zones Sud, Ouest, Nord et Est de la ville de Divo en l’occurrence les quartiers Dougako, Grémian, Soukouralibanais, Dialogue, Konankro et Bada. (cf. figure 1)

2.2. Divo, une ville dévoreuse d’espace

Selon les responsables de l’ANADER en charge de l’encadrement des acteurs des activités agricoles et nos enquêtes, la zone périphérique qui est la ceinture de délimitation du périmètre urbain se composé de terres fermes, de bas-fonds et de marécages. Toutes ces terres affectées à l’agriculture sont convoitées aujourd’hui par l’habitat. Elles sont très vite colonisées par les constructions au détriment de l´’agriculture. Et compte tenu de l’absence des contraintes naturelles, la ville à la capacité d’évoluer dans toutes les directions. Ainsi, la superficie urbanisée connaît une forte croissance à cause de la mauvaise politique de morcellement et de l’occupation désordonnée de l’espace imposée par les propriétaires terriens. (cf. tableau 1 et figure 1).

Tableau 1 : Evolution de l’espace urbain à Divo


2.3. Le recul des activités agricole dans la zone périurbaine

L’observation du terrain et nos enquêtes ont montré que la périphérie de la ville de Divo est composée de terres fermes et de Bas-fonds. En effet, les terres fermes constituant la ceinture verte qui entourent la ville étaient affectées aux cultures de rentes (cacao, hévéa, palmiers ‘à huile) et aussi des cultures vivrières (mais, Manioc, etc. …). Quant aux bas-fonds et aux marécages, ils sont affectés à la riziculture et aux maraîchers. Aujourd’hui, ces espaces agricoles sont l’objet de convoitise de la part des opérateurs immobiliers et des populations résidentes (allogènes, allochtones et/ou autochtones).
Le maintien de l’activité agricole dans la ville et ses environs est confronté à un problème crucial: celui de la réduction progressive des espaces disponibles du fait de la densification urbaine et la reconversion urbaine (urbanisation) des terrains périphériques et périurbains. Les terres agricoles font l’objet de spéculations foncières: leur valeur sur le marché foncier n’est plus en rapport avec leur potentiel agricole mais avec leur potentiel d’urbanisation. La question foncière demeure l’une des principales préoccupations des agriculteurs urbains et périurbains en raison de leur sensibilité à la pression urbaine (photo 1, 2, 3 et 4).

3. Protection des espaces agricoles périphériques ; quels défis pour la ville de Divo ?

3.1. Le rôle joué par les autorités décentralisées et déconcentrées

La Côte d'Ivoire, dès son accession à l'indépendance en 1960, a hérité du droit foncier laissé par le colonisateur, dont le texte essentiel est le décret du 26Juillet 1932 organisant la propriété foncière en Afrique Occidentale Française (AOF), complété par le décret du 15 Novembre 1935 portant réglementation des terres domaniales en AOF .La combinaison de ces textes attribuait les terres vacantes à l'Etat. Ainsi, avant la période de la crise économique qu’a connu le pays, l’Etat dans son rôle de grand bâtisseur, réquisitionnait les terres urbaines afin de les gérer en procédant à l'aménagement et à l'organisation à toutes fins utiles dans le respect des textes afférant. Ainsi, l’aménagement à terme imposait aux investisseurs les limites à l'utilisation des parcelles et des procédures d'acquisition. Pour mener à bien sa politique dirigiste l'Etat s'est résolu à ne pas laisser s'installer le désordre et l'anarchie dans la création et l'occupation de l'espace urbain. Il opte donc pour la politique de décentralisation afin d’être représenté partout sur le territoire national. Il va donc s’en suivre une politique d’aménagement du territoire avec l’élaboration de schéma directeur des villes dans les années 1980 grâce à la compétence du SETU (ex-agence d’aménagement des terrains de l’Etat) (Dobé, 1981). Les structures décentralisées sont en cette période responsable des lotissements des espaces urbains. Alors, les premiers lotissements dans la ville de Divo ont été faits par les autorités décentralisées (préfecture et mairie) en 1983 pour la création du quartier Odroukou, ensuite en 1987 au niveau du village de Briboré dans le finage villageois. Et enfin en 1995, dans le cadre de l’extension du quartier Bada, initié par la Mairie. Tous ces lotissements ont respecté les règles d'urbanisme d'habitat, d'hygiène, de sécurité, et des normes architecturales et ont permis aux autorités de gérer rationnellement le droit des sols et de faire respecter les normes urbanistiques dans les villes afin de lutter contre les constructions illicites. L’agriculture périurbaine jouait et continue de jouer un rôle imminent dans la réduction de la pauvreté et dans l’autosuffisance alimentaire en milieu urbain (photos 5, 6, 7 et 8). L’Etat dans son rôle de propriétaire terrien protégeait dans la plupart des villes ivoiriennes, les bas-fonds et certains espaces (réserves publiques et espaces verts) servant à la culture périurbaine. Ainsi, les bas-fonds de la ville de Divo utilisé pour la riziculture et le maraîcher, les réserves publiques et espaces verts étaient protégés par les lotissements étatiques.
Ils étaient considérés comme des zones impropres à l’habitat.

Au regard de tous ce qui précède l’on peut conclure que, la politique aménagiste de l’Etat a contribué efficacement à la protection et à la préservation des espaces agricoles intra, périurbain et périphériques dans les villes à l’époque jadis, malgré la puissance de la dynamique urbaine. Et Divo est un exemple illustratif de cette affirmation (photos 5, 6, 7 et 8).

3.2. Occupation désordonnée des espaces cultivables à Divo, une responsabilité partagée

La réduction et l’empiètement des espaces agricoles dans les villes et à la périphérie de celles-ci en Côte d’ivoire en générale et à Divo en particulier, est la responsabilité des tous les acteurs de la gestion de l’espace urbaine (Structures décentralisées, populations autochtones ou propriétaires terriens, demandeurs et acquéreurs des terres à bâtir, etc.). En effet, la crise économique des années 1980 a mis fin à l’ambition de l’Etat de promouvoir un habitat moderne pour la majorité des citadins. Face aux contraintes financières, l’Etat a démissionné de son rôle de bâtisseur. La production foncière est donc libéralisée avec l’entrée des sociétés immobilières et des particuliers. Il s’en suit l’émergence d’une économie informelle dans la construction qui va aller de la spéculation foncière à l’appropriation des terrains. Sous la pression des propriétaires coutumiers l’Etat infléchit ses positions en permettant le lotissement et la vente des terrains par la communauté villageoise et en attestant la légalité de cette production foncière.
La responsabilité de l’Etat se résume par le fait qu’il a la charge de la gestion des textes et lois sur le foncier urbain. Pour ce faire, il s'est résolu à ne pas laisser s'installer le désordre et l'anarchie dans la création et l'occupation de l'espace urbain en mettant en place une réglementation dirigiste très stricte. Ainsi, aucune occupation d’espace en milieu urbain ne peut se faire sans l’intervention des structures décentralisées et déconcentrées (Préfet, Maire, Ministère de la construction). Le propriétaire terrien, après le morcellement de sa parcelle par les services d’un Géomètre Privé, délivre une attestation de propriété coutumière à l’acquéreur pour la constitution du dossier de demande de la lettre d’attribution adressée de se faire au Préfet. Et la vente spéculative des terres coutumières morcelées clandestinement par les communautés villageoises et légalisés par les structures de l’Etat entraine l’extension spatiale désordonnée de la ville de Divo par l’empiètement des espaces agricoles périphériques avec en corollaire les conflits fonciers récurrents (Figure 2).
En somme, l’occupation des espaces cultivables par l’habitation à Divo est cautionnée par les autorités décentralisés et déconcentrés. Elles sont les maîtres d’œuvres dans le morcellement et la vente spéculative des terres et de la construction des habitats sur les espaces réservés à l’activité agricole (Bas-fonds, marécages, etc.). Chacun à son niveau a une responsabilité dans l’occupation désordonnée de ces espaces.

CONCLUSION

La dynamique spatiale stimulée par la croissance démographique a engendré l’extension des villes occasionnant l’occupation désordonnée des espaces agricoles périphériques.
Le défi de la préservation des espaces agricoles périphériques à Divo est énorme. Car, à Divo comme dans bon nombre de villes ivoiriennes, les terres urbaines sont la propriété des populations autochtones.
Avant la libéralisation de la production foncière, l’Etat dans sa politique d’aménagement urbaine, protégeait les espaces alloués à la culture du vivrier et du maraîcher (bas-fonds et marécages…). Depuis le retrait de l’Etat de la production foncière et la libéralisation de celle-ci, les propriétaires coutumiers constitués en associations s’adonnent à des morcèlements désordonnés et à la vente spéculative des terres urbaines. A Divo, de nombreux bas-fonds et marécages sont lotis et vendus les propriétaires terriens à des demandeurs qui s’installent au mépris des règles urbanistiques en vigueurs. Cette occupation anarchique de l’espace réduit considérablement les espaces cultivables, mais aussi contribue à l’extension spatiale désordonnée de la zone agglomérée. Dans le souci de la mise en place d’une politique de lutte contre la pauvreté, de l’autosuffisance alimentaire et de la construction de ville durable, il est souhaitable que tous les acteurs impliqués dans l’aménagement de l’espace urbain conjuguent leurs efforts dans la mise en place d’une plate-forme pour le respect des règles urbanistiques. Il serait donc salutaire que le plan d’aménagement des villes prenne en compte les dispositions foncières et juridiques pour le maintien de l’agriculture en milieu urbain. Car, les espaces cultivables dans les villes sont davantage sujettes à la convoitise des constructions qui poussent de façon désordonnée.

Bibliographie

AFFOU Y. S.; 1999, Agriculture intra-urbaine en Côte d’Ivoire : les cultures et les acteurs, in Agriculture urbaine en Afrique Subsaharienne, CIRAD, pp.101-110.

ATTA K. (1997), Aménagement urbain : législation, réglementation, pratique en matière de foncier et d’urbanisme, groupe de recherche espaces-système 35 p

ATTA K. (2001), Urbanisation et développement en Côte d’Ivoire, groupe de recherche espaces-système, 85 p.

CHALEARD J-L., 1998, Croissance urbaine et production vivrière, in Afrique contemporaine, n°185, pp.3-18.

CNRA Divo, 2013: Acquis majeurs des programmes, 68p

DCGTX, République de Côte d’Ivoire (1991), Projet de développement municipal, commune de Divo, Abidjan, 71 p.

DCGTX, République de Côte d’Ivoire, 1992; projet de développement municipal: commune de Divo, 36 p.

DCGTX, République de Côte d’Ivoire. (1993), Monographie de la commune de Divo, Abidjan 25 p.

DOBE L. (1981), ‘’L’organisation de l’espace de vie à Divo’’ in ‘’Annales de l’université d’Abidjan’’ série G- tome X, p 158 DOBE.L. (1983), De l’espace vécu à l’aménagement régional, in Annale l’université d’Abidjan, Abidjan, série G tome XVI pp. 146-221

DUBRESSON A. (1993), Production et producteurs des espaces urbains, in Afrique contemporaine, n°168, pp. 171-1/86 DIBY K. M. (2001), Dynamique d'urbanisation de l'espace périphérique Nord de la ville d'Abidjan, Mémoire de DEA, IGT, Université de Cocody, 58 p

HUBERT G.et TORALYJ., 2006: Divo une terre riche, 52 P.

KOUADIO A.F., 2006:89 les contraintes de développement et d’aménagement de la ville de Divo Bondoukou 165P

KOFFI-DIDIA A. M., 2015 L’accès au foncier urbain et périurbain pour le maraîchage à Abidjan et ses environs, in Revue de Géographie Tropicale et d’Environnement, n°2, 8 p.

Magasine des communes et départements, 2006: Divo une terre riche, 62p.

Ministère de l’Economie et des Finances. (1988), la Côte d’Ivoire en chiffre, édition 86- 87, édition inter - Afrique presse, p 220.

Ministère Français de l’Environnement et du Cadre de Vie, (1981), La décharge contrôlée de résidus urbains, 111p. Programme Triennal (Mairie de Divo), 2004-2006, de la Commune de Divo.

Notes

Table des illustrations

Auteur(s)

1DJAH Armand Josué, 2COULIBALY Salifou, 3TRAORE Porna Idriss
1Département de Géographie, Université Alassane Ouattara (Côte d’Ivoire) Email : aj_djah@outlook.fr
2Laboratoire d’Analyse et de Recherche Espace-Système et Prospective (LARESP), Université Félix Houphouët Boigny (Côte d’Ivoire) Email : porofooua@gmail.com
3Institut de Géographie Tropicale (IGT), Université Félix Houphouët Boigny (Côte d’Ivoire) Email : traore.pornaidriss@yahoo.fr

Droits d'auteur

Université Félix Houphouët-Boigny (Abidjan, Côte d’Ivoire)

L'INFOS EN CONTINUE

« Métropoles portuaires et territoires de l'hinterland en Afrique subsaharienne », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 28 avril 2015

Appel à contribution
...::: Cahiers Ivoirien de Géographie | CIG :::...