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36 Analyse du lien déchets-sante en milieu urbain de Côte d’Ivoire : Cas d’Abobo (banlieue Nord d’Abidjan)

1ALLA Della André, 2N’GUESSAN Loukou Jean-Baptiste

Résumé;
Français
English

Cette étude met en exergue les liens entre les déchets et la santé dans les villes ivoiriennes, à travers l’exemple d’Abobo, une commune dans la banlieue nord d’Abidjan. L’insalubrité en milieu urbain qui a pris de l’ampleur dans cette commune résulte à la fois de l'urbanisation non maîtrisée, de l’occupation des sites à risque d'inondation et de la mauvaise gestion des déchets liquides et solides. La littérature révèle qu’un cadre de vie insalubre est propice au développement d’agents pathogènes, de toxines et de nuisances qui exposent les populations qui y vivent à des risques sanitaires. Ainsi, l’impact des déchets sur la santé de la population est une préoccupation majeure à laquelle les quartiers d’Abobo sont confrontés. Le présent article a pour objectifs d’identifier les pathologies environnementales récurrentes à Abobo et d’établir les éventuels liens de corrélation spatiale entre les facteurs ou foyers d’exposition et ces pathologies. Pour y parvenir, l’étude s’appuie sur une enquête dans les centres de santé et une autre auprès des chefs de ménage. Cette dernière prend en compte des cohortes auxquelles est superposée la méthode des cercles concentriques. Les résultats montrent que les affections qui se manifestent dans la commune d’Abobo sont liées aux déchets et que leur gravité baisse à mesure qu’on s’éloigne des foyers infectieux.

Entrées d'index

Mots-clés : Abidjan, Abobo, déchets liquides et solides, santé, cercles concentriques, foyers infectieux.

Keywords: Abidjan, Abobo, liquid and solid wastes, health, concentric circles, infectious foci.

Texte intégral

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INTRODUCTION

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L’afflux massif des populations, le plus souvent lié à l’exode rural, fait que les villes des pays en développement subissent des mutations et des changements profonds (Tribout, 1998). De façon générale, en parcourant ces villes, on constate que dans de nombreux quartiers, il y a une dégradation avancée du cadre de vie des populations. A cet effet, un rapport du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE, 2015) indique que la quantité totale de déchets collectés à Abidjan s’élève annuellement à environ 3000 tonnes par jour, alors qu’avec une estimation de 1 kg/jour/habitant, la production des ordures ménagères à Abidjan pourrait se situer entre 4000 et 5000 tonnes. Il reste donc près de 1000 à 2000 tonnes de déchets non ramassés qui alimentent les dépôts « sauvages » dans les quartiers d’accès difficiles ou non, dans les fonds de vallée et sur les bordures de la lagune Ebrié.
Abobo, n’échappe pas à cette réalité. Pour environ 1000 tonnes de déchets produits par jour, seulement 76 tonnes sont régulièrement collectées par le système « porte à porte » (Ohomon et al, 2013). En outre, la situation de l’assainissement reste complexe, car les réseaux d’assainissement et d’égout ne couvrent que 1% de la population (Kaba, 2015). Ainsi, les potentielles sources de contamination sont multiples et variées à Abobo. Aux sources de pollution précitées, s’ajoutent les sources de contamination liées aux mouvements transfrontaliers des déchets dangereux, comme ce fut le cas du Probo koala1 en 2006. De plus, les consultations dans les hôpitaux d’Abobo indiquent que plusieurs personnes sont affectées par les maladies telles que le paludisme, les dermatoses, les infections respiratoires aiguës, les diarrhées. Dans ce contexte, le problème de recherche que tente d’élucider cette étude est le lien entre l’état du cadre de vie et la santé des populations. De ce problème découle une question principale : à travers les foyers infectieux que sont les déchets solides et liquides, existe-il un lien significatif entre l’état de l’environnement et les maladies auxquelles les populations sont exposées dans la commune d’Abobo ?
Pour répondre à cette question, l’étude combine les méthodes d’enquête cohorte (exposé/non exposé) et de cercles concentriques pour tenter d’établir les liens de corrélation spatiale qui pourraient exister entre les facteurs ou foyers d’exposition et les pathologies identifiées à Abobo.

1. Outils et méthodes

1.1. Présentation de la zone d’étude

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Située dans la partie nord de la ville d’Abidjan, la commune d’Abobo est limitée au nord par celle d’Anyama, au sud par la forêt du Banco, à l’est par la commune de Cocody, à l’ouest par celle de Yopougon et la sous-préfecture de Songon. Le relief de la commune d’Abobo est un plateau d’altitude moyenne autour de 100 m. Il s’agit d’un vaste interfluve de quelques milliers d’hectares à surface plane ou légèrement ondulée qui s’incline progressivement vers le sud. Bien que ce site soit propice à l’urbanisation, il est localement affecté de dépressions fermées (cuvettes). De taille variant entre 100 et 500 m, pour une profondeur de 5 m, ces cuvettes constituent des zones de collecte naturelle des eaux pluviales. De même, sur ses marges, l’interfluve est pénétré par des ravins dont les encaissements varient entre 40 et 60 m.
C’est dans ce contexte physique que l’urbanisation s’effectue. Actuellement, la commune d’Abobo compte 28 quartiers dominés par l’habitat évolutif dont quatre sont des villages englobés dans la ville (carte n° 1). Avec 1 030 658 d’habitants (RGPH, 2014) sur une superficie d’environ 120 Km2, Abobo a une densité moyenne de 86 habitants à l’hectare. Cette forte concentration humaine est à l’origine de la production des quantités importantes de déchets ménagers. Malgré cela, Abobo est l’une des communes d’Abidjan les moins équipées en infrastructures d’assainissement. Le linéaire d’eaux usées n’est que de 47 298 m (Données de la Direction technique de la Société de Distribution d’Eau en Côte d’Ivoire, 2009). De plus, Abobo est sous influence des pluies abondantes qui tombent chaque année dans le Parc national du Banco (2000 mm en moyenne). Pourtant, d’après les mêmes sources de la SODECI, elle n’est dotée que de 80 260 m linéaire de réseau de drainage dont 840 m de réseau unitaire (eaux pluviales, eaux usées). Ces réseaux d’eaux usées et pluviales sont limités aux zones où les pouvoirs publics sont intervenus dans l'aménagement de l'espace urbain (SETU, SOGEFIHA et 112 ha) et sont loin de répondre aux besoins d’Abobo en assainissement et drainage.

Carte n° 1 : Présentation de la commune d’Abobo selon les types d’habitat

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Ainsi, Abobo est une commune où l’insalubrité est manifeste. Non seulement les eaux usées et pluviales stagnent dans les quartiers, mais aussi les ordures non ramassées s’amoncellent dans les rues, les places publiques, les caniveaux ou à proximité des lieux d’habitation. Tous ces déchets constituent des sources de prolifération des agents pathogènes.

1.2. Collecte des données relatives aux pathologies environnementales à Abobo

Trois centres de santé, susceptibles de recevoir les populations des sites retenus dans l’étude, ont été visités. Ce sont la Formation Urbaine de Santé Communautaire (FUSCOM) d’Anonkoi-Kouté, l’hôpital Henriette Konan Bédié d’Avocatier et l’hôpital général Félix Houphouët Boigny. Ces centres de santé ont été choisis pour leur proximité des populations étudiées. En effet, localisés dans les quartiers retenus, ils présentent l’avantage d’offrir aux habitants les premiers soins en cas de maladie. L’exploitation des registres de santé dans ces trois formations sanitaires, pour la période 2012-2015, a permis de recenser les pathologies dites environnementales. Les données ainsi recueillies permettent de rendre compte de la situation sanitaire d’Abobo.

1.3. Méthode d’établissement du lien entre foyers infectieux et pathologies environnementales

Cette méthode s’appuie sur une analyse statistique des données fondées sur la perception des populations. De plus, les niveaux de santé et les profils pathologiques sont potentiellement influencés par des facteurs dont l’examen, pour déceler les liens de causalité, exige le recours aux méthodes géographiques rigoureuses d’où l’intérêt de l’enquête des cohortes et des cercles concentriques, socles de cette étude.
Le terme « cohorte » est utilisé pour désigner un groupe de sujets ayant les mêmes caractéristiques. Ainsi, l’enquête des cohortes est une démarche fondée sur l’analyse des sujets appartenant au même groupe. Lorsque l’exposition est dichotomique et que l’on souhaite comparer l’incidence de la maladie chez un groupe exposé à celle d’un groupe de référence, on parle d’enquête de sujets exposés/sujets non exposés (figure n°1). Elle consiste à comparer des groupes de sujets pour mettre en évidence l’association entre une exposition et son effet, afin de connaitre de façon précise les modalités d’une potentielle association.

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Figure n° 1. Modèle comparatif des sujets exposés/non exposés


Dans notre cas, « la cohorte des populations d’Abobo » est constituée de sujets réunis sur une base géographique commune (le quartier). Les populations de cette cohorte constituant les sujets exposés sont d’abord comparées à des sujets non-exposés ou de référence. Ensuite, on définit les caractéristiques de chaque groupe. La méthode d’enquête ou le processus de collecte des données retenu s’articule autour des points suivants :
- identification et localisation géo-référencée, à l’aide d’un GPS (Global Positioning System), des foyers infectieux dans les quatre sites d’étude : Anonkoi-Kouté, Avocatier, M’ponon et SOGEFHA (Société de Gestion Financière de l’Habitat) ;

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- définition des hypothèses du choix du rayon d’action, en prenant en compte la distance de vol requise des agents pathogènes par rapport aux foyers infectieux ;
- répartition des populations exposées, en tenant compte de la distance de leur habitation par rapport aux foyers infectieux ;
- choix de la population de référence. Nous avons choisi 50 ménages à Aboboté comme population de référence. Notre constat révèle que ce village présente un cadre de vie relativement plus salubre que les quartiers étudiés. Cela s’explique par le fait que le village bénéficie du concours de la double autorité (municipale et coutumière) en termes de gestion de l’environnement.
Nous avons par la suite procédé à un zonage de l’espace en nous basant sur les facteurs d’exposition susceptibles de dégrader la santé des populations. Il existe une diversité de facteurs d’exposition, mais pour cette étude, ils ont été réduits à deux : les points de groupage des déchets solides (ordures ménagères et assimilés, touffes d’herbes, etc.) et les points de stagnation des déchets liquides (eaux usées ou pluviales).
Pour le « zonage2 » de l’espace, la distance au foyer infectieux et les caractéristiques de l’exposition elle-même ont été prises en compte. La notion de distance envisagée s’appuie sur deux facteurs spécifiques que sont la force de propagation des éléments toxiques et la mobilité des agents pathogènes liés aux facteurs d’exposition. En effet, à la distance sont corrélés des niveaux de risque susceptibles d’influencer la santé, de sorte que logiquement le risque diminue avec la distance. A ce propos, Kientga (2008), citant Briggs et Beale (2002), affirme que « la propagation ou l’exposition est un processus de dispersion et d’usure d’énergie de sorte que le danger décroit de manière inversement proportionnelle avec la distance à la source. » Dans ces conditions, poursuit-il, les modèles de zonage considèrent des intervalles sous forme de cercles concentriques dont le centre est le site polluant. Ainsi, l’exposition décroit de manière discrète jusqu’au seuil au-delà duquel elle est considérée comme nulle. Le critère de base choisi pour illustrer ce modèle est le rayon d’action admis pour caractériser la mobilité des agents pathogènes, vecteurs de maladies. En outre, l’OMS (1996) stipule que le cycle de transmission des maladies se fait d’un réservoir vers un hôte en mettant en

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interaction trois éléments : l’environnement, réservoir des agents pathogènes ; l’agent pathogène ou vecteur (mouches, moustiques etc.) et l’hôte constitué de populations humaines.
Ainsi, les points de déchets, liquides ou solides, sont des lieux propices à la prolifération d’insectes (mouches, cafards et moustiques), de rongeurs, de reptiles et de microbes ou de virus, vecteurs reconnus de maladies.
Dans le cas d’Abobo où l’environnement urbain se caractérise par de fortes densités de population et par la prolifération des déchets solides et liquides (réservoirs), est considéré comme exposé, tout individu résidant dans un rayon d’action de 300 m, à partir d’un foyer infectieux (eaux usées, eaux pluviales stagnantes, dépôts d’ordures, touffes d’herbes). En effet, les vecteurs en milieu urbain ne s’éloignent guère de leur gîte (Poda, 2007). Les populations au-delà de ce rayon d’action sont considérées comme non exposées. L’application de la méthode des cercles concentriques au cas d’Abobo a permis de déterminer trois zones (figure n° 2).

Figure n° 2. Modèle des cercles concentriques

La première zone, ayant un rayon d’action de 100 m à partir du foyer infectieux, est considérée comme zone de danger ou à risque élevé. En effet, insectes, rongeurs et autres vecteurs parcourent cette distance.

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La deuxième zone a un rayon d’action compris entre 100 et 200 m. Elle détermine la zone à risque moyen. A cette distance, la pression exercée par les vecteurs diminue (Gakuba, 2002, cité par Kientga, 2008).
La troisième zone, allant de 200 à 300 m du foyer infectieux, correspond à celle à l’intérieur de laquelle le risque est faible.

1.4. Enquête auprès des chefs de ménage

Pour mener cette enquête, nous avons procédé à un échantillonnage à deux niveaux. Au niveau spatial, l’étude a porté sur des quartiers choisis en fonction du type d’habitat (quartier précaire, village, quartier évolutif et résidentiel) et les résultats ont été généralisés à l’ensemble de la commune. Ce sont : Anonkoi-Kouté, un village Ebrié englobé dans la ville ; Habitat SOGEFIHA, le premier quartier d’habitat résidentiel ; Avocatier-Agnissankoi, une zone d’habitat évolutif ; M’ponon, un quartier précaire situé au cœur de la commune.
Au niveau de la population à interroger, les quartiers choisis comptent 18 650 ménages (RGPH, 2014), soit 16,26% des ménages de la commune.
Au niveau du choix des chefs de ménages à enquêter dans chaque quartier, nous avons procédé à un échantillonnage par quota, en appliquant la formule : N= t2 x p (1-p) /m2 avec N : taille de l’échantillon, t : niveau de confiance à 90 % (valeur-type 1,65), p : prévalence estimative des ménages dans la strate et m : marge d’erreur à 10 % (valeur-type 0,1).
Ainsi défini, le nombre de chefs de ménage interrogés s’élève à 185. Ils ont été répartis proportionnellement au poids démographique de chaque quartier, en tenant compte des foyers infectieux auxquels ils sont exposés (tableau n°1).

Tableau n° 1 : Nombre de chefs de ménage interrogés par quartier en fonction des foyers infectieux


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Le choix des chefs de ménage, à l’intérieur de chaque quartier, a été fait en fonction des trois zones concentriques autour des foyers infectieux. Par exemple, par rapport au foyer de déchets solides à la SOHEFIHA, 5 chefs de ménage ont été choisis dans la zone de 0 à 100 m, 5 dans la zone de 100 à 200 m et 4 dans la zone de 200 à 300 m, soit 14 chefs de ménage. Le choix des chefs de ménage à l’intérieur des cercles a tenu compte des ilots et de la distance par rapport au foyer infectieux. A titre de comparaison, une population constituée de 50 chefs de ménage a été choisie à Aboboté, comme population de référence.
Les questions ont porté sur la perception de l’état de l’environnement dans lequel les ménages vivent (milieu propre, sale, très sale etc.), sur les différents problèmes qu’ils rencontrent dans la gestion de leur cadre de vie, ainsi que sur les maladies environnementales que les personnes vivant dans le ménage ont contractées ou non au cours des années 2013 à 2015. Pour cette dernière préoccupation, les groupes d’âges utilisés dans les hôpitaux ont été retenus : 0-11 mois ; 1 à 4 ans ; 5 à 14 ans ; 15 ans et plus (Ministère de la santé et de la lutte contre le Sida, 2013).

1.5. Méthode d’analyse des données

Une analyse statistique et cartographique des données a été faite. Toutes les informations statistiques ont été saisies à l’aide de l’outil informatique à travers des logiciels Excel et Epi-data. Avec Epi-data, nous avons mis en place un masque de saisie dans lequel toutes les données d’enquête auprès des chefs de ménage ont été saisies. A la fin de la saisie, les différents résultats ont été exportés sous forme de tableaux statistiques sur Excel.
Pour réaliser la carte des facteurs d’exposition, les foyers infectieux dans les quatre quartiers étudiés : Anonkoi-Kouté, Avocatier, M’ponon et SOGEFIHA ont été géolocalisés à l’aide d’un GPS de 3 m de précision. Les informations collectées ont été ensuite transférées dans une base de données dont le traitement s’est fait à l’aide du logiciel ArcGIS qui a facilité la superposition des foyers sur un fond cartographique des quartiers étudiés.

2. Résultats et discussion

2.1. Importance des maladies environnementales à Abobo

L’exploitation des fiches des malades dans les centres de santé visités révèle la prédominance de sept maladies dans la commune d’Abobo. Quelle que soit la maladie considérée,

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Avocatier, quartier d’habitat évolutif, est le plus exposé, et SOGEFIHA où l’habitat est de bon standing est le lieu où les populations sont les moins touchées (tableau n° 2).

Tableau n° 2 : Les cas de pathologies déclarées dans les différents quartiers étudiés

2.1.1- Le paludisme : un problème de santé publique

Le paludisme est une cause majeure de morbidité dans la commune d’Abobo. Il représente 25,10 % des motifs de consultation dans les centres de santé visités. Toutes les couches sociales de la population sont touchées par cette affection. Cependant, les sujets de 0 à 5 ans et les femmes enceintes sont les plus vulnérables (OMS, 2007 ; Gagnon et al., 2005). Le paludisme qui dérive de palus « marais » ou encore malaria « mauvais air » est une affection parasitaire due à un hématozoaire du genre plasmodium transmis à l’homme par la piqure d’un moustique : l’anophèle femelle. Dans la commune d’Abobo, l’existence de nombreux espaces enherbés et de multiples points de stagnation d’eaux usées et pluviales constitue des conditions favorables au pullulement des moustiques, ce qui expose les populations au paludisme. D’ailleurs, l’influence du milieu insalubre sur la santé est attestée par OMS (2007) qui affirme que 42 % des cas de paludisme sont imputables à des facteurs environnementaux modifiables, associés à des politiques et pratiques concernant le choix des sites d’habitation, l’amélioration du système de drainage.

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2.1.2. Une importance des dermatoses

De l’observation des statistiques fournies par les centres de santé, il ressort que les dermatoses sont devenues une préoccupation sanitaire à Abobo, avec 19 % des cas de maladies déclarés. Ce taux est relativement élevé par rapport à une étude menée dans plusieurs centres de santé au Mali en 1994 qui montrait que 10 % des consultations avaient pour motif une maladie de la peau (Mahé et al., 1995). Cela peut s’expliquer par le fait que, depuis quelques années, l’insalubrité prend de l’ampleur dans la commune, favorisant la croissance d’agents pathogènes (Kaba, 2015). De plus, il se pose un problème d’eau à Abobo, caractérisé par des coupures régulières et par des baisses de pression. De ce fait, la quantité d’eau nécessaire pour assurer l’hygiène personnelle qui est de 30 litres par personne/jour selon l’OMS (2013) n’est pas toujours atteinte, d’où l’apparition des dermatoses.

2.1.3- Les diarrhées : un problème de santé à ne pas négliger

Les diarrhées se classent au 3e rang des causes de morbidité dans la commune, avec 17 % des maladies déclarées dans les centres de santé. Cette prévalence est similaire à celle trouvée par Ngnikam et al. (2007) dans une population de 396 enfants de moins de 3 ans résidant à Yaoundé. Cette étude réalisée de janvier 2004 à septembre 2005 indiquent des taux de prévalence de diarrhée variant entre 10% et 16,4%.
Les diarrhées sont donc une cause majeure de morbidité et de mortalité en Afrique subsaharienne en général et en Côte d’Ivoire en particulier. Selon les estimations de l’OMS (2007), 94% de la charge de maladies diarrhéiques est attribuable à l’environnement et associée à des facteurs de risque tels que l’eau de boisson non salubre, le manque d’hygiène et d’assainissement. Ainsi, la situation d’Abobo n’étonne guère, dans la mesure où la commune connait une insalubrité généralisée liée aux touffes d’herbes, aux eaux usées, aux ordures ménagères, aux urines et excréta humains (Ohomon et al., 2013).

2.1.4. Les Infections respiratoires aiguës (IRA) : une affection qui menace

Les IRA, à raison de 10,7 % des consultations, sont manifestes dans cette commune où l’air est fortement pollué par les poussières liées à l’intensité du trafic routier, par les fumées issues

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de l’incinération des ordures ménagères et des pneus, par les odeurs nauséabondes et l’utilisation de combustibles polluants (Ministère de l’environnement, de la salubrité urbaine et du développement durable, 2014 ; constats de terrain, 2014-2015). C’est d’ailleurs ce que soutient l’OMS (2007) qui précise que : « Les infections des voies respiratoires inférieures sont associées à la pollution de l’air à l’intérieur des habitations due principalement à l’usage domestique de combustibles solides et peut-être aussi au tabagisme passif ainsi qu’à la pollution atmosphérique ». L’infection respiratoire aiguë est une urgence médicale définie comme une hypoxémie brutale. Cliniquement, elle se traduit par une gêne respiratoire.

2.1.5. Les autres maladies environnementales

Les populations de la commune d’Abobo sont victimes d’autres maladies liées à leur environnement. Certes, elles ne sont pas aussi importantes que le paludisme, les dermatoses, les diarrhées et les IRA, mais elles menacent la vie des populations. Ce sont par ordre d’importance la fièvre typhoïde (7, 14 %), les parasitoses (7 %), la tuberculose, la méningite, la rougeole, le choléra, la poliomyélite et la bilharziose (14 %).

2.2. Lien entre l’exposition aux facteurs et les pathologies

Les dépôts d’ordures, les décharges, les rejets liquides (domestiques, industriels ou pluviaux) sont des sources d’infection et de dégradation de la santé des populations avoisinantes. Dans la commune d’Abobo, les facteurs d’exposition foisonnent et varient d’un site à l’autre (carte n° 2)

Carte n° 2 : Répartition des facteurs d’exposition aux pathologies à Abobo

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Pour cette étude, nous avons choisi les foyers les plus représentatifs, à raison d’un foyer de déchets solides et d’un foyer de déchets liquides par quartier retenu. Les populations développent potentiellement des maladies en relation avec les polluants et/ou les vecteurs issus de ces endroits insalubres. C’est cette réalité que l’on tente de montrer à travers les tableaux n° 3 et 4.

Tableau n° 3 : Etat de morbidité des populations vivant dans les ménages enquêtés exposées /non exposées aux déchets liquides

Tableau n° 4 : Etat de morbidité des populations vivant dans les ménages enquêtés exposées/non exposées aux déchets solides


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Ces deux tableaux permettent de comparer l’état de santé des populations d’âges différents selon qu’elles sont exposées aux déchets (populations dans les quartiers étudiés) ou non exposées (population d’Aboboté, prise comme référence). Par exemple, dans la strate 1 du tableau 3, sur un total de 51 bébés de 0 à 11 mois exposés aux déchets liquides, 10 ont effectivement contracté des affections. Par contre, parmi 21 bébés du même âge non exposés à des déchets liquides, pris à Aboboté, un seul a été malade. Les relations causales entre déchets et pathologies sont régulièrement soulignées par des chercheurs. Une étude effectuée par EcoSommet (1995) au Canada a démontré que même enfouis les déchets peuvent engendrer des risques pour la santé des personnes vivant près de ces sites. Un rapport du PNUE (2007) soutient que des analyses de sang et d’urine effectuées sur une cohorte d’enfants riverains d’une décharge à Nairobi au Kenya ont révélé que la moitié des enfants développait des gastro-intestinales, des dermatoses, des bronchites et l’asthme.

2.2.1. Mesures d’association

Elles s’obtiennent à travers la valeur du risque relatif, lorsque les données se présentent sous la forme de sujets exposés / non exposés (tableau n° 5).

Tableau n°5 : Caractéristiques sanitaires théoriques des sujets exposés ou non

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Le calcul du risque relatif passe par celui de l’incidence de la maladie dans chaque groupe, suivant les formules : Ie = a / (a+b) et Ine = c / (c+d) Avec Ie = incidence du groupe de sujets exposés ; Ine = incidence des sujets non exposés. Le risque relatif (RR) est donc le rapport entre l’incidence chez les exposés et l’incidence chez les non exposés, soit RR = Ie / Ine
L’application aux données issues de la strate 1 du tableau 3 donne les résultats suivants : Ie1 = 10 / (10 + 41)
= 0,1960
Ine1 = 1/ (1 + 20)
= 0,0476
RR1 = 0,1960/ 0,0476, soit 4,119.
En suivant ce modèle, les risques relatifs obtenus selon les différents foyers d’exposition et tranches d’âge sont compilés dans le tableau n° 6.

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Tableau n° 6 : Les risques relatifs (RR) selon les foyers infectieux


Les résultats dans ce tableau n°6 permettent de juger d’une potentielle association causale entre les facteurs observés et les pathologies dont les populations sont victimes. Ils sont sensiblement en hausse par rapport aux RR (1,01 à 1,23) calculés par Fabre et al. (1999) pour démontrer l’association causale entre cancer et exposition aux incinérateurs d’ordures. Cette étude, portant sur 135 000 cas de cancer observés dans quatre départements métropolitains au cours de la décennie 1990-1999, a donc mis en évidence une relation positive significative entre l’exposition aux émissions atmosphériques d’incinérateurs d’ordures ménagères et l’incidence, chez la femme, des cancers du sein.

2.2.2. Jugement de signification et de causalité

D’une manière générale, les enquêtes d’observation sont difficiles à interpréter. A cet effet, plusieurs auteurs ont proposé des critères pour faciliter l’interprétation des résultats d’une enquête épidémiologique. Nous retenons ceux de Hill (1965) qui sont parmi les plus reconnus. De tous les critères développés par Hill, nous en utilisons trois : la force de l’association, la plausibilité biologique et la cohérence pour expliquer la potentielle relation de causalité entre les facteurs d’exposition et les pathologies développées par les populations d’Abobo.

2.2.2.1. La force de l’association

Elle est fonction de la valeur du RR (voir tableau 6), de sorte que plus RR est élevé, plus l’association est considérée comme forte. Ainsi, Bouyer et al. (1993) distinguent trois niveaux d’association en fonction de la valeur du risque relatif :
  • Pour RR <1,5, l’association est considérée comme faible
  • Pour 1,5>RR>3, l’association est considérée comme moyenne
  • Pour RR>3, l’association est considérée comme forte.

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Selon les différents critères établis par Bouyer et al. (1993), la force de l’association causale dans notre étude se présente comme l’indique le tableau n° 7.

Tableau n° 7 : la force de l’association causale entre les foyers infectieux et les pathologies


L’analyse de ce tableau n° 7 révèle que l’association causale entre foyers infectieux et pathologies est moyenne pour les strates 2 et 3, ce qui correspond respectivement aux tranches d’âge de 1 à 4 ans et de 5 à 14 ans. Elle est forte pour les autres classes d’âge (0 à 11 mois et 15 ans et plus). Ces résultats sont relativement similaires à ceux de Diobo (2012). En effet, cet auteur met en évidence le lien entre les paramètres environnementaux (réseau hydrographique et relief) dans la prévalence de l’ulcère de burili à Daloa. Elle parvient à la conclusion que les femmes et les enfants sont les populations les plus vulnérables. Les enfants de 0 à 15 ans représentent 46% des malades. Cette grande vulnérabilité des enfants selon Diobo (2012) est liée au fait que ces derniers sont souvent à moitié vêtus.
La force de l’association étant prouvée, il convient d’analyser quelques critères biologiques tout aussi plausibles en faveur des liens de causalité déchets-santé.

2.2.2.2. La plausibilité biologique

La plausibilité est un critère tout aussi important pour juger de la nature causale d’une association. La question ici est de savoir si des explications biologiques plausibles peuvent expliquer le résultat obtenu. En effet, l’analyse des informations fournies par les populations fait ressortir que la prolifération des agents pathogènes diminue quand on s’éloigne des foyers infectieux. Les tendances sont similaires quelle que soit la nature du foyer infectieux. Ainsi, les observations concernant la prolifération des agents pathogènes dans ces milieux sont en adéquation avec la preuve d’une association causale. Poda (2007) illustre bien cet état de fait, en indiquant que les anophèles vecteurs de transmissions du paludisme piquent à proximité de leur gite (déchets liquides et solides).
L’information principale que l’on retient de cette partie des résultats d’enquête est que, plus on s’éloigne d’un foyer infectieux, moins les agents pathogènes sont nombreux et moins le foyer est dangereux.

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Les tendances en matière de perception sont pratiquement les mêmes, que ce soit pour la prolifération des agents pathogènes que pour la perception du danger lui-même (tableau n° 8).

Tableau n° 8 : Perception de la gravité du danger en fonction de la distance au foyer de déchets solides


Ce tableau n°8 fait apparaitre que la gravité du risque est différemment appréciée dans les trois cercles concentriques. Dans le premier cercle où les populations sont plus proches du foyer infectieux, toutes les personnes interrogées estiment que les risques de maladie sont « très élevés » (30,10%) ou « élevés » (5,37%). Dans le deuxième cercle, pour la plupart des enquêtés les risques sont « moyens » (21,50 %) ou « faibles » (8,60 %) alors que pour les habitants de la dernière couronne, plus éloignés des tas de déchets, les risques sont « faibles » en général (20,43%) ; certains estiment même qu’il n’y a aucun risque (5,37 %). Cette tendance est pratiquement la même quel que soit le type d’habitat. Comme on le voit, les populations ont conscience que la gravité des maladies liées aux déchets solides décroît au fur et à mesure qu’on s’éloigne de la source d’infection. C’est à cette conclusion que parvient Kientga (2008), lorsqu’il déclare que : « plus un site est éloigné, moins il apparait dangereux ». Par rapport aux déchets liquides, les données du tableau n° 9 indiquent que les tendances sont pratiquement similaires à la variation des degrés de gravité perçus dans le cas précédent.

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Tableau n° 9 : Perception de la gravité liée aux déchets liquides


Dans le premier rayon, les populations perçoivent que le risque est très élevé (27,70 %) ou, dans une moindre mesure, élevé (8,69 %). Dans le rayon de 100 à 200 m du foyer infectieux, la plupart des enquêtés estiment que le risque est moyen (27,17%) et, pour seulement 4,34 %, le risque est faible. Au-delà de ce rayon, c’est plutôt le risque faible qui est le plus ressenti (25 %), même si quelques-uns des enquêtés (5,43 %) estiment que le risque est moyen à cette distance. Bien que les proportions soient plus faibles dans cette étude, comparées à celles obtenues en 2008 par Kientga (95%, 42%, 30%) au sujet du danger perçu autour du site de déchets des secteurs 25 et 26 au Burkina Faso, nos résultats expriment la même réalité.

CONCLUSION

Les statistiques recueillies dans les centres de santé d’Abobo montrent que les maladies environnementales telles que le paludisme, les dermatoses, les infections respiratoires aiguës, les diarrhées prédominent dans cette commune. S’il est vrai que l’état insalubre de l’environnement influence négativement la santé des populations, le prouver n’est pas évident. C’est à cet exercice que nous nous sommes essayés en recourant à l’enquête des cohortes et aux cercles concentriques. Les résultats obtenus à partir de ces méthodes permettent de montrer qu’il existe un lien entre foyers infectieux et pathologies enregistrées à Abobo, en ce sens que les personnes les plus proches des déchets sont plus affectées que celles qui en sont éloignées. De plus, la vulnérabilité des individus aux maladies environnementales est fonction

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des groupes d’âges. Enfin, le lien déchets-santé est confirmé par les populations qui ont conscience que celles qui habitent à proximité des foyers infectieux sont plus exposées que les autres aux maladies. Toutefois, dans la perspective d’une recherche plus approfondie des liens entre l’environnement et la santé des populations, des facteurs tels que la localisation précise des malades et leurs caractéristiques socio-économiques pourraient être pris en compte.

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Notes

1 Probo koala : navire pétrolier appartenant à une compagnie grec et affrété par une société hollandaise et Suisse tranfigura. En août 2006, ce navire a acheminé et déchargé 581 tonnes de déchets toxiques à Abidjan y compris Abobo, faisant de nombreuses victimes.
2Zonage : cette notion, inspirée de Kientga, 2008 est employée pour expliquer le découpage en cercles concentriques autour des sites ou foyers infectieux

Table des illustrations

Auteur(s)

1ALLA Della André, 2N’GUESSAN Loukou Jean-Baptiste
1Maitre de Conférences, E-mail : gnalladella@gmail.com
2Doctorant, E-mail : nloukoujeanbaptiste@yahoo.fr

Droits d'auteur

Université Félix Houphouët-Boigny (Abidjan, Côte d’Ivoire)

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