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5 Apport de l’exploitation des hydrocarbures en off-shore à la dynamique de développement du département de Jacqueville (Sud-Ouest) de la Côte d’Ivoire

1Professeur Koffié-Bikpo Céline Yolande, 2Sogbou-Atiory Julienne

Résumé;
Français
English

Le présent article s’intéresse au développement de l’activité de l’exploitation des hydrocarbures en off-shore dans le département de Jacqueville. L’analyse débouche sur les impacts de la dite activité sur le développement de la circonscription administrative de Jacqueville. L’exploitation off-shore s’y déroule depuis plus de 3 décennies. Cet article fait le bilan de son incidence sur les cadres de vie.
La recherche documentaire, les entretiens et l’observation directe sont le fondement de la procédure de collecte de données.
Les résultats des investigations indiquent une hausse du niveau de production et le forage de nouveaux puits depuis le début des années 1980 et 1990. Seulement, l’impact sur le niveau général de l’équipement et des cadres de vie laisse entrevoir un important décalage entre les exigences des cahiers de charge et les retombées obtenues par les populations Alladjan autochtones. De plus, le littoral est régulièrement soumis à des fuites d’hydrocarbures polluant grandement le front de mer et réduisant les activités économiques inspirées du rivage.

Entrées d'index

Mots-clés : Jacqueville, hydrocarbures, off-shore, développement, équipement.

Keywords: Jacqueville, oil and gas, offshore, development, equipment.

Texte intégral

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INTRODUCTION

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Les premiers pas de la Côte d’Ivoire dans l’exploitation des hydrocarbures remontent à la fin des années 1970. Essentiellement fondée sur l’agriculture, l’économie ivoirienne trouvait dans l’exploitation des énergies fossiles une plus-value qui permettrait une augmentation significative des recettes de l’état (PETROCI, 2013). Ainsi ces cinq dernières années, la production de pétrole en Côte d'Ivoire s'est accrue de 40% (Ministère du Pétrole et de l’Energie, 2013). Les revenus du pétrole sur la même période ont atteint près de quatre milliards de dollars. La Côte d'Ivoire a en outre annoncé 3,3 milliards de dollars d'investissements dans ce secteur entre 2015 et 2020 (Ministère du Pétrole et de l’Energie, 2016). Ces chiffres attestent de la croissante contribution de l’exploitation d’hydrocarbure dans la création de richesse en Côte d’Ivoire. De plus, la révision du Code pétrolier et la mise en place des Contrats de partage de production (CPP) ont permis d'attirer de nouveaux investisseurs dans le secteur, qui ont profité d'un contexte favorable pour conclure 19 nouveaux contrats entre décembre 2011 et septembre 2014 (Ministère du Pétrole et de l’Energie, 2015).

Le littoral ivoirien long de 550 km est le siège de l’exploitation et du développement de cette économie des énergies fossiles. Il a été à l’échelle nationale le premier site de fouille et de sondage. Les premières recherches y ont été initiées vers la fin 1950 (Ministère du Pétrole et de l’Energie, 2013). Les principaux sites mis en exploitation se concentrent sur l’axe Grand-Bassam, Grand-Lahou. Cette portion du littoral regroupe l’essentiel des exploitations off-shore mis en service dès l’amorce des années 1980. Pour la présente réflexion, notre intérêt se focalise sur la situation du département de de Jacqueville (figure 1). En effet, situé entre les localités de Grand-Bassam et de Grand-Lahou, le département de Jacqueville est une circonscription administrative dont la limite Sud longue de 50 km borde l’océan atlantique. C’est depuis 1980 que les premières initiatives pour le développement de l’activité off-shore ont été lancées au large des côtes de la circonscription (Ministère du Pétrole et de l’Energie, 2013). Mener la réflexion sur l’apport de l’exploitation des hydrocarbures en offshore, à la dynamique du développement du département de Jacqueville, implique une analyse de la notion de développement. Il convient donc de relever que la notion de développement a été abordé dans le sens où les fruits de la croissance (assimilée dans cette étude à l’exploitation pétrolière) vont, servir à la recherche d’une meilleure redistribution et égalisation sociale, avec pour objectif final un progrès généralisé » (Cazes et Domingo, 1991). Ce qui sous-entend une amélioration du bien-être des populations et une diminution de la pauvreté» Duval et Pertuzio (2011). Le développement sera évalué à travers l’implantation des équipements, effectué par les exploitants pétroliers, dans le département de Jacqueville. En outre, cette évaluation aura pour critère l’appréciation de la part des retombées attribuée au département ainsi que les réponses des exploitants face aux besoins des populations.

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Figure 1: localisation du département de Jacqueville


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Quel est l’apport de l’exploitation des hydrocarbures en off-shore à la dynamique de développement du département de Jacqueville? Cette question principale emmène à se poser les questions suivantes: Comment cette activité a été installée dans le département? Qui sont les acteurs exploitant la ressource? Quelle est la part d’implication des populations locales? Quels sont les impacts de cette activité sur les conditions générales du développement dans le département?

Méthodologie

La méthodologie de collecte des données s’articule essentiellement autour de l’observation directe du terrain, de la recherche documentaire auprès des structures ayant la charge de l’exploitation des gisements off-shore et du ministère des mines et de l’énergie enfin de la tenue d’entretien auprès des communautés villageoise jouxtant les installations consécutives à l’exploitation.
L’observation directe se résume en des visites sur les sites abritant les installations continentales découlant de l’activité off-shore d’une part et d’autre part dans les villages d’Adjué et d’Addah.
Il s’est agi d’observer les installations, le niveau d’équipement en infrastructure des dits villages du fait de l’exploitation des hydrocarbures. Nous avons profité de ces visites pour nous entretenir avec les chefs de communautés villageoises et les responsables locaux des mutuelles et associations de développement. Les échanges ont porté sur les actions de développement, les avantages et les inconvénients de la présence des hydrocarbures dans le département, plus précisément elles étaient axées sur les retombées de l’exploitation sur chaque localité du département. En outre l’entretien avait pour but de déceler de quelles manières les retombées de l’exploitation pétrolières répondaient aux besoins des populations.
La rencontre avec les responsables du Conseil Pétrole-Gaz a permis de comprendre les critères de choix pour le partage des retombées et le mode de fonctionnement des exploitants pétroliers dans la distribution des retombées de l’exploitation.

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Les visites initiées par l’observation directe se sont déroulées de 2012 à 2015.
L’exploitation de documentation d’activité et de texte législatif a constitué l’essentiel de la recherche documentaire. Les rapports d’activité émanent de 2009 et de 2015.
L’ensemble de ces données a permis de produire un argumentaire structuré autour des points suivants:
-Inventaire et localisation des sociétés en phase d’exploitation off-shore: Une synthèse relative au contexte du développement de l’activité, suivi d’une description des principaux champs et de leur niveau de production est proposée.
-Un état de la contribution des exploitations pétrolières au développement local est évalué. Il permet de mettre en exergue les décalages entre les attentes des populations et les réalisations des entreprises exploitant l’off-shore.
-Une analyse relative à la perception des populations sur la présence des entreprises des exploitations de l’off-shore complète a section précédente
-enfin, les impacts de l’exploitation off-shore sur l’environnement sont étudiés.

I-Inventaire et localisation des gisements d’exploitation dans le département de Jacqueville

1-Le développement des hydrocarbures une volonté politique pour une relance économique

1-1 Contexte du développement de l’activité d’exploitation en off-shore

La volonté de l’Etat Ivoirien de développer les nouvelles sources d’énergie que sont le pétrole et le gaz naturel, a conduit à la mise en place de stratégies nouvelles favorables à la découverte de divers champs pétrolifères et gaziers en offshore. Il était donc nécessaire, de faire cet état de lieu qui confirme l’environnement pétrolier et gazier que le département de Jacqueville abrite. Les crises pétrolières des années 1970 ont conduit les gouvernements à inclure progressivement le gaz naturel à l’ordre du jour de leur politique énergétique. Plusieurs années se sont écoulées et avec elle, la succession d’étude en vue de rendre concrète l’utilisation du gaz (en offshore).
Sous cet angle la fourniture d’énergie à partir du gaz naturel est devenu l’un des axes prioritaires de la politique énergétique du gouvernement ivoirien. Il s’est fixé pour objectif, de rendre autonome le pays dans le domaine de l’énergie, d’alimenter la sous-région en électricité en gaz butane et en gaz naturel. De renforcer la compétitivité de l’économie en réduisant à moyen terme grâce à la mise en valeur des ressources gazières, le coût de l’énergie (Mission économique d’Abidjan, 2001). Les différentes découvertes ont été réservées pour la production d’électricité et l’utilisation dans les centrales thermiques de Vridi et d’Azito pour la production d’électricité. L’excédent est destiné à la SIR (société ivoirienne de Raffinage). Cette action jusqu’à ce jour demeure mal interprétée par les populations locales, qui l’appréhendent comme une dépossession de leurs richesses au profit d’autres.
   Un plan stratégique favorisant l’investissement dans le domaine pétrolier est mis sur pied à travers la révision du code de pétrole en 1990. Cette politique non content d’ouvrir les portes à l’exploration et à l’exploitation pétrolière, sécurise les ressources du sous-sol ivoirien.
Plusieurs années se sont écoulées et avec elles, la succession d’étude en vue de rendre concrète l’utilisation du gaz en offshore.

1-2 Présentation et localisation des principaux gisements d’exploitation en off-shore

Ainsi, le littoral de Jacqueville abrite 4 champs pétroliers, 4 champs gaziers en exploitation en offshore et 4 champs gaziers et un champ pétrolier en développement; tous situés au large de Jacqueville. Ces différentes exploitations sont en off-shore. Les

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sections qui suivent donnent une présentation des plus importants

1-2-1 le Champ Espoir

C’est le Groupe Philipps Petroleum qui a découvert le gisement le consortium Espoir1 en 1980. Suite au forage du puits A1-1X le champ Espoir est situé sur le bloc C1-26 au large de Jacqueville. La gestion de ce champ est effectuée par un consortium composé de Canadian Natural Ressources Limited Cote d’Ivoire (CNR Ld) ; Tullow Oil et PETROCI. Les réserves initiées étaient estimées à 156 millions de barils et de 399 milliards de pieds. Ce champ produit essentiellement de l’huile et du gaz associé. La production est réalisée à partir d’un FPSO2. La Canadian Natural Ressources Limited Côte d’Ivoire gère l’exploitation, la production du pétrole et extension du champ Espoir. Du champ Espoir, 1 gazoduc de 1 pouce de diamètre et de 19 Km de longueur achemine le gaz naturel des champs Espoir et Baobab à la station d’Adjué (localité de Jacqueville) où il se connecte au gazoduc de Devon.

1-2-2-Le Champ BAOBAB

Situé au large de Jacqueville à 65 Km d’Abidjan, le champ BAOBAB a été découvert en 2001 suite au forage du puits baobab 1-X. Il est un champ mixte (pétrolier et gazier). Il est situé à 12 Km du champ Espoir. Les réserves prouvées d’huile et de gaz naturel sont respectivement de 300 millions de barils et 470 millions de pieds cubes de gaz.

1-2-3-Le Champ FOXTROT

C’est à la suite au forage du puits B1-1X en 1981 et de celui du puits Foxtrot 1 en 1990 que Philipps Petroleum a découvert le champ maritime gazier de Foxtrot. Ce champ contient les réserves les plus importantes estimées à 25 millions de m3 par CNRLCI qui a été désigné opérateur avec Svenska et PETROCI. La production est réalisée à partir d’un FPSO relié à des unités sous-marines. La production de ce champ a débuté le 09 Aout 2005 et a permis la production de 14565.6 millions de barils. Le champ atteint 21000 barils par jour en juillet 2005 (Ministère de l’économie et des Finances, 2007). Ce champ permet à la production ivoirienne de passer de 40 000 barils par jour début mars à 80 000 millions de barils par jour à la fin de mars 2006.
Le problème d’ensablement connu par certains puits producteurs a été résorbé par une campagne de forage à la 2008.

1-2-4-Le champ de gaz MARLIN-MANTA

Ce champ est découvert suite au forage du puits MARLIN une fois sur le bloc CI-27 en 2007 est en production. La plateforme Marlin dont l’installation de la partie immergé s’est achevée en Novembre 2014 devait entrer en production dès Août 2015. Installé depuis 10 ans, pour une concession d’exploitation d’une durée de 25 ans le Groupe Bouygue doit en contrepartie, assurer une production estimée à 140 000 000 à 156 000 000 pied cube de gaz par jour, qui pourront couvrir 50% des besoins nationaux en électricité. Par ailleurs s’agissant du pétrole la production journalière est de 200 000 barils de pétrole brut par jour. Cette plateforme est une espérance pour la Côte d’Ivoire. Qui envisage faire de l’énergie le second pilier de l’économie après l’agriculture. La production attendue est estimée à 4500 Tonnes. Le bloc CI-205 se trouve en

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grande partie dans la commune de Jacqueville. A Grand-Lahou c’est seulement la partie Est de la zone marine qui est située dans la zone d’influence du bloc CI-205. Le département de Jacqueville abrite près de 75% des champs gaziers et pétroliers en exploitation en Côte d’Ivoire (PETROCI-HOLDING, 2013). Il est une vaste zone d’exploitation pétrolière et gazière, d’intérêt national. Il convient de ce fait d’analyser les retombées de ces exploitations pétrolières et gazières sur le département de Jacqueville.

2-Appréciation du niveau de production des exploitations off-shore

Le département de Jacqueville abrite quatre champs d’exploitation pétrolière en pleine production. La production journalière minimum est estimée à 20 000 b / j pour le champ Espoir et à 30 000 b/j pour les champs Baobab Marlin et Foxtrot (Ministère de l’énergie, 2013). Le baril de pétrole est à la fois l’unité de mesure de volume la plus utilisée, pour estimer les réserves pétrolières et aussi celle servant de référence pour déterminer le prix du pétrole brut. Les types de pétrole brut utilisés comme standards pour la fixation du prix sont principalement le WTI américain et le Brent de la mer du Nord En moyenne: 1 baril = 159 litres, une tonne = 1208 litres. A la date du 20 octobre 2016 le cours du baril est de 51.27 $ Celui du Cours du pétrole Brent en dollars est de 52.12$. Le Cours du baril de pétrole en euros est de 46.72 et celui du cours du pétrole Brent en euros est de 47.49 €3
Comprendre la contribution des hydrocarbures dans le département exige une perception plus nette des quantités de pétrole exploités dans des unités de mesures connus du profane et leur valeur en Euros et en F CFA, en prenant en compte le cours du baril en F CFA.

Tableau 1: coût estimatif de la production pétrolière en barils et en FCFA par jour

Dans le cadre des investissements annuels dans le département de Jacqueville, chaque village achemine une liste de besoins au Conseil Pétrole Gaz (CPG). Celui-ci à travers tous les besoins énumérés, fait un choix et élabore un document de synthèse qu’il soumet aux exploitants pétroliers.
Depuis 2014, les projets consignés dans le document ont un coût estimatif de 120 millions de F CFA. A la suite de cette étape, des fournisseurs sont coptés pour les réalisations. Il est important de noter que le CPG ne rencontre pas directement les pétroliers. Il soumet les projets à la Direction Générale des Hydrocarbures qui à son tour se charge des négociations avec les pétroliers avant de faire le retour au CPG. L’argent octroyé par les exploitants pétroliers au département n’est pas remis au CPG. Le règlement de ces travaux est effectué directement par les exploitants.

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Le CPG affirme ne pas percevoir ni chèque, ni liquidité de la part des pétroliers. Tous actes financiers sont réglés directement entre pétrolier et fournisseurs.
Le CPG en 2016 a entrepris de nouvelles négociations avec les différents consortiums pour revoir à la hausse leur contribution annuelle. La contribution est passée de 109 à 117 millions de F CFA en 2016. Il est important de relever que ce montant a été atteint par une participation collective des différents consortiums (LUKOIL, Foxtrot, CNR). Il faut aussi noter que le CNR dans son contrat n’a rien prévu pour le développement des communes.
En tenant compte de l’estimation de productions journalières qui avoisinent 110 000 barils, on peut déduire que la production en litre est de 1 749 000 litres estimés à 3 340 480 000 FCFA par jour. Or le département, depuis 2016 présente des projets d’un coût annuel de 120 millions et reçoit un financement annuel de 117 millions soit 03,35% de la production journalière attribué annuellement aux projets dans le département. Ces données présentent un écart remarquable entre ce que l’exploitation des hydrocarbures du département fournie par jour et ce que le département en contrepartie perçoit annuellement.

II-Etat de la contribution des exploitations pétrolières au développement local

1-Aspirations et attentes des populations

Les séances d’information organisées dans les villages ont permis à la population de comprendre l’intérêt que les promoteurs et l’Etat accordent désormais à l’environnement dans le cadre des projets de développement. Dans l’ensemble, les populations acceptent le projet puisqu'il entre dans la dynamique générale du développement de la Côte d'Ivoire. En retour elles souhaitent qu’il y ait des retombées économiques directes sur la région. Les doléances majeures de la population sont les suivantes :
-La protection de l’environnement par les compagnies pétrolières;
-La surveillance des installations pétrolières;
-L’embauche des jeunes pendant les travaux d’exploitations;
-L’implantation de la société de raffinage à Jacqueville;
-La formation des jeunes à la surveillance des installations pétrolières;
-L’octroi des bourses d’études aux étudiants de la région par les compagnies pétrolières pour une formation dans le domaine des hydrocarbures;
-La réalisation des infrastructures communautaires dans les villages, plus précisément la construction de centres de santé, d’écoles et de foyers des jeunes; du reprofilage des pistes, du bitumage de l’axe routier Jacqueville-Toukouzou, du don d’équipements aux pêcheurs, et de l’électrification des villages;
-Le désenclavement des villages situés sur l’île Debblay par la construction de pont.
Ces doléances ci-dessus mentionnées sont l’expression d’un manque à combler, d’un besoin à satisfaire. La population du département de Jacqueville estime qu’une réponse à celles-ci pourrait constituer un frein à l’exode des jeunes, favoriser l’accroissement des activités socio-économiques, contribuer à leur mieux être et partant induire le développement local. Les différentes doléances exprimées, par les populations de chaque localité, lors des rencontres sont traduites par la figure 2. Ce choix répond au souci d’avoir une idée de la spatialisation des actions posées par les exploitants pétroliers dans le département. Ces doléances ont été recoupées à partir des besoins énumérés. Il s’agissait de façon ponctuelle d’y répondre. Cependant, il aurait fallu penser à des projets de développement dument conçus, impliquant la population et qui à la longue la rendrait autonome financièrement et l’aiderait à sortir de son état actuel. Si toutes les doléances des populations aussi insignifiantes soient-elles avaient été satisfaites, le département de Jacqueville présenterait l’aspect ci-dessous en équipement et infrastructure.

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Figure 2: Spatialisation des doléances des populations de Jacqueville aux exploitants pétroliers

Cette spatialisation des actions des exploitants pétroliers dans le département traduite par la figure 2 reflète des doléances formulées par les populations du département de Jacqueville et non les implantations réelles du fait de la présence des hydrocarbures. Elle présente un département avec une bonne répartition des équipements…

2-Une contribution au développement du département à peine perceptible

Une analyse comparée des figures 2 et 3 laisse entrevoir l’ampleur des actions entreprises dans le département. Même si à la lecture de la figure 2, représentant les doléances exprimées, on a l’impression que des actions ont été entreprises sur tout le département, la comparaison d’avec la figure 3 représentant les doléances réalisées et spatialisées, on en arrive à la conclusion qu’il n’en est rien. En effet les réalisations effectuées sont disparates et infimes, comparées à ce que le département offre comme richesse et à ce que les populations attendent comme retombées de cette exploitation des ressources naturelles

Figure 3: Le niveau de réalisation des doléances de la population par les pétrolière

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De toutes les doléances exprimées par les différentes localités du département, et représentées sur la figure 2, la figure 3 présente les réalisations effectuées dans la pratique par les pétroliers. Elles donnent un aspect disparate d’équipement, une impression de localité sous développée.

3-Des actions menées dans un environnement instable

Il est difficile d’évaluer le coût des investissements effectués du fait de la confidentialité liée au domaine des activités pétrolières. Il a été dit que la commune percevait un chèque de la part des pétroliers au début de l’exploitation pétrolière à Jacqueville. Mais nulle part, dans les archives, il n’a été trouvé de trace mentionnant ces chèques. Par ailleurs du fait de l’exploitation et suite à de nombreuses revendications, le département a reçu, successivement 1 million, puis 600 millions et 10 millions de F CFA en 2009 (Mairie, 2011 et CPG 2010). Avant et après cette période il est difficile de définir le coût des investissements réalisés et actions posés par le CPG. En effet après le retrait de M. Niava Henri en 2010 de la présidence du CPG, l’intérim a été assuré par M. Niava Juste jusqu’en 2014, où la Présidence fut confié à M. Anket Léon. Ce fut la période des pots de vins pour certains, des enveloppes étaient distribués à d’autres. Ce fut une période de véritable cafouillage car les mésententes et tensions ont refait surfaces. Les villageois décriaient les actions de M. Niava qu’il jugeait être très ami aux exploitants à leur détriment. Ils l’accusaient d’une mauvaise gestion et répartition des retombées et des exploitations. Les villages étaient à nouveau divisés (CPG, 2014). Cette nouvelle situation de crise fut à l’avantage des pétroliers qui pour toutes sollicitations demandaient à la population de s’accorder avant qu’ils ne puissent poser une quelconque action. Ils affirmaient être prêts à le faire mais dans un climat de paix. Un tel climat et mode de fonctionnement ne permet pas tant de faire un état objectif des actions posées.

III- Perception des populations de la présence des entreprises des exploitations et off-shore

1-Les hydrocarbures sources de pollution marines

Les populations départementales en général et celles du littorale en particulier souhaitent bénéficier directement des retombées de l’exploitation de ces hydrocarbures, par l’embauche des jeunes du littoral Alladjan sur les sites d’exploitation et la mise en valeur du département, par l’implantation d’infrastructures lourdes destinées à l’exploitation de cette ressource. Selon elles, par cette activité il existe la possibilité de création d’unités de transformation de gaz et de pétrole.

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Or dans le département de Jacqueville, le paysage naturel n’a subi aucun changement important du fait de l’exploitation des hydrocarbures. Tant sur le front de mer, que sur le continent. Cependant la population au quotidien se frotte aux stigmates de l’exploitation pétrolière (photo 1).

Photo 1: Panneau rappelle la présence de pipelines.

Contre toute attente, la population espérant que cette découverte suscitera sur place la création d’unité de transformation, se voit contrainte de supporter le passage de canaux de transport de gaz et huiles dans la presque totalité des villages du littoral. Cette cohabitation, dans une certaine mesure est dangereuse car les installations pétrolières non enfouies sont utilisées à d’autres fins (photo 2). Toute la production est acheminée sur le terminal de VRIDI par des gazoducs et oléoducs. Ces canaux de transport de gaz et pétrole traversent le sous-sol des villages du littoral avec par endroits des points de jonction.

Photo 2: Tête d’une installation pétrolière à Grand Jack

Ces travaux d’acheminement laissent la population perplexe. Selon elle, l’exportation des ressources vers le terminal de Vridi est en réalité une dépossession des richesses locales. Bien plus qu’une dépossession, la population est loin de se douter du phénomène de mondialisation

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des ressources pétrolières. En effet l’exploitation des hydrocarbures à Jacqueville est un joyau inestimable pour l’Etat ivoirien. Aussi du fait de la présence de la manne pétrolière, la population de moins en moins s’adonne aux autres activités. Elle s’attend désormais à des opportunités d’emploi qui selon elles doivent provenir des exploitants pétroliers.
Ces travaux exposent les populations à d’importants risques de fuite de gaz pouvant entrainer des dégâts de tout ordre.

2-Une source de conflits

Dans l’espoir de jouir directement des retombées de l’exploitation de ces hydrocarbures, la population crée un «Comité Pétrole-Gaz» en 2008. Ce comité est chargé de défendre les intérêts des populations locales et d’assurer la gestion des ressources financières mises à leur disposition par les entreprises pétrolières. Il est devenu depuis 2010, le Conseil Pétrole-Gaz constitué essentiellement des cadres, des élus, des chefs traditionnels et de la population.
Dans l’attente du miracle pétrolier censé combler toutes leurs attentes, la population en particulier la jeunesse autochtone, croise les bras. Elle est oisive, attendant de tout recevoir de la manne pétrolière.
Du fait de la situation de crise qui perdurait le 25 mars 2009 une autre rencontre a eu lieu entre le ministre des Mines et de l’Energie, Augustin Komoé Kouadio, Sam Etiassé préfet de la région et président du Comité Ad hoc, le ministre Komoé, le ministre Mel Eg Théodore, par ailleurs député de la localité, le président du Conseil Pétrole-gaz Henri Niava et les membres du bureau Conseil-Pétrole. Le ministre Komoé a rassuré les populations du département sur leur droit inaliénable de jouir aussi des retombées de l’exploitation d’hydrocarbures pour le développement de leurs localités. Car ce droit ne souffre d’aucune contestation comme le prévoit le code minier4. Aussi leur demande-t-il de quitter le terrain de la force qui consiste à sursoir au blocage des pipelines afin que les travaux reprennent le lundi suivant car selon lui «le chef de l’Etat et le gouvernement sont dans les bonnes dispositions pour résoudre le problème...». La décision a été prise: désormais toutes leurs revendications doivent être formulées au niveau du comité ad hoc de suivi. Une marche a été organisée au plateau pour déposer les revendications, tandis qu’une action de boycot pacifique des activités se déroulait simultanément sur le littoral de Jacqueville. Il est important de relever que pour acheminer les ressources extraites à la SIR il fallait mettre en place des pipelines. La population contre toute attente a décidé de faire obstruction à ces travaux de constructions et de ralliement de pipelines (Photo 3).

Photos 3: Travaux d’installations des pipelines traversant plantations

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Les habitants sont passés à une autre forme d’expression de leur mécontentement. Ils ont manifesté leur frustration par des manifestations, érigeant des barricades à l'entrée des 15 villages de la zone, et bloquant la construction d'un second pipeline, long de 72 km. Dans le même temps, les exploitants pétroliers tentaient de négocier en recevant les représentants qui soumettaient les doléances des populations.

Conclusion partielle

Le mécontentement des populations, du fait des frustrations répétées causées par l’exploitation pétrolière, s’est soldé par des manifestations allant jusqu’à l’interruption des travaux de construction de pipelines. L’ampleur de ces différents mouvements de revendications a suscité une attention toute particulière de la part des autorités étatiques. Celles-ci ont débloqué, pour les populations, des enveloppes de 1, 600 et 10 millions de FCFA. Ces différents dons étaient destinés à apaiser la colère des populations, à soulager les différentes classes d’âge au sein des populations, mais bien plus à relancer les travaux de constructions des pipelines. Somme toute, ils devraient être utilisés dans la réalisation de projet de développement. Il est important de relever que, l’impact de ces différents mouvements sur le niveau d’équipement du département est à peine perceptible. Il s’est traduit par la réhabilitation des centres de santé d’Abrebi et d’Addah, de la construction de salle de classe et de logement de maître à Kraffi et Nigui Assoko, ainsi que de la construction d’un château d’eau à Kraffi.

IV- Impact de l’exploitation sur l’environnement.

1-L’exploitation pétrolière source de pollution de l’espace marin

De façon générale, les installations pétrolières et gazières polluent les eaux marines et lagunaires. Il est avéré que toutes les plateformes polluent l’environnement marin5. Les plateformes et le forage pétrolier de production culbutent des polluants dans les eaux environnantes pratiquement tous les jours. Même sans catastrophe spectaculaire, il y a toujours des fuites. Par exemple, chaque année, 110 millions de litres de pétrole s’échappent des puits, des pipelines et autres infrastructures de l’industrie pétrolière américaine. C’est trois fois plus que le déversement du 24 mars 1989 de l’Exxon Valdez estimé à 50 000 tonnes. On pourrait aussi citer l’explosion de la

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plateforme Deepwater Horizon le 20 avril 2010 aux Etats Unis (fr.euronews, 2010). Par ailleurs, la création de compositions gazeuses toxiques entraine la contamination des espèces marines provoquant la mort des poissons ou leur intoxication, des troubles endocriniens chez les oiseaux avec une diminution de leur reproduction par la diminution de leur ponte d’œufs et la mort de leurs fœtus dans l’œuf. C’est le lieu de rappeler qu’une seule plateforme de production peut rejeter jusqu'à 90 000 tonnes métriques de déchets toxiques dans l'océan au cours de sa durée de vie6
Les déchets dégradent les berges En outre les enquêtes révèlent que la pollution des eaux par les déchets de pétrole ou de gaz constitue une menace pour la santé (Kloff et Wick 2004).
La marée noire créée est due à la manipulation des hydrocarbures. Ces impacts négatifs liés à l’installation des plates-formes se font ressentir tant sur le milieu physique (le sol marin, l’air, l’eau), biologique, que humain. On pourra, entre autre citer les accidents relatifs à la manipulation des déchets, effluents et hydrocarbures, les déversements accidentels de pétrole ou de carburant. En guise d’exemple, le mardi 18 avril 2006, informé par le chef du village d’Abrebi de la présence d’une marée noire au large de son village, le Directeur Départemental y dépêche une équipe de la Production Animale et des Ressources Halieutiques. Celle-ci est composée d’un Ingénieur Agronome, d’un Assistant Vétérinaire et d’un agent ANADER. Cette marée noire au large de Jacqueville a provoqué la pollution de toute la zone et la mort de nombreux poissons selon les pêcheurs. Les investigations ont laissé découvrir la présence effective de goudron sur les côtes d’Abrebi comme l’indiquait l’information. Ce même déversement a été observé également le long de la côte allant d’Abrebi à Jacqueville. Les résidus observés proviendraient surement d’un déversement effectué certainement pendant la période de la marée haute du 12 au 15 avril 2006. Les dégâts ont été considérables. Les pêcheurs à leur tour procèdent à l’enfouissement du goudron dans le sable, afin d’en réduire les effets néfastes sur leurs activités, qu’ils ont dû suspendre à certains endroits. Il a été observé une nette régression des activités de pêche en mer principalement dans les zones atteintes. (DDPARH 2006). Ces pollutions des eaux par les fuites qui sont inévitables provoquent le changement du PH de l’eau de la mer, la diminution de la transparence de l’eau, la pollution du fond de la mer (Kloff, 2004).

2-Les plateformes pétrolières: un frein au développement des activités halieutiques.

Du fait de la présence des plates-formes pétrolière et des installations offshore plusieurs des zones précédemment consacrées à la pêche sont désormais interdites aux activités halieutiques (Koffie-Bikpo 2010). L’Enquête a révélé que durant les travaux relatifs à l’installation des plates-formes FOXTROT et plus récemment Marlin toute activité de pêche était interdite. Pour compenser les désagréments causés aux pêcheurs qui n’étaient plus à même d’exercer leur activité, l’entreprise pétrolière a demandé à certains pêcheurs de s’ériger en vigile sur la mer dans leur embarcation, en vue de veiller sur leurs flottilles susceptibles d’être volées. En contrepartie, ils percevaient 50 000 FCFA à l’issue des contrats allant de 3 semaines à 2 mois.

CONCLUSION

L’exploitation en offshore de pétrole dans le département de Jacqueville a jouit pendant 20 ans d’un climat de paix. Il est avéré que ces champs de pétrole et de gaz génèrent d’énormes ressources financières. Malheureusement le département qui abrite ces zones d’exploitation est ignoré

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dans le partage des ressources dû à l’exploitation. L’apport de l’exploitation des hydrocarbures en off-shore à la dynamique de développement du département de Jacqueville est insignifiant au regard des attentes des populations riveraines.
Les populations après cette longue période d’injustice revendiquent leur droit ; de jouir des revenus de l’exploitation, qui non content de pomper les ressources leurs créé des désagréments. Les différents conflits suscitent quelques actions sociales de la part des pétroliers.

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Notes

1Il est la résultante du développement du bloc CI26 qui a connu un arrêt de production depuis 1991. En 1996 par la CNRCI.
2tanker Floading Production Storage and Offloating modifié et disposant des unités de production , de stockage et de transfert du pétrole brut relié à 2 plateformes satellites EWHT pour Espoir Est et WWHT pour Espoir Ouest
3Cours de l´euro le 20 octobre 2016 1.0974$ F CFA
4Code minier
5En effet une seule goutte d’hydrocarbures peut contaminer jusqu’à 25 litres d’eau,
6Depuis 1997, l'Office Canada-Terre-Neuve et Labrador des hydrocarbures extra côtiers a enregistré 337 déversements pétroliers issus de trois plateformes en opération: environ 430 000 litres (ou 2700 barils) de liquides de forage synthétiques et d'autres hydrocarbures ont été déversés dans l'océan.

Table des illustrations

http://www.buyitblack.com/forages-petroliers-en-mer-risques/

http://www.davidsuzuki.org/fr/champs-dintervention/oceans-et-eau-douce/enjeux-et-recherche/planification-marine-et-conservation/comment-les-petroliers-et-le-forage-mettent-les-eaux-canadiennes-en-danger/

http://www.ouestaf.com/Ghana-enfin-une-loi-sur-la-repartition-des-recettes petrolieres_a3512.html...

http://geoconfluences.ens-lyon.fr/geoconfluences/informations-scientifiques/dossiers-thematiqes/les-espaces-littoraux-gestion-protection-aménagement

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Auteur(s)

1Professeur Koffié-Bikpo Céline Yolande, 2Sogbou-Atiory Julienne
1Professeur Titulaire Institut de Géographie Tropicale Université Félix Houphouët Boigny bikpoceline@yahoo.fr
2Doctorante Institut de Géographie Tropicale Université Félix Houphouët Boigny atiotyjulienne@gmail.com

Droits d'auteur

Université Félix Houphouët-Boigny (Abidjan, Côte d’Ivoire)

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« Métropoles portuaires et territoires de l'hinterland en Afrique subsaharienne », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 28 avril 2015

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