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Réponse paysanne a la mutation foncière dans la ville de Bingerville

1KANGA Koco Marie Jeanne, 2YEO Lanzeni

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INTRODUCTION

L’urbanisation très poussée de Bingerville induit d’importants enjeux économiques du foncier. L’agriculture urbaine et périurbane dans cette banlieue abidjannaise est en perpetuelle compétition avec l’habitat et est soumise à de fortes contraintes liées à l’accès à la terre de culture. Or l’activité agricole présente un double avantage. D’une part elle est une source de revenu pour les agriculteurs et d’autre part fournit des produits vivriers frais à une population importante dont les besoins alimentaires ne cessent de croitre. Afin d’assurer le maintien de cette activité, les agriculteurs et les nouveaux acquereurs de terrains développent de nouveaux systèmes d’accès aux parcelles de culture.

Objectif : aider à la production locale de produits vivriers dans la ville de Bingerville.

Site de production


Les zones de cultures sont liées aux lotissements. Elles se situent dans la partie est et sud est comme l’indique la figure 1.

Modalité d’accès à la parcelle

Il existe quatre modes d’accès que sont le confiage ou gardiennage, le prêt, la location et l’héritage (figure 2).

Figure 2 : répartition des agriculteurs selon le mode d’accès


Le confiage ou gardiennage de la terre est le mode le plus rependu. Il capitalise 67% des surfaces occupées par la culture vivrière le manioc dont (le manioc, le maïs) Ce mode d’acquisition tient à des arrangements informels socio-spatiaux et temporaires qui apparaissent sous la forme de négociations entre agriculteurs et propriétaires terriens. Le système de confiage ne fait l’objet d’aucune contrepartie financière. L’agriculteur dans ces conditions exploite la dite parcelle jusqu’à sa mise en valeur par l’acquéreur.

Photo 1 : culture de maïs sur un espace loti

La location représente 15% du mode d’accès. Elle est le mode par lequel, un détenteur coutumier de terre cède une partie de sa parcelle à un tiers moyennant une somme d’argent. Cette somme varie de 30 000 à 50 000 FCFA/hectare/an. La durée d’exploitation relative à cet arrangement financier est généralement d’une année, renouvelable autant de fois que l’exploitant versera la somme exigée par le détenteur de la parcelle.
L’héritage et le prêt sont des modes d’accès aux terres agricoles. Ils représentent respectivement 11 et 7%. De plus en plus, ces modes s’observent sur des lopins de terres dans les bas fonds inaptes à la construction d’habitat. Ces deux modes sont en voie de disparition à cause de la forte sollicitation de la terre pour les constructions immobilières.

Moyens de production

Les moyens classiques sont la daba et la machette. La machette est souvent utilisée pour la préparation de la parcelle de culture quand les herbes qui s’y trouvent atteignent une certaine hauteur. Sur le marché la machette coûte 2000 F CFA

Destination : auto consommation et vente locale

La destination première des produits est l’autoconsommation pour les familles des agriculteurs. Toutes fois le surplus est vendu en gros à des détaillantes sur les marchés de la ville ou directement aux consommateurs.

Figure 2 : Circuit de vente du manioc produit localement

Les types de transport utilisés pour la vente

Plusieurs types de transport sont utilisés en fonction du volume de produits et de la distance qui sépare le champ du marché. Le portage, les bicyclettes et les brouettes : sont utilisés pour transporter des produits de 30 à 100 kg sur de courtes distances. Ces produits sont principalement le maïs frais et le manioc de foutou.
Les camionnettes de capacité d’une tonne sont utilisées surtout pour le transport du manioc destiné à la fabrication de l’attièké

Les bénéfices de l’activité

L’estimation des bénéfices s’avère difficile car elle est fonction de l’étendue de la surface exploitée, du type de culture mais surtout des besoins de consommations et financiers de l’agriculteur

Avantages et inconvénients

Avantages

Les produits cultivés sont destinés à la consommation directe de l’agriculteur
Le surplus à la vente sur le marché de la ville.
L’activité constitue une source d’emplois et de revenu pour les citadins de faible niveau d’instruction.
Les frais liés à l’acquisition des parcelles sont quasi nuls avec le système de confiage ou gardiennage.
L’agriculteur peut solliciter plusieurs espaces la même année pour accroître son revenu.
Les consommateurs reçoivent des produits frais de meilleure qualité.

Inconvénients

Les cultures se pratiquent sur de petites superficies de 500 à 600 m2.
Puisque les exploitants ne disposent que du droit d’usage des terres, leur activité est confinée à l’état artisanal avec des outils rudimentaires.
Les exploitants sont obligés de céder continuellement les parcelles.
Il arrive parfois que les parcelles exploitées par un agriculteur soient distantes les unes des autres.

Récommandations

Privilégier la culture du manioc de foutou qui fait l’objet d’une demande
Privilégier les nouvelles variétés de maïs et de bouture de manioc pour accroitre les rendements et partant les revenus.
Privilégier la vente directe aux consommateurs pour mieux rentabiliser l’activité.

Auteur(s)

1KANGA Koco Marie Jeanne, 2YEO Lanzeni
1Centre de Recherche en Ecologie, Université Nangui Abrogoua (Abidjan)
2Université Félix Houphouët Boigny (Abidjan)

Droits d'auteur

Institut de Géographie Tropicale
Université Félix Houphouët-Boigny, Abidjan, Côte d’Ivoire

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« Métropoles portuaires et territoires de l'hinterland en Afrique subsaharienne », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 28 avril 2015

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